La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 26 mars 2026

In fact, it was largely against Boucher that Diderot defined his own pictorial aesthetic and taste.

 

Melissa Hyde, Making Up the Rococo. François Boucher and His Critics, édité par le Getty Research Institute, 2006.

Je vous ai déjà parlé ici du rococo, mais assez peu de François Boucher, pourtant son principal représentant, à tel point que, quand le mot « rococo » a été inventé au moment de la Révolution, terme péjoratif, il était quasiment synonyme de Boucher ou… de Pompadour. Et oui.


Le point de départ de Hyde se situe au moment de la Révolution, quand David et ses élèves et les critiques se construisent par opposition à ce qui les précède : la peinture néoclassique serait une peinture virile, républicaine, morale en opposition à ces petits marquis poudrés ridicules. Une opposition que les historiens de l’art ont eu un peu trop tendance à prendre pour argent comptant (que l’on retrouve d’ailleurs sous la plume d’Eaubonne) – David omettant soigneusement de parler de ses peintures de jeunesse.
Alors Hyde se penche sérieusement sur le dossier, les peintures de Boucher d’un côté, les textes des critiques d’art de l’autre.

It may be that the very strategy of genreing a genre or a style as feminine, or of identifying an artiste like Boucher as a "ladies’ painter", all in the service of elevating and privileging Grand Manner history painting, distorted the realities of women’s involvement in the arts. But these texts also surely evince women’s presence in the aesthetic culture to a degree that heretofore has not been acknowledged.

Les femmes auraient mis la main sur les commandes artistiques (est-ce vrai ? Ou Boucher peint-il également pour les hommes et les femmes ?), notamment une, « la Pompadour » – c’est elle, ce sont elles que l’on critique. Elles seraient responsables de la décadence de la grande peinture (les commandes pour les hommes sont-elles si différentes ?). En l'occurrence, on reproche au peintre sa teinte rose, fardée, symbole du maquillage, de la frivolité, de l’artifice et de la fausseté.

Surtout la peinture de Boucher serait trop indifférenciée : les femmes sont bien des femmes, mais les hommes ne tiennent pas assez de leur sexe et la grande mythologie ne se distingue pas assez de la pastorale. En parallèle, au théâtre, le public adore les pièces où les femmes jouent des rôles d’hommes qui se déguisent en femme, avec tous les quiproquos associés (il y a Marivaux, mais vous avez peut-être vu le film Les Amours d’Astrée et Céladon). Pour l’élite culturelle des années 1750, l’ambiguïté, qu’elle soit sociale ou sexuelle, est une valeur recherchée. Mais pour les critiques d’art, c’est absolument insupportable.

Boucher’s pastorals and his history paintings also failed because they eluded clear catagorizations : they, too, closely resembled each other – an ambiguity that also labeled them as feminine. Boucher’s painting can no more be considered essentially feminine than essentially masculine – properly, they ought to be understood as boh and neither.

Analysant finement les compositions de plusieurs peintures, Hyde montre que le peintre, parfaitement capable de représenter un homme bien musculeux quand il en a envie, choisit sciemment de jouer sur les diverses ambiguïtés visuelles, s’adressant à un public de connoisseurs, confondant Jupiter et Diane dans des chairs roses, les plaçant dans les mêmes fourrés que les bergers, jouant avec le pinceau sans s’occuper ni des poètes, ni des critiques, attentif à la seule peinture.

Cette analyse très précise est très stimulante. Évidemment là encore il manque l’examen des dessins et de la matérialité des œuvres de l’incroyable dessinateur que fut Boucher, mais j’apprécie ce travail si fin, d’une œuvre à l’autre. Les peintres s’expriment par la peinture et pour la peinture.

Boucher, La Nymphe Callisto séduite par Jupiter sous les traits de Diane, 1759, Kansas-City, Wikipedia.
Connaissez-vous l'histoire racontée par Ovide ? Une domination brutale, masculine et divine, une histoire mythologique, alors que Boucher supprime tout cela et montre avec beaucoup de malice une scène de complicité sensuelle rêvée au creux des buissons - destinée au regard voyeur de ses commanditaires, hommes et femmes... un doux rêve peut-être... En tout cas, la hiérarchie "naturelle" et le grand dieu sont égratignés.


