La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 5 mars 2026

Ces objets, fabriqués et échangés avec les Français, nous offrent une expérience concrète de notre héritage.

 

1725, des alliés amérindiens à la cour de Louis XV, catalogue d'exposition sous la direction de Jonas Musco et de Paz Núñez-Regueiro, 2025.

(Les légendes étant imprimées tout petit et pas très contrastées, j'espère qu'elles ne contiennent pas d'info décisives.)

En 1725, c'est une réception diplomatique peu ordinaire qui se déroule à la cour de France : Louis XV, âgé de 15 ans, reçoit cinq dirigeants des nations autochtones venus de la vaste région du Mississippi : Maspéré (chef Missouria), Aguiguida (chef Otoe), Ouastan (chef Osage), Chicagou (chef Illinois) et Ignon Ouaconetan (fille d'un chef Missouria).

Coiffe masculine, nation Osage,
ancienne collection de la bibliothèque municipale de Versailles, Musée du quai Branly

Une exposition et un livre retracent l'événement, dont je vous livre quelques aspects :

  • Les différents peuples dans toute leur diversité qui vivent dans ces immenses régions ;

  • Le projet français sur place (surtout s’opposer aux Anglais), sachant que les Français sont très peu nombreux, mais déjà avec des esclaves africains ;

  • La diplomatie du calumet ;

  • Un voyage à hauts risques (le navire contenant les présents des chefs à Louis XV a d'ailleurs fait naufrage) organisé par la Compagnie des Indes ;

  • Le programme parisien : soirée à l'opéra, démonstration de danse (qui inspirera Rameau pour sa célébrissime Danse des sauvages), démonstration de chasse (à pied, sans chevaux), visite de Versailles avec le spectacle des grandes eaux, réception à la Cour de France à Fontainebleau, discours (traduits par un père jésuite) et échanges de présents ;

  • La rencontre officielle entre les chefs dans leur tenue protocolaire à eux (pagnes de peau, peintures corporelles, coiffes) et le jeune roi tout à fait fasciné et curieux ;

  • Le résultat concret proche du néant ;

  • La présence aujourd'hui à Paris (Versailles et Quai Branly) d'objets extraordinaires (on a très peu d'objets anciens autochtones), à la provenance légitime et assurée, qui font pleinement partie de l'identité des Américains autochtones, mais aussi de la nôtre.

Dessin de Louis Nicolas, 1675, Capitaine de la nation Illinois,
Tulsa, Gilcrease Museum

Trois siècles plus tard, on s'interroge.

Voilà une époque où la France recevait les délégations autochtones comme les ambassadeurs de la Sublime porte ou du Siam. L'espace de quelques années, parce que la France avait besoin de ces peuples pour le commerce de fourrure et contre l'Angleterre, elle signe des alliances – comme la Paix de Montréal de 1701 dont je vous ai parlé. Mais il faut raison garder. Les peuples du Mississippi et les Français ne donnent pas le même sens aux termes de « propriété » et d' « alliance ». Ne rêvons pas. La situation sur le terrain et la cohabitation n'ont rien d'idyllique et nous avons traversé le 19e siècle conquérant comme les autres. N'empêche que, on ne peut s'empêcher de rêver à une autre histoire possible, avec davantage de respect et moins de massacres. Pendant quelque temps, ce fut possible, car l'histoire n'était pas écrite à l'avance.

Peau peinte (bison), artiste Quapaw vallée de l'Arkansas, 18e siècle, ancienne collection de la bibliothèque municipale de Versailles, Musée du quai Branly

L'exposition s'inscrit dans un moment historiographique intéressant, où, de Gilles Havard à Pekka Hämäläinen, les historiens réévaluent ce que l'on pensait savoir sur les peuples autochtones du Canada et des États-Unis. Oui, ils étaient nombreux et très diversifiés, non ils n'ont pas tous été tués par la variole, oui pendant plusieurs années ils ont tenu la dragée haute aux Européens qui n'auraient jamais pu s'implanter sans leur alliance, non en dépit des politiques de destruction systématique ils n'ont pas disparu et oui ils sont là aujourd’hui en face de nous.

Si le sujet vous intéresse, mais que vous avez la flemme 1. de vous rendre au château de Versailles visiter l'exposition ; 2. de lire le catalogue de l'exposition ; je vous conseille vivement l'écoute de ce podcast.



mardi 3 mars 2026

Un chant fabuleux emplit soudain l'océan ; il contenait l'éternité et s'adressait à la terre.

 

Witi Ihimaera, La Baleine tatouée, parution originale 1987, traduit de l'anglais par Mireille Vignol, édité en France par Au vent des îles.

À mon tour de plonger dans ce roman.

