La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 1 janvier 2026

Bonne année 2026

 

Je vous souhaite la plus excellente année 2026 possible, qu'elle vous apporte tout le réconfort et l'apaisement du monde, beaucoup de fantaisie et de gaité.

J'ouvre l'année en jetant un coup d'oeil oblique sur le passé... mais quand on raconte ses souvenirs, c'est souvent en se projetant dans l'avenir et le rêve...

Je suis La Femme du dimanche – et de fait, le dimanche, c'est le jour où on écoute la radio au lit, où on cuisine, on jardine, on lit, on rêve...

Je vis à Sartoris, au bord de la Méditerranée, et c'est peut-être là le Paradis.
Un animal ? La petite Kabocha bien sûr.
Et l'amour ? J'attends mon Brigand bien aimé.
Mes amis sont Mendiants et orgueilleux.
La vie est comme dans une immense Prairie.
Une peur ? J'ai peur du Troisième Reich.
Partir... pratiquer L'Art de marcher, aller du Spitzberg à Lhassa (vous avez vu ? Ce sont toutes des bonnes femmes !)
2025 était l'année de la Terre somnambule.
En 2026 espérons que Seiobo descende sur terre.
En 2026, j'écouterai jouer Banjo, je partirai à Ravenne, je rencontrerai Piranèse, j'écrirai des Haïkus de prison et ce blog tiendra Les Chroniques martiennes.

Si tout cela vous plaît, restez à l'écoute. Reprise des programmes habituels la semaine prochaine.

Et encore une bonne année à tout le monde !

lundi 29 décembre 2025

Petit bilan annuel avant le grand bilan des lectures

 

Petit bilan annuel avant le grand bilan des lectures

Cette année, je ne dirais pas que le monde va très mal, mais je lis Le Monde en environ 10 minutes, pour ne pas trop déprimer.

Une année marquée par un décès ; désormais ma famille se réduit à 2 personnes. Le rétrécissement de l’horizon n’est pas non plus très réjouissant.

Mais la maison va bien – j’ai cassé du béton dans le jardin et j’ai bon espoir d’avoir quelques jolies plantes en 2026. Le jardin est d’ailleurs toujours la cantine préférée d’un couple de tourterelles, Poupoule et son Juju, mais également d’une troupe de moineaux, que j’appelle « mes petits pillards », ainsi que de mésanges diverses, d’adorables fauvettes et d’un rouge-gorge, et d’autres visiteurs plumés plus occasionnels. Je crois que la présence de ces oiseaux constitue ma principale réussite au jardin ! (et maintenant les plantes...)

Quand il pleut, mais que tu es heureuse, parce que tu es à Venise.

On va dire que la santé va bien, malgré quelques caprices du coté intestinal, et même si, ouiiiiiin, c’est le retour des lunettes ?

Mes amis vont à peu près bien.

J’ai du travail – je ne suis pas encore remplacée par l’IA, et non, et non.

Pour ce qui concerne les voyages, l’année 2025 est marquée par la découverte de Venise, depuis longtemps rêvée. L’enchantement était bien là. (il y a aussi eu quelques escapades de ci, de là)

Et les blogs ? Je pense que nous sommes plusieurs à avoir constaté le silence du blog de Dominique. C’est bien triste. Et je crois que l’on peut dire qu’on pense bien à elle, où qu’elle soit.

Sur une note plus joyeuse, la fin de l’année a vu le passage surprise à Marseille de Sandrine ! Oui, comme cela, sans prévenir. On a pu déjeuner ensemble et c’était vachement bien. (Moralité : n’hésitez pas à insister lourdement, comme moi, sur l’endroit où vous vous trouvez et à le répéter régulièrement, pour que l’on pense à vous faire coucou quand on vient.)

L'eau monte...

Et les lectures ? Il y a eu un peu de tout comme souvent. Quatre livres sur l’année 1940 à Marseille. Un livre sur une prairie anglaise lu deux fois. Un grand récit italien.

