Vita Sackville-West, Toute passion abolie, parution originale 1931, traduit de l’anglais par Micha Venaille, édité en France par Autrement/Le Livre de Poche.
Elle réfléchit sur le destin des jeunes femmes, qui ne peuvent pas parcourir le monde à l’égal des jeunes hommes, qui ne peuvent pas se consacrer à la peinture (ou autre passion), qui sont vouées uniquement au mariage. Elle réfléchit sur ce que l’on peut transmettre à ses (arrières)(petits)enfants : pas toujours grand-chose, mais quelquefois plus que ce que l’on ne pense. Le roman est autant un hymne à vieillesse qu’à la jeunesse, en réalité à la vie et au temps qui passe si vite, aux moments éphémères dont on se souvient toujours et à ceux que l’on oublie, mais qui peuvent revenir si le hasard le veut bien.
Elle se demandait parfois quelle alors la vie de ces jeunes hommes, les imaginant en train de s’amuser, de rire, allant ici et là, en toute liberté, pressant le pas pour rentrer à la maison au petit matin, ou bien hélant un fiacre pour s’en aller à Richmond. Ils parlaient à des étrangers, ils entraient dans les boutiques, ils fréquentaient les théâtres. Ils allaient au club, dans plusieurs clubs même. Sorties de l’ombre, d’étranges femmes les accostaient, qu’ils possédaient pour une nuit, dans une étreinte sans avenir. Ils étaient désinvoltes avec grâce, libres avec élégance. Et quand ils revenaient à la maison, ils n’avaient de compte à rendre à personne.
D’ailleurs ses rêveries n’étaient-elles pas encore vivantes, même si le temps les avait enfouies au plus profond d’elle-même, même si elles étaient atténuées, moins vivaces qu’autrefois, même si ses perceptions étaient devenues plus floues, comme embuées ? Elle vivait désormais dans un monde de sensations, où la raison pure n’avait plus guère sa place.
| Sickert, Easter magasin à Londres, 1928 National museum Northern Ireland |
Je connais forcément l'auteure de nom, mais là, je ne voyais pas du tout de quoi ça parlait. ^_^
RépondreSupprimerHeureusement j'ai prévu de reparler d'elle dans les mois à venir pour t'aider !
SupprimerL'univers bourgeois de Vita Sackville-West ne m'attire pas beaucoup mais on peut tout avec l'ironie. Aussi, je ne dis pas jamais.
RépondreSupprimerAh si on supprime tous les bourgeois de la littérature, il ne reste plus grande monde !
SupprimerC'est un très bon souvenir de lecture pour moi. Vita Sackville-West a une très jolie plume et j'ai aimé ce temps passé en compagnie de Lady Slane qui, sans être rebelle, veut décider des dernières années de sa vie (enfin, elle est libre !)
RépondreSupprimerOui, c'est un beau personnage.
SupprimerJe suis en fait fan de ces friandises british, hélas remisées en magasin des biblis.
RépondreSupprimerDonne l'assaut à la bibli !
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