La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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jeudi 27 mars 2014

C’est un humble balai de chiendent, trop dur pour une chambre ou pour la peinture d’un mur.


Rimbaud, extrait d’Alchimie du verbe, 1873.

J’inventai la couleur des voyelles ! – A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. – Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rhythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l’autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d’abord une étude. J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges.

Puget, La Vierge apprenant à lire l'enfant Jésus,
Marseille, musée des Beaux-arts, M&M

Oui, je suis toujours absente.

vendredi 21 mars 2014

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal.


Tête de faune

Dans la feuillée, écrin vert taché d’or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l’exquise broderie,

Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
Brunie et sanglante ainsi qu’un vin vieux,
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.

Et quand il a fui – tel qu’un écureuil –
Son rire tremble encore à chaque feuille,
Et l’on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d’or du Bois, qui se recueille.

Rimbaud

Je m'absente ; je vous laisse en poésie. Reprise du cours normal des choses en avril.
Henry d'Arles, Une tempête, 1756, Musée des beaux-arts de Marseille, image M&M


vendredi 2 décembre 2011

clin d'oeil

Une page tirée de Corto Maltese en Sibérie (Hugo Pratt, 1979) que je dédie à Marc et Sylvie pour sa poésie...






jeudi 20 octobre 2011

La petite bête...


Aujourd’hui, pour quelqu’un de spécial, dont c’est l’anniversaire ce jeudi, qui ne regarde pas vraiment ce blog, mais à qui ce poème va comme un gant, et parce que j’ai toujours trouvé absolument charmants ces vers de Rimbaud...

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra pas le cou…

Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,
– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
– Qui voyage beaucoup…

Arthur Rimbaud, Rêvé pour l’hiver, 1870.

Ces bêtes multicolores sont des Alebrijes, créés par Pedro Linares en 1989, visibles au château d'Oiron (79). Image M&M.

vendredi 22 juillet 2011

abracadabrantesque

Un documentaire... euh... un peu décalé (!) sur les fous de Rimbaud à Charleville-Mézières. Vous y trouverez la recette de la terrine Rimbaud par le charcutier local. On ne vantera jamais assez les mérites de France culture !