Et les futures lectures ? J’ai deux envies pour les années à venir : lire davantage de pièces de Shakespeare et découvrir plus de prix Nobel de littérature. Ils ne me font pas tous envie, loin de là, mais mon décompte se situe entre 45 et 50 pour le moment et je peux sûrement faire mieux. (Évidemment, à partir d’un certain âge, l’astuce consiste à lire les écrivains avant qu’ils ne reçoivent le prix Nobel de façon à pouvoir frimer en société.)

Et les futurs voyages ? J’espère bien vous proposer quelques billets vagabonds.

En attendant, rendez-vous dans quelques jours pour le drôle de bilan des lectures.

(Je suis toujours frustrée par l'écriture de ce billet ; j'ai l'impression d'avoir plein de choses à dire, mais en fait non, pas du tout - il serait temps de s'en rendre compte.)

N'empêche que je vous souhaite à tous, à toutes, qui passez ici plus ou moins souvent, une belle fin d'année, et bon bout d'an ! à l'an que vèn !






mardi 23 décembre 2025

N'avions-nous pas semé les graines, ne sommes-nous pas utiles pour la terre

 

Louise Glück, Averno, 2006, traduit de l'américain par Marie Olivier, Gallimard. Édiion bilingue.

Octobre

Est-ce à nouveau l'hiver, fait-il à nouveau froid,

Franck n'a-t-il pas tout juste glissé sur la glace,
n'a-t-il pas guéri, les graines du printemps n'ont-elles pas été semées ?

La nuit n'est-elle pas finie,

en fondant, la glace n'a-t-elle pas
inondé les étroites gouttières

mon corps n'a-t-il pas été

sauvé, n'est-il pas en sécurité,

la cicatrice ne s'est-elle pas formée, invisible

au-dessus de la blessure

la terreur et le froid,

ne viennent-ils pas juste de prendre fin, le fond du jardin
n'a-t-il pas été tourné et ensemencé –

Je me souviens de la terre, rouge et dense,

en sillons secs, les graines n'ont-elles pas été semées,
les vignes n'ont-elles pas gravi le mur méridional

je ne peux entendre ta voix

à cause des plaintes du vent, sifflant sur la terre nue

Courbet, Scène d'hiver, 1936, Ashmolean


En dépit du titre, c'est bien la description de l'hiver. Rassurez-vous. Non seulement, les jours ne vont pas tarder à allonger de nouveau, mais en plus je reviens bientôt pour publier mes deux billets de fin d'année, avec le traditionnel bilan-bizarre. À bientôt et ne vous empiffrez pas !

jeudi 18 décembre 2025

J'ai ôté ma couronne, j'ai revêtu une forme terrestre et, sans dissimuler les traits de mon visage, je suis descendue parmi eux...

 

László Krasznahorkai, Seiobo est descendue sur terre, parution originale 2008, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, édité en France par Cambourakis.



Le premier chapitre s'ouvre, de nos jours, sur l'évocation d'une rivière, la Kamo, située à Kyoto, et d'un grand oiseau blanc, immobile, à l'affût du moindre poisson, et avec une réflexion sur la beauté de l'immobilité, qui échappe à tous ceux qui longent la rive.
Le deuxième chapitre s'ouvre sur une grille de mots croisés en italien 😳 , mais le récit se poursuit. On est à la Renaissance, dans l'atelier de Filippino Lippi à qui on passe commande de coffres de mariage représentant l'histoire d'Esther – mais non, on est à la cour du roi de Perse auprès d'une reine dont la beauté ne sera pas suffisante pour lui sauver la vie.

Autour de lui tout est en mouvement, le message d'Héraclite a semble-t-il réussi, une seule et unique fois et malgré d'effroyables obstacles, à traverser l'univers et, à la faveur de quelque profond courant, arriver jusqu'ici, puisque l'eau bouge, coule, ruisselle, afflue, se déverse (…).
C'est le début de la première histoire.

