La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 8 janvier 2026

Classer scientifiquement les oiseaux par catégories peut être aussi vain qu'enfermer le vent dans la paume de la main.

  

John Lewis-Stempel, La Vie secrète des rapaces nocturnes, parution 2017, traduit de l'anglais par Patrick Reumaux, édité en France par Klinsksieck avec des illustrations tirées de The Birds of Europe et de The Birds of Great Britain de John Gould.

Un petit livre informatif sur les chouettes et les hiboux d'Europe : leurs capacités auditives, leur vue, leurs plumes, leur allure et leurs mœurs... La dimension humaine, poétique et historique est bien présente, mais pas assez à mon goût, j'avoue que j'attendais un peu plus de choses en la matière. Il y a bien pourtant l'énumération des innombrables noms sous lesquels nos oiseaux sont connus.

J'en retiendrai... je ne sais pas, peut-être le grand contraste entre le faible poids de certains de ces oiseaux (de 320 à 410 grammes pour la chouette effraie) et leur grande envergure (90 centimètres pour la même !) (ils semblent constitués uniquement de duvet) et le fait que la chouette chevêche a été introduite en Grande-Bretagne au XIXe siècle. Ça, c'est pour les gens qui parlent de natuuuuuure immaculée avec des trémolos dans la voix. Et peut-être les 14 vertèbres qui expliquent la souplesse de leur cou ?

Ensuite vient la question de la taille : la chevêchette est une naine qui pèse à peine 47 grammes, alors que le gigantesque grand-duc pêcheur de Blakiston pèse, bon poids, 4 kilos et demi. Il y a des chouettes blanches et des chouettes brunes. Des hiboux qui se nourrissent de poisson, d'autres de souris.

Si ce livre est très intéressant, il n'arrive pas à la cheville de La Prairie.


Spilliaert, Le Hibou, 1919, encre de Chine sur papier, MuZEE



John Lewis-Stempel, La Prairie. La Vie privée d'un champ anglais, parution originale 2014, traduit de l'anglais par Patrick Reumaux, édité en France par Klincksieck avec les illustrations de Sandra Lefrançois.

Je vous en ai parlé au mois de mai, mais je l'ai relu en novembre... J'essaie de ne pas strictement me répéter : la vie dans une prairie, à la limite de l'Angleterre et du Pays de Galle, tout au long de l'année, plantes et animaux, mais aussi histoire humaine et géologie. Ce qui fait qu'un bout de terre représente toute la richesse vivante du monde, mais aussi une patrie pour laquelle on peut être prêt à se battre. Il y a aussi la poésie et les mots célébrant les petits animaux du quotidien.

Meadow a un sens très strict, c'est un dérivé du vieil anglais mœdwe apparenté au verbe to māwan, « faucher ». Un pré de fauche est un endroit où l'herbe et les fleurs sauvages poussent pour faire du foin que l'hiver transforme en fourrage pour le bétail. Ce n'est pas un habitat naturel. C'est un lien entre la nature, l'homme et l'animal. Dans le meilleur des cas, c'est aussi un équilibre, une œuvre d'art.

Les noms d'oiseaux ont été standardisés, homogénéisés, circonscrits à ce que les scientifiques pensent convenir à la classification. Il y a un siècle, un ornithologue aurait pu dire dans quel comté, même dans quel village il était, au nom vernaculaire donné à la mésange à longue queue.

Les sauterelles ont une lignée qui remonte à trois cents millions d'années, au Carbonifère. Encore un propriétaire terrien arrivé bien avant les humains.

J'ai vu une seule fois une chouette (j'entends : à l'état sauvage), c'était en plein jour et sur l'île Victoria au Canada. Mais je les entends de temps en temps, depuis mon lit. La chouette hulotte et son hou hou houuuu de vraie chouette, mais également le petit cri de la chevêche d'Athéna. Je sais que des hiboux sont également présents à Marseille, mais pour le moment je n'ai jamais eu la chance de les entendre.

Je vous souhaite une nouvelle année très chouette !


5 commentaires:

  1. J'ai eu des hou hou dans le petit bois derrière chez moi, le soir, sans chercher à savoir ce que c'est . Mais j'aime!
    Il y a quelque temps, cause travail, je devais prendre une route dans la campagne (encore plus dans la campagne, on se comprend ^_^) à la tombée de la nuit et là... la splendeur totale! J'ignore le nom précis, mais une envergure notable, un vol magnifique, je ralentissais bien sûr mais bien sûr ces animaux savent nous éviter.
    Va d'ailleurs falloir que je cesse d'observer les rapaces et autres quand je conduis.
    Allez hop, j'ai noté le bouquin, la librairie peut le commander si la bibli ne fait rien.

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    1. Ce site internet est fait pour toi : https://www.chant-oiseaux.fr/hibou-moyen-duc/
      Parfait pour reconnaître qui est qui dans le noir.
      Tu as bien de la chance de pouvoir les admirer en vrai !

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  2. Ah dommage, j'aurais plutôt été tentée par celui sur les rapaces (même en ville, nous avons une chouette qui se fait parfois entendre..). Je suis allée voir le dernier film de Vincent Munier, où l'on en voit quelques-uns, mais pas assez à mon goût ! J'ai d'ailleurs trouvé d'une manière générale qu'on y voit trop d'humains au dépens des animaux...

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    1. Le livre sur les rapaces est bien et instructif, mais il n'a pas du tout la même portée que l'autre, qui a une vraie ampleur humaine, culturelle et globale. Cela reste des animaux fascinants (mais il vaut peut-être mieux lire La Hulotte).

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  3. Très tristes histoires de chouettes chez moi, à la campagne. Presque chaque année, quand ou ouvre la maison au printemps on retrouve une Hulotte morte dans la grange. Comment est elle entrée? Pourquoi? je le devine, elle est venue chasser les rongeurs qui peuplent la maison en notre absence. comment sont elles mortes? Soit les souris étaient empoisonnées, soit elle n'ont plus retrouvé la sortie et se sont épuisées. C' est chaque fois un crève-coeur

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