On est dans une petite ville de Nouvelle-Zélande. Deux fils narratifs donnent une vision large – l'un est un mythe des origines et l'autre est la vie dans un groupe de baleines – et un fil principal raconte la vie de la petite Kahu. Elle naît dans une famille maori où l'arrière-grand-père cherche un héritier – un garçon – à qui transmettre le rôle de leader de la communauté et la charge de réactiver les mythes fondateurs. Mais Kahu a décidé que ce serait elle qui réactiverait l'alliance immémoriale entre les humains et les baleines.

C'est un petit roman bien agréable à lire.

Koro Apirana poussa un cri tragique, car ce n'était pas une bête ordinaire, pas une baleine ordinaire. Elle venait du passé et son chant satura l'atmosphère.
Karanga mai, karangai mai,
karanga mai. Appelez-moi.
Ses compagnons brisèrent à leur tour la surface de l'eau, orchestrant le refrain d'une musique surnaturelle.

Une fois surmontée la petite difficulté liée à la présence de tous ces noms propres maoris, le lecteur peut se laisser porter par les évocations de l'océan ancien. Certes, c'est écrit dans une langue simple, mais elle suffit à nous baigner. En parallèle, la vie sur terre s'inscrit dans le contemporain, motos et téléphones portables. La narration est portée par l'oncle de Kahu, un jeune homme et à travers son regard, nous sommes en plein dans une société animée par diverses tensions : sexisme puissant, honte de l'homosexualité, relation ambiguë aux grandes villes australiennes et aux tribus de Papouasie, etc. Tout cela ne constitue pas des sujets, mais fait partie de la réalité compliquée et quotidienne des personnages.

J'avoue m'être interrogée sur la famille qui nous est présentée, dans la mesure où il manque une génération, dont rien ne nous est dit.

Reid, Trois baleines, pierre lithographique, 1985, Gallery Bill Reid à Vancouver

En parallèle, on rêve bien sûr à une possible et paisible cohabitation avec les baleines, dans un vaste océan. C’est un conte où un petit individu – une petite fille – parvient à porter l'histoire de tout un peuple, un peuple constitué de différentes espèces, simplement en croyant au pouvoir des mots sacrés.

Dans les temps anciens, dans les années qui nous ont précédés, la terre et la mer éprouvèrent un sentiment de grand vide et d'ardent désir. Les montagnes semblaient mener droit au paradis, et la forêt humide, verte et luxuriante ondoyait comme une cape multicolore.

C'est le début.





samedi 28 février 2026

Kew Gardens

 

Kew ou Kew Gardens ou les jardins botaniques royaux de Kew, c'est 121 hectares de bonheur, 30 000 végétaux et un centre de recherche en botanique. L'herbier contient 7 millions de spécimens. Le lieu est classé à l'Unesco. Et nous sommes dans la riche banlieue ouest de Londres.

Pour origine, il y a des jardins d'agrément privés aménagés au 18e siècle. La pagode chinoise date de cette époque, ainsi que plusieurs maisons du parc. Mais c'est au 19e siècle que les jardins deviennent des jardins botaniques nationaux. Le lieu s'agrandit considérablement, tout comme les horaires d'ouverture au public. Les grandes serres dites victoriennes sont construites à cette époque et l'herbier commence à être constitué – parce qu'on est dans un lieu de science et de recherche. L'empire britannique approvisionne les jardins en plantes de toute sorte (et oui, c'est aussi un produit colonial). Le jardin est aménagé de façon à créer des vues et des panoramas, des promenades naturelles.

Le lieu est infini : serre tropicale, serre subtropicale, serre de climat hyper sec, serre de nénuphars géants, étang, petites architectures de fantaisie, jardin japonais, 800 peintures de Marianne North (mais quelle vie pour cette femme !), roseraie, arboretum...

Vous avez l'impression que je radote ? Et bien vous n'avez pas tort, puisqu'il s'agit du troisième billet que je consacre à Kew, à l'occasion de ma quatrième visite. Mais ce n'est pas faute si je suis envoutée par cet endroit.

Donc, début novembre 2025, je suis à Londres et je me prépare à re-re-re-revisiter les jardins de Kew, en me disant que j'exagère peut-être, que je ne prendrai pas trop de photos et que je ne rédigerai pas de billet de blog. Les bonnes résolutions.

Las. Une fois entrée, quelques minutes à peine après avoir bu mon café au lait, regardez qui voilà :

Un renard ! J'avais déjà aperçu des renards de nuit (en ville ou au bord de la route), mais jamais encore en plein jour ! En train de fureter à la recherche de baies, de vers de terre et d'insectes, indifférent aux paparazzi.

Dès lors, j'ai su que j'allais passer une journée merveilleuse, quoiqu'un peu fraîche.