Ce sont 17 histoires, numérotées de 1 à 2584, qui n'entretiennent pas de rapport entre elles, sinon dans l'esprit de la lectrice, et de l'auteur, des histoires de beauté et d'oeuvre d'art, de création, restauration et de conservation des œuvres d'art, qu'il s'agisse de peinture, de sculpture, de musique ou de théâtre nô.

Sont-elles vraies, ces histoires ? Ce petit tableau de la Scuola di San Rocco existe-t-il ? Et ces panneaux peints par Lippi ? Il suffirait d'un clic pour savoir si cette institution chargée de la restauration d'une statue de Bouddha existe ou non, mais cela ne nous dirait rien des personnages du roman – nous serions bien avancés. Pour les historiens de l'art qui sont cités, je n'ai pas besoin de vérifier : ils existent et j'ai même mangé à la cantine avec l'un d'eux ! Peu importe au fond. Krasznahorkai s'amuse à raconter une visite à l'Alhambra qu'il a peut-être effectuée ou que nous pourrions faire à sa place ou à évoquer le fonctionnement d'un atelier d'artistes de la Renaissance à Pérouse comme s'il y était. Il joue avec les dignes experts de l'art et les ballotte, se moque un peu également des marmonnements rituels de prêtres répétant un énième rituel auquel personne ne comprend rien.

… la statue du Bouddha Amida du Zengen-ji, dont le regard balaye avec une force indescriptible, telle une bourrasque de vent, tout le personnel du Bijutsu-in, y compris Seiichi Fujimori, qui pour la première fois de sa vie incline la tête devant une statue, baisse les yeux, incapable, l'espace d'un instant, de soutenir l'immense, l'imposante sérénité, aussi inquiétante qu'énigmatique, de ce regard, un regard comme il n'en avait – et pourtant un chef d'atelier, ici, dans le Bijutsu-in, voit beaucoup de choses – jamais croisé de semblable.

Buste du Bouddha Amida et  Bouddha Amida assis, XIe (bois, laque, feuille d'or), Guimet


Tout se joue dans un regard, celui que pose une peinture sur un homme, ou dans un geste, qui redonne sa puissance à un objet inanimé. Regard du Bouddha, du Christ, de trois anges, regard qu'un gardien de musée pose sur la Vénus de Milo, absence de regard, silence et vide intérieur.

Y a-t-il quand même des histoires ? Mais oui, plusieurs, et même plusieurs par chapitre, certaines avec des pans de mystère qui resteront entier. Pourquoi cet homme est-il persuadé d'être suivi dans les rues de Venise ? Et pourquoi est-il dit qu'il ne ressortira jamais du bâtiment ? Et pourquoi l'histoire de l'homme qui s'achète un couteau s'appelle-t-elle « naissance d'un assassin » ? L'auteur ne nous dit pas tout et il tient avec habileté notre attention, l'emmenant où il le souhaite avec malice.


… la Vénus de Milo venait d'un monde céleste qui n'existait plus, un monde que le temps avait réduit en miettes, réduit en poussière, réduit à rient, et qui avait déserté à jamais les hautes sphères, car la grandeur avait disparu du monde des hommes, et il ne restait qu'elle, il ne restait de ce monde supérieur que cette Vénus, totalement abandonnée à elle-même...

Et ce Seiobo ? Cette Seiobo plutôt. Elle apparaît pile au milieu du roman. Cette divinité descend sur terre, s'incarnant provisoirement dans le corps d'un acteur du théâtre nô – il est beaucoup question du Japon. Elle est la paix qui vient sur terre.
En somme, le roman serait-il un hymne à la beauté et à l'art qui apaisent toutes les douleurs et toutes les angoisses ? Oui. Sauf qu'à la fin, des créatures non précisées (encore que la lectrice puisse s'en faire une idée) hurlent dans la nuit sous terre pour garder des tombeaux face à la mort qui engloutit tout.