It was critics with investments in the polar opposition of man and woman who anxiously labeled the ambiguities of gender and genre in Boucher’s paintingsas exclusively feminine. It was these critics who critiqued a world that was not so binary in terms of a binary model of gender. For Boucher’s defenders and his public, the status of his works would have been less decided given their playful uncertainties, their graces, which corresponded to social ideals and polite fashions that attenuated differences between the sexes.

Alors certes, c’est un livre que vous ne lirez pas. Et en plus, la plupart d’entre vous ne connaissez pas très bien la peinture de Boucher. Mais regardez ce que l’on peut faire en histoire de l’art ! Il ne s’agit pas seulement d’accrocher de belles œuvres aux murs et de baptiser ça « exposition ». Cette monographie informée des débats sociaux et culturels d’une époque ne se contente pas de dire « telle œuvre a eu du succès critique et telle autre non ». Non, on fait travailler ensemble la peinture d’un artiste (qui lui, n’écrit rien et s’exprime uniquement par le pinceau) et les textes des critiques et on regarde là où ça s’entrechoque.




mardi 24 mars 2026

Qui parle aujourd'hui des « peintresses » du Moyen Âge ?

 

Françoise d'Eaubonne, Histoire de l'art et lutte des sexes, parution originale 1978, réédité en 2025 aux Presses du réel avec une préface de Fabienne Dumont.

Histoire de l'art et anti sexisme. Cet essai est composé d'une introduction théorique assez lourde et d'analyses d'oeuvres : portraits de Juliette Récamier et de Germaine de Staël par David et Gérard, Enlèvement de Proserpine par Rembrandt et de Rubens, Enlèvement de Ganymède par Michel-Ange, Rubens et Rembrandt, peintures légères du 18e siècle, œuvre d'Anastaise, eaux-fortes des horreurs de la guerre de Goya, etc.


J'avoue avoir un peu de mal à savoir quoi penser de ce texte, pour plusieurs raisons. D'abord, Eaubonne emploie la langue du militantisme, virulente et un peu cash, qui est un peu éloignée de moi. Son propos est de répondre à un historien de l'art marxiste et de lui prouver qu'en matière d'histoire de l'art, comme de tout le reste, la lutte des sexes vient avant la lutte des classes. Vu le passif de l'histoire de l'art en matière de sexisme et de misogynie, cette mise au point n'a rien d'inutile, mais je suis loin de maîtriser cette histoire-là.
Par ailleurs, des ouvrages d'histoire de l'art marqués par les théories gender, j'en ai lu, surtout sur le 18e siècle, écrits par des historiennes de l'art spécialisées, au ton militant également, mais s'inscrivant dans la discipline universitaire (qui m'est beaucoup plus familière). Comme Eaubonne ne semble avec lu aucun de ces livres (pas même le fameux manifeste de Linda Nochlin), j'ai tendance à trouver ses propos un peu simplistes ou insuffisamment argumentés, ce qui n'est pas faux, mais est un peu injuste aussi.

C'est pourquoi il a fallu des preuves non écrites mais plastiques de la participation féminine à ce que nous considérons aujourd'hui comme faisant partie des arts, au cours des périodes pré-Renaissance ; ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres de l'oubli où l'on a plongé toutes les activités féminines débordant le cadre voulu par le sexisme.

Alors ? Les analyses d'oeuvres ont incontestablement quelque chose de stimulant, certaines plus que d'autres selon les affinités personnelles. Eaubonne met le doigt sur certains faits (c'est pas beau de pointer, dira-t-on doctement, mais il faut bien que quelqu'un se dévoue pour le faire) et incite surtout à se poser des questions. Elle s'appuie beaucoup sur le contexte de création de l'oeuvre, du moins celui des destinataires ou commanditaires, plus que sur celui de l'artiste, se refusant à une histoire des styles, catégorisée comme bourgeoise. Elle ne s'intéresse absolument pas à la matérialité de l'oeuvre, mais inscrit les œuvres qu’elle examine dans une histoire plus longue, celle des femmes, de leur place, de la sexualité, de sa représentation.
Elle emprunte à diverses disciplines, histoire sociale, psychanalyse, littérature, histoire, richesse de la pensée qui entrecroise rapidement des apports très différents – aujourd'hui c'est une pratique normale de l'histoire de l'art, mais l'était moins à cette époque.

