Edgar Hilsenrath, Terminus Berlin, parution originale 2006, traduit de l’allemand par Chantal Philippe, édité en France par Le Tripode.
Le roman est truffé de petits textes très courts, qui sont ceux que Lesche rédige pour des journaux, des contes ou des articles sur la vie quotidienne. C’est plutôt réussi, même si cela donne un aspect un peu décousu au texte. C’est surtout l’insertion de la documentation sur l’Arménie qui pose problème, car elle stoppe complètement la narration et ne correspond pas au style de romancier d’Hilsenrath.
À son arrivée, Lesche parcourt les rues de son enfance et les différents quartiers, il se rend dans les cafés littéraires. Le mur n’est pas encore tombé et il se rend aussi en RDA. Au fil des années et du vacillement de sa mémoire, les souvenirs du Berlin nazi ont tendance à supplanter les images de la ville réunifiée. Les périodes se troublent dangereusement.
- Je lui ai dit : « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’oncle Adolf, il a cent ans.
Bien sûr, Lesche ressemble furieusement à l’auteur et son roman, Le Juif et le SS, au Nazi et le barbier. La lectrice s’amuse à traquer les points de ressemblance et de divergence. C’est qu’il s’agit du dernier roman d’Hilsenrath et celui-ci semble, non pas réellement passer en revue sa carrière, mais l’évoquer sous un certain angle de vue, un peu comme dans un récit allégorique – celui de la montée de la xénophobie. À noter que cette mise en scène de soi n’est pas particulièrement flatteuse.
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| Ensor, La Bataille des éperons d'or, 1895, eau forte, Ensor Foundation Ostend. Je me demande si Hilsenrath connaissait l'art d'Ensor ; il aurait pu. |
Lesche, je me suis dit, tu as publié deux romans qui n’ont pas marché. Maintenant, ils jouent les garde-boutique, ou on les a oubliés. L’Amérique n’a pas reconnu ton génie. Tu n’as pas d’amis, enfin, pas de vrais, et les femmes font un grand détour pour t’évier. Quelle merde, ce pays !
C’est presque le début.
Il y a aussi au début l’apparition remarquée d’Isaac Bashevis Singer.
Ceci constitue ma première participation aux Feuilles allemandes d’Eva et Patrice et une nouvelle étape urbaine pour Sous les pavés les pages d’Athalie et Ingannmic (trois points, si je ne m’abuse).
Eva et Patrice nous proposent de comparer les couvertures allemandes et françaises de nos lectures. Je crois que la comparaison est sans appel.
Prochain billet dans une semaine !





Tiens, je ne me souviens pas de cette construction faite en partie des textes qu'écrit le narrateur.. j'en ai en revanche gardé le souvenir d'un roman plus mélancolique que les autres ("Nuit" mis à part).
RépondreSupprimerEt oui, ça te fait bien 3 points, bravo !!
Pour moi, c'est un roman plus sombre que les autres, ou plus amer... mais je comprends que tu parles de mélancolie.
Supprimerles feuilles allemandes , c'est le seul challenge auquel je participe et cela me permet de connaître de nouveaux blogs et de nouveaus auteurs.
RépondreSupprimerJ’en conclus que tu ne connaissais pas Hilsenrath… j’espère qu’il te plaira.
SupprimerJe tourne autour de cette couverture (celle de l'édition française) depuis un moment. Pas sûr que je commence avec ce roman de l'auteur cependant.
RépondreSupprimerNuit est son chef d’oeuvre mais je conseille rituellement de commencer par Le Nazi et le barbier.
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