Ils hurlent dans le noir, la bouche grande ouverte, les yeux exorbités, voilés de cataracte, ils hurlent, mais de ce hurlement, de cette obscurité, de ces bouches et de ces yeux on ne peut pas parler, on ne peut que tâtonner avec nos mots, comme un mendiant tendant la main...
C'est le début du dernier chapitre.

Pour moi, le roman possède un aspect ludique dans la mesure où on peut être tenté de tout vérifier – l'auteur a-t-il tout inventé ou s'agit-il de minces distorsions de la réalité ? (évidemment, ce n'est pas du tout mon école) Je suppose qu'une impressionnante documentation a été nécessaire pour élaborer (et traduire) un tel roman (technique de sculpture sur bois, de restauration, de peinture à la tempera, rite shinto, rite bouddhique, etc.).
La langue a beaucoup d'humour, de malice, de tendresse aussi. Je retiens notamment cet homme qui déteste La Pedrera, cette boursoufflure répugnante (c'est assez drôle).

Les longues phrases interminables de l'auteur suivent-elles le cheminement d'une pensée ou d'une idée ? Oui, certes, mais pourquoi donc l'un des chapitres possède-t-il des phrases de longueur tout à fait normale ? Est-ce à cause de ce qu'il y a sous terre ?

Settignano, Madonne à l'enfant, 1455, marbre, Palais royal Turin

… il ne bouge pas, il garde au millimètre près la même posture, pas une de ses plumes ne frémit, il se tient en avant, la pointe aiguisée de son bec fixée au-dessus du clapotis de l'eau, personne ne le regarde, personne ne le voit, ni aujourd'hui, ni sans doute jamais, la beauté indicible de sa posture reste secrète, la splendeur exceptionnelle de cette majestueuse immobilité échappe aux regards, et c'est ainsi, en secret, de façon imperceptible, qu'il se tient au milieu de la Kamo, dans cette concentration, cette immobilité, cette tension d'un blanc immaculé, et quelque chose se perd avant même de pouvoir apparaître, une évidence, qui n'aura aucun témoin : c'est lui qui donne un sens à tout ce qui l'entoure, un sens à ce monde en perpétuel mouvement frénétique, à la chaleur sèche, aux vibrations, aux tourbillons de sons (…).

Enfin, je note le thème omniprésent de la copie : copie la plus parfaite possible, impossible à discerner de l'original, qui possède un fragment de la puissance de l'original, mais qui ne l'est pas, qui donne une idée de la perfection absolue et qui est la seule façon pour un œil humain d'approcher cette perfection. La Vénus de Milo est une variation d'un modèle de Praxitèle. Les temples japonais sont détruits et reconstruits tous les 20 ans. Les sculptures en terre sont multiples. Et ce roman que nous venons de lire ?

J'ai beaucoup aimé. C'est une lecture très prenante, où l'on avance aisément, qui possède une réelle puissance. Ces 400 pages se lisent le temps d'un aller-retour en train Marseille-Londres si vous êtes bien concentré – et sinon vous finirez le livre dans votre lit sous la couette.


László Krasznahorkai sur le blog :

Guerre et guerre : la guerre qui marche sur les traces de quatre hommes, peut-être quatre anges
Le Baron Wenckheim est de retour : un excellent roman comme une symphonie
Petits travaux pour un palais : Une étrange déambulation new-yorkaise

J'avais lancé cette idée de lecture commune autour de Krasznahorkai. Keisha a lu Tango de Satan. Ingannmic a lu Le Baron Wenckheim est de retour. Cléanthe a lu Petits travaux pour un palais. Bref : nous avons tous choisi un titre différent et nous avons tout aimé ! 



mardi 16 décembre 2025

Comment neige le destin ? Le destin neige en silence.

 

Mircea Cărtărescu, Melancolia, publication originale 2019, traduit du roumain par Laure Hinckel, édité en France par Noir sur Blanc et Libretto.


