Aujourd'hui, nous passons la journée à Auvers-sur-Oise. Il fait très beau (oui, c'est le mois de mai 2025) et c'est la saison idéale.
Au 19e siècle, le train depuis Paris était direct et il était alors facile de se rendre à la campagne, notamment pour un artiste peintre.
En 1860, le peintre paysagiste Charles-François Daubigny amarre son bateau-atelier, Le Botin, sur la berge de l'Oise au pied du village. Il commence à peindre (et à organiser des parties de campagne avec les potes) sur son bateau, au plus près de l'eau.
| Daubigny, Le bateau atelier, croquis à l'eau-forte, Musée Daubigny, Auvers-sur-Oise. Amarré au milieu de la rivière, on peut peindre sans être dérangé et à l'abri de la pluie. |
Daubigny s'est d'ailleurs installé définitivement à Auvers et on peut visiter sa maison-atelier. La maison a été construite en 1861 par l'architecte Oudinot et entièrement décorée par les amis artistes. Les toiles sont aujourd'hui dispersées (un Daumier à Orsay) et remplacées par des copies, mais l'atmosphère de la maison est bien là. Et surtout il reste les peintures murales originales.
La chambre à manger est petite, mais ornée de grands panneaux champêtres de Daubigny. Le fils Karl peint le coq et la fille Cécile les panneaux de fleurs au-dessus des portes.
Manger avec vue sur le jardin et entouré de végétation et de lapins.
Après un petit cabinet, nous pénétrons dans la chambre de Cécile, fille de l'artiste. Les murs sont décorés de peintures de Daubigny, avec l'ajout de quelques touches par Cécile et par le petit dernier, Benjamin, 10 ans, qui peint une poignée de cerises.
L'alcôve est remplie par la végétation et les oiseaux y ont fait leur nid.
Fables de La Fontaine, oiseaux, feuillages, jouets, fleurs, instruments de musique... une certaine idée du paradis.
L'atelier est la pièce maîtresse. Corot réalise des peintures sur carton (elles sont aujourd'hui à Baltimore) et le groupe de peintres s'occupe, les jours de pluie, à les transposer sur toile marouflée pour les murs. Aujourd'hui, elles sont toujours en place. L'architecte Oudinot conçoit la cheminée et les dessus de porte. Cécile et Karl participent également au décor.
Un grand atelier, dont les parois s'ornent de la verdure floue de Corot... arbres, feuillages et étendues d'eau.
Le lieu est tout petit, il faut y aller quand il n'y a personne. C'était notre cas en mai dernier, nous avons flâné dans cette verdure peinte, ravie par la simplicité et le charme du lieu.
Juste à côté se trouve le musée Daubigny, petit musée d'art. Je me souviens uniquement d'une peinture de Steinlein représentant un chat.
Vincent van Gogh quant à lui arrive à Auvers en mai 1890 par chemin de fer, invité par le docteur Paul Gachet afin d'y suivre des soins et une thérapie. Il meurt en juillet dans sa chambre de l'auberge Ravoux et il est enterré dans le cimetière d'Auvers.
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption a été immortalisée par Van Gogh.
Il y a aussi un « château » qui organise des expositions, mais je ne l'ai pas visité.
Initialement, j'étais un peu sceptique sur l'intérêt de me rendre à Auvers-sur-Oise, avec les foules de fan de Van Gogh (évidemment on peut manger à l'auberge Raoux), mais la lecture des Gardiens du Louvre de Jiro Taniguchi m'a fait découvrir l'atelier de Daubigny et m'a donné terriblement envie d'y aller. Je ne regrette pas. Cette journée du mois de mai avec un ami était une réussite. Il faisait très beau. Il y avait des iris et des rosiers en fleur partout. La maison-atelier de Daubigny était déserte et le lieu est tout simplement charmant. Nous avons acheté à manger au petit marché, puis prenant à travers les champs et à travers les bois, nous sommes allés jusqu'au cimetière voir la tombe de Van Gogh. C'était champêtre et tranquille. Nous avons pris un verre en face de la fameuse auberge à touristes. Bref, je vous conseille vivement l'excursion !
Le dimanche à la belle saison, il existe un « train des impressionnistes » direct depuis la gare du Nord jusqu'à Auvers. Le reste du temps, c'est le train H, depuis gare du Nord, changement à Pontoise ou à Valmondois.
La semaine prochaine, quelque chose de complètement différent.
Je suis allée à Auvers sur Oise mais ça fait bien longtemps. Merci pour ce reportage instructif qui me rappelle des souvenirs
RépondreSupprimerJe viens tout juste de découvrir pour ma part, un plaisir !
Supprimer