Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

mercredi 2 mars 2016

Suis-je vraiment ici ?

Jirô Taniguchi, Les Gardiens du Louvre, traduit du japonais par Ilan Nguyên, Louvre éditions et Futuropolis, 2014.

Une BD mélancolique en hommage au plus grand musée du monde.

Le héros (qui ressemble furieusement à l’auteur) est un Japonais décidé à visiter le musée du Louvre, malgré une forte fièvre. Mais voilà qu’il entre dans les œuvres, voyage dans le temps et rencontre les peintres du passé… rêve ou délire ?
J’attendais beaucoup de cet album et j’avoue avoir d’abord été déçue. À ma première lecture, je n’ai vu qu’une belle rêverie avec de belles images un peu creuses. À la seconde lecture, je crois comprendre que Taniguchi a choisi de présenter le Louvre à ses concitoyens de la façon la plus originale possible en développant quelques chapitres significatifs.
Si l’ensemble de l’œuvre me déçoit un peu et me paraît trop convenue, les chapitres particuliers sont plus intéressants et possèdent de petits moments pleins de magie.
Il y a ainsi un chapitre consacré à Corot et à la découverte de sa peinture par les artistes japonais. Ses paysages donnent lieu à de très belles représentations accompagnées de phrases décrivant toute la magie de son art. Je ne savais pas que Corot avait été si important pour les artistes japonais et ce passage est certainement celui qui m’a le plus intéressée.
Un chapitre s’éloigne du Louvre et va à Orsay sur les traces de Van Gogh, un artiste très apprécié des touristes japonais, croqué de façon tout à fait attachante et sympathique (et maintenant j’ai très envie d’aller à Auvers-sur-Oise). J’étais plus au fait du goût de ce peintre pour l’estampe japonaise, mais le récit de ces allers et retours culturels entre deux mondes est bienvenu.
Un chapitre raconte le sauvetage des œuvres du Louvre lors de la Seconde guerre mondiale.
Et puis au final chacun lit son histoire personnelle dans les chefs d’œuvre universels. Le livre nous invite à regarder autrement les peintures, même les plus connues, et à rêvasser devant ou dedans les œuvres.



Les couleurs sont aquarellées tout en douceur, accompagnés de traits fins, un peu flottants. La recréation d’œuvres extrêmement connues est toujours un plaisir.

Merci Laurent pour cette lecture.

L’avis de Sophie.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").