Dans un prologue, un marin visite un palais dans une île qui pourrait être grecque et lutte contre son double avant reprendre le bateau.
Dans la première histoire, un enfant vit tout seul pendant des années dans un appartement en ville. Étrange existence répétitive. Mais il a l'occasion à trois reprises d'explorer la ville durant la nuit et il découvre les statues gigantesques de ses parents.
Dans la deuxième histoire, un frère et une sœur jouent tous les soirs au jeu des petits lapins et des renards. Mais une nuit, un renard s'empare de la petite sœur, qui tombe malade. Évidemment les adultes ne comprennent rien. Le grand frère fera tout pour la sauver.
Dans la troisième histoire, le personnage principal est un adolescent. Dans ce monde, les hommes muent et changent de peau régulièrement. Et les femmes ? C'est la grande question. La rencontre avec une jeune fille lui permettra de savoir.
L'épilogue est en prison.

Quand dehors tombait le crépuscule, dans la salle à manger l'air devenait marron, délicat, et le silence pesait sur l'enfant de toutes ses forces.

Les trois histoires présentent plusieurs points communs. Elles mettent en scène des enfants, qui sont seuls. Les adultes sont absents ou peu présents, vagues silhouettes fonctionnelles, incapables de rien comprendre à la réalité de la vie. Les récits se tiennent dans une ville, jamais nommée, mais qui ressemble à celle de Solénoïde, avec ses grands immeubles, son tramway bringuebalant, ses grands édifices, ses statues qui scandent l'espace public et surtout ses hôpitaux.

Car, comme dans Solénoïde (et comme dans plusieurs textes de Tokarczuk), le monde médical tient une place importante et inquiétante. Aux côtés du corps humaines, les modèles d'anatomie, les statues de femmes enceintes, les lits d'hôpitaux hantent l'univers mental du roman. C'est également le cas des insectes sous toutes les formes, immenses et minuscules, réels ou en chocolat, symboliques également.

La maison était entourée, assiégée par la lune. Les fenêtres se projetaient, blanches, sur tous les sols, accentuant jusqu'à l'insupportable la solitude de l'appartement.

Les histoires sont inquiétantes et mettent mal à l'aise. Que va-t-il advenir à ces enfants ? Les trois récits racontent un apprentissage et une certaine façon de quitter le monde de l'enfance ou de l’adolescence et l'entrée dans l'âge adulte. Il est écrit que les personnages vieilliront, ils se marieront et auront des enfants, mais le lecteur sait qu'ils ont tous perdu l'accès au monde de l'enfance, avec ses contes et sa logique, un monde bien plus étrange et bien moins étroit que celui des adultes.

Il y a la place particulière de la pleine lune – Melancolia.

Il est beaucoup question d'insectes, d'enfermement, de solitude, d'impossibilité de communiquer – difficile de ne pas penser à Kafka.

Ernst, Le fantôme de la repopulation, 1929 photo/collage, Coll. privée

De jour comme de nuit, les deux étaient toujours ensemble et, en fait, seuls, car les gens bizarres qui les nourrissaient, les lavaient, les grondaient et les cajolaient et leur disaient bonne nuit, étaient transparents, sans existence vraie, comme sur ces photographies où les bâtiments et tout ce qui est immobile est bien défini, tandis que les gens et les tramways semblent brumeux, barbouillés par un pinceau rapide. C'étaient deux souffles de vent nommés maman et papa, et peut-être les chats et les oiseaux du ciel voient-ils les gens ainsi.

(2e histoire)

S'il aimait quelque chose au monde, c'était la lune, mais pas n'importe quelle lune, celle dont le croissant se posait presque à l'horizontale, cornes vers le haut, sur fond de ciel vert comme du venin, au-dessus des bâtiments très hauts, terminés par des mâts, des flèches, des frontons et des coupoles, de la ville où il habitait.

(3e histoire)

Mircea Cǎrtǎrescu sur le blog :

Solénoïde : une sorte d'errance absurde dans Bucarest - c'est très gros et très bien !
Théodoros : la vie d'un tyran, une fresque en Technicolor - c'est brillant.