Ce livre a 50 ans, il a vieilli, mais ses formules gardent leur percutant. Je me demande ce qu'en penserait quelqu'un n'ayant pas mon petit background d'historienne de l'art, ou quelqu'un pleinement plongé dans la lutte antisexiste. Quant à moi, cette lecture m'a donné envie de ressortir mes vieux livres d'histoire de l'art. Je vous en reparle dès jeudi.

Si vous n’y connaissez rien, je vous encourage à aller faire un petit tour sur la page Wikipedia d’Anastaise.

En 1908, lorsque Suzanne Valadon fait preuve de tant de traits si peu féminins qu'on doit, pour l'excuser, se souvenir qu'elle est fille de maçon, Marie Curie a découvert le radium, Emma Goldmann et Rosa Luxembourg ont couru l'Europe et tenu des meetings (…) ; le monde a changé depuis Vigée-Lebrun et même Berthe Morisot.

David, Le Serment des Horaces, 1784, Louvre, image Wikipedia.

On voit là que les critiques lancées contre Le Serment des Horaces appartiennent à deux espèces : les reproches des cuistres visent aussi bien les arcs et les colonnes, le tranchant des contours, que la crudité des teintes ; mais d'autres, plus fondés, appartiennent à une catégorie de gens qui refusent de toutes leurs forces ce qui annonce leur fin prochaine ; et il est parfois difficile de les distinguer à travers la mauvaise foi du prétexte. (…) Le XVIIIe siècle finissant veut y lire son avenir ; il s'y voit austère, mâle, démesuré, romain, républicain.


samedi 21 mars 2026

Un dimanche à Auvers-sur-Oise


Aujourd'hui, nous passons la journée à Auvers-sur-Oise. Il fait très beau (oui, c'est le mois de mai 2025) et c'est la saison idéale.

Au 19e siècle, le train depuis Paris était direct et il était alors facile de se rendre à la campagne, notamment pour un artiste peintre.

En 1860, le peintre paysagiste Charles-François Daubigny amarre son bateau-atelier, Le Botin, sur la berge de l'Oise au pied du village.  Il commence à peindre (et à organiser des parties de campagne avec les potes) sur son bateau, au plus près de l'eau.

Daubigny, Le bateau atelier, croquis à l'eau-forte, Musée Daubigny, Auvers-sur-Oise. Amarré au milieu de la rivière, on peut peindre sans être dérangé et à l'abri de la pluie.


Daubigny s'est d'ailleurs installé définitivement à Auvers et on peut visiter sa maison-atelier. La maison a été construite en 1861 par l'architecte Oudinot et entièrement décorée par les amis artistes. Les toiles sont aujourd'hui dispersées (un Daumier à Orsay) et remplacées par des copies, mais l'atmosphère de la maison est bien là. Et surtout il reste les peintures murales originales.

La chambre à manger est petite, mais ornée de grands panneaux champêtres de Daubigny. Le fils Karl peint le coq et la fille Cécile les panneaux de fleurs au-dessus des portes.

Manger avec vue sur le jardin et entouré de végétation et de lapins.


Après un petit cabinet, nous pénétrons dans la chambre de Cécile, fille de l'artiste. Les murs sont décorés de peintures de Daubigny, avec l'ajout de quelques touches par Cécile et par le petit dernier, Benjamin, 10 ans, qui peint une poignée de cerises.


Regardez comme c'est bucolique.

L'alcôve est remplie par la végétation et les oiseaux y ont fait leur nid.

Fables de La Fontaine, oiseaux, feuillages, jouets, fleurs, instruments de musique... une certaine idée du paradis.


L'atelier est la pièce maîtresse. Corot réalise des peintures sur carton (elles sont aujourd'hui à Baltimore) et le groupe de peintres s'occupe, les jours de pluie, à les transposer sur toile marouflée pour les murs. Aujourd'hui, elles sont toujours en place. L'architecte Oudinot conçoit la cheminée et les dessus de porte. Cécile et Karl participent également au décor.

Un grand atelier, dont les parois s'ornent de la verdure floue de Corot... arbres, feuillages et étendues d'eau.

Le lieu est tout petit, il faut y aller quand il n'y a personne. C'était notre cas en mai dernier, nous avons flâné dans cette verdure peinte, ravie par la simplicité et le charme du lieu.

Juste à côté se trouve le musée Daubigny, petit musée d'art. Je me souviens uniquement d'une peinture de Steinlein représentant un chat.

Vincent van Gogh quant à lui arrive à Auvers en mai 1890 par chemin de fer, invité par le docteur Paul Gachet afin d'y suivre des soins et une thérapie. Il meurt en juillet dans sa chambre de l'auberge Ravoux et il est enterré dans le cimetière d'Auvers.


L'
église Notre-Dame-de-l'Assomption a été immortalisée par Van Gogh.

Il y a aussi un « château » qui organise des expositions, mais je ne l'ai pas visité.


Initialement, j'étais un peu sceptique sur l'intérêt de me rendre à Auvers-sur-Oise, avec les foules de fan de Van Gogh (évidemment on peut manger à l'auberge Raoux), mais la lecture des Gardiens du Louvre de Jiro Taniguchi m'a fait découvrir l'atelier de Daubigny et m'a donné terriblement envie d'y aller. Je ne regrette pas. Cette journée du mois de mai avec un ami était une réussite. Il faisait très beau. Il y avait des iris et des rosiers en fleur partout. La maison-atelier de Daubigny était déserte et le lieu est tout simplement charmant. Nous avons acheté à manger au petit marché, puis prenant à travers les champs et à travers les bois, nous sommes allés jusqu'au cimetière voir la tombe de Van Gogh. C'était champêtre et tranquille. Nous avons pris un verre en face de la fameuse auberge à touristes. Bref, je vous conseille vivement l'excursion !

Le dimanche à la belle saison, il existe un « train des impressionnistes » direct depuis la gare du Nord jusqu'à Auvers. Le reste du temps, c'est le train H, depuis gare du Nord, changement à Pontoise ou à Valmondois.

La semaine prochaine, quelque chose de complètement différent.

 

jeudi 19 mars 2026

Le train se lança avec sa cargaison d'histoires sur son parcours qui n'était pas infini.

 

Hiro Arikawa, Au prochain arrêt, parution originale 2008, roman traduit du japonais par Sophie Refle, édité en France par Babel/Actes Sud.

Il y a peu, Aifelle faisait remarquer chez Ingannmic qu'en matière de « littérature japonaise on ne voit plus que ce genre de livres mis en avant, c'est un peu triste. Il faut fouiller un peu pour trouver les autres. » Je partage ce constat, mais je dois dire qu'en l'occurrence j'ai passé un excellent moment de lecture. Comme quoi, certains petits romans sont plus réussis que d'autres – hé, c'est un métier aussi !

Donc, nous sommes sur une petite ligne de train, entre Osaka et Kobe, les arrêts y sont fréquents. Des hommes et des femmes montent et descendent avec leurs préoccupations et leurs histoires et quelquefois ils se parlent. Ou alors ils se contentent de se regarder et le récit change de personnage principal à chaque tronçon du train. Une fois dans le sens aller, une fois dans le sens retour (le roman pourrait continuer indéfiniment).

Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle venait de lui chiper le livre qu'il convoitait (autrement dit, elle n'avait prêté aucune attention à Masachi). Il l'avait suivie quelques minutes, assez pour comprendre qu'elle n'avait aucune intention de le reposer.

Premier tronçon, un garçon qui se rend à la bibliothèque le sac chargé de livres se fait aborder par une fille qu'il trouve mignonne certes, mais surtout qui emprunte les mêmes livres que lui ! Ensuite, une femme qui revient du mariage de son ex engage la conversation avec une vieille dame et sa petite-fille. Etc. Au retour, six mois plus tard, un couple se sera défait parce que le gars est violent, un autre se sera constitué, une jeune femme aura déménagé, la vieille dame aura un teckel (et toujours sa petite-fille), etc.

Évidemment, ce qui me paraît très réussi, c'est le rythme. Une succession de chapitres courts, avec une tranche de vie à chaque fois. À la fin, on aura fait connaissance avec plein de gens, mais sans forcément en savoir beaucoup sur eux et on aimerait en savoir plus. C'est malin et habile ! Et puis, c'est un monde rassurant et apaisant, un petit train où chacun parvient à trouver sa place. Un monde où la place respective des hommes et des femmes est subtilement repositionné.


Loin d'être silencieux, ce quartier était animé à la mesure de sa taille. Les hirondelles y voyaient un bon endroit où élever leur progéniture.
La vieille dame n'avait pas menti : c'était une bonne gare, et un quartier agréable.

Je note qu'Arikawa est également l'autrice des Mémoires d'un chat qui a eu un succès colossal et de romans sur l'armée japonaise (elle se moque d'ailleurs de ce goût pour l’armée dans le roman).

Ce roman n’a peut-être pas une ambition immense, mais il est à lire en grignotant dans le train, bien sûr.

Les gens qui prennent le train seuls se composent en général une mine indifférente.

Un dessin de Gébé de 1959 (désolée, je n'ai pas de photo de train japonais)


lundi 16 mars 2026

Vous savez, quand les quatre pattes doivent pousser toutes à la fois, ça donne pas mal de travail.

 

Karel Čapek, Dachenka ou la vie d’un bébé chien, écrit, dessiné, enduré par l’auteur à l’attention des enfants, parution originale 1933, traduit du tchèque par Anna et Jacques Arnaudiès.

Dachenka ou Dacha pour les intimes est un chiot fox terrier et Čapek nous raconte le début de son existence : téter sa maman, commencer à marcher, vider les premières gamelles, faire ses dents sur tout ce qui passe, creuser des trous dans le jardin… la vraie vie de bébé chien !

C’est avec infiniment d’humour et de tendresse que l’auteur nous raconte tout cela et on devine combien Dacha a occupé le centre de la maison, tout comme l’attachement suscité par cette adorable boule de poils pleine d’énergie.

Dans cet univers, il y a tout plein de choses, de choses dont il faut vérifier l’aptitude à être mordues et, éventuellement, dévorées ; il y a tout plein de lieux mystérieux où l’on peut se livrer à de curieuses expériences, où l’on est le mieux pour faire des petites flaques.

Le texte dialogue avec les dessins de l’auteur, dans une dynamique très réussie. C’est comme si nous étions dans l’album photo de la première année de Dacha. Et d’ailleurs… le texte est complété par de nombreuses photographies.

Quand cela naquit, ce n’était qu’un petit rien blanc, cela tenait dans le creux de la main ; mais, vu que cela avait une paire de mignonnes oreilles et, derrière, un bout de queue, nous fûmes d’accord que c’était un petit chien, et parce que nous souhaitions avoir une petite fille chien, nous lui donnâmes le nom de Dachenka.
C’est le début.

Petit point d’attention. Les Éditions du Sonneur proposent Dachenka (édition de 2013) dans un petit format, ne reprenant ni les photographies ni la mise en page spécifique (il y a bien les dessins, mais ils ne sont pas positionnés de la même façon). Il convient donc de se procurer le grand album des éditions MeMo de 2015, qui reproduit à l’identique l’édition tchèque de 1933, avec sa belle couverture où la niche est aux couleurs du Bauhaus.

Ce monument de la littérature tchèque (oui, il paraît que ce fut un immense succès pour tous les enfants du pays avec plus de 30 rééditions) prend très naturellement sa place dans les escapades européennes de Cléanthe.


Karel Čapek sur le blog (par ailleurs, il semble avoir beaucoup écrit sur les chats et les chiens) :

La Guerre des salamandres : un gros succès de SF mais moi j'ai pas trop aimé
L'Année du jardinier : le jardinage vu avec beaucoup d'humour
Lettres d'Angleterre et Tableaux hollandais : des notes de voyage