Pour ce tour de novembre, j'ai délaissé les lieux d'exposition et j'ai privilégié les arbres. Hop, c'est parti.

Qui sont ces grands arbres aux branches duveteuses et jaunes pâles ?

Des mélèzes !!! Que leurs aiguilles sont jolies et élégantes.

Même si j'ai parfaitement conscience que la beauté d'une forêt réside dans le grand nombre d'arbres, dans un parc, on peut se laisser aller au plaisir du portrait individuel. Il y a des individus vénérables, qui ont grande allure, qui méritent un portrait en pied...


On reconnaît sans peine quelques acteurs de film d'horreur, avec course-poursuite en forêt. Il y en a quelques-uns ici qui en ont fait courir des Blanche-Neige... J'aime leurs silhouettes, le mouvement des écorces, les couleurs des feuilles, la couleur des troncs... (dernière photo : un châtaignier).

J'avoue ne pas avoir emprunté la canopy walkway, pour une prochaine fois peut-être.

Les ginkgos biloba et leurs feuilles d'or, toujours un succès.

Je vous rassure, je me suis quand même baladée dans certaines des serres et je n'ai pas manqué de m'arrêter devant le palmier Pinanga subterranea qui fleurit et forme ses fruits sous terre (et c'est encore un mystère pour savoir comment ce machin réussit à être pollinisé).


Le syndicat des "y a pas que les renards dans la vie" :


Les oies sont innombrables et vont en bande organisée. À noter que les pelouses de Kew sont maculées de leurs excréments. Si vous voulez vous asseoir dans l'herbe, prévoyez un petit revêtement que vous pourrez nettoyer au retour.


Des corneilles, des pies, des geais, des mésanges, des rouge-gorge, des merles, etc.


Sans parler des joyeux écureuils gris.


Bref, c'était bien. 
Si vous vous posez la question, oui, bien sûr, je connais la nouvelle de Virginia Woolf. Évidemment, il y aura une cinquième visite - mais peut-être pas un nouveau billet ? Enfin... on ne sait jamais...



Le billet de novembre 2017 : il y avait du soleil, du feuillage coloré, des houx de toutes les couleurs.
Le billet de juin 2022 : il y avait du soleil, des rhododendrons colossaux en fleur, un immense pied de cytise (ou glycine jaune) et ses fleurs pleines de soleil, des photos des serres et des fantaisies architecturales, un groupe scolaire de canetons.

La semaine prochaine, nous serons tout près de Kew, mais de l'autre côté de la Tamise.

 


jeudi 26 février 2026

Je crois que j'aime les cuisines plus que tout autre endroit au monde.

 

Banana Yoshimoto, Kitchen, parution originale 1988, traduit du japonais par Dominique Palmé et Kyôko Satô, édité en France par Gallimard/Folio.

Dans ce court roman, Mikage, la narratrice, est orpheline, puisque sa grand-mère (qui l'a élevée) vient de mourir. Mikage est quasi-recueillie par Yûichi, un jeune homme, et sa mère, l'éclatante Eriko. Sauf qu'Eriko est un homme, devenu femme, qui travaille dans un bar, et que la vie est violente pour les transexuels.

Pourquoi Kitchen ? Parce que Mikage trouve l'apaisement dans une cuisine bien propre, rangée, au frigo plein, parce qu'elle est passionnée par la confection de petits et de grands plats, parce qu'elle trouve sa voie et se reconstruit par la cuisine. Et que c'est peut-être ainsi qu'elle parviendra à sauver aussi Yûichi de sa tristesse.

Pourquoi a-t-on si peu le choix ? Même si on se sent écrasé comme un vermisseau, on s'entête à préparer des repas, à manger, à dormir. Tous les gens qu'on aime meurent les uns après les autres. Et pourtant il faut bien continuer à vivre.

L'édition japonaise est une grande pourvoyeuse de courts romans qui ne sont pas à proprement parler des livres feel good, mais des jolies histoires, où des personnages plus ou moins paumés trouvent une façon de vivre à partir des livres, de la cuisine, des chats, des plantes... Je me demande si Kitchen n'en est pas l'un des premiers, et peut-être l'un des plus sombres. Il met en scène la vie dans une grande ville contemporaine, avec des personnages seuls, en proie au deuil, au chagrin et surtout à la solitude. Comment trouver un sens à sa vie quand on a absolument aucune famille ? Le sentiment de perte est un puits sans fond, mais pourtant, Mikage se raccroche et tente ce qu'elle peut, cahin-caha.

Je me souviens avoir lu ce livre à sa sortie en poche en France (peu après 1994 donc) et j'avais bien aimé (ma mère aussi). À l'occasion de cette lecture commune, je l'ai relu avec plaisir, retrouvant ce qui m'avait plu à l'époque : un relatif dépaysement (en 1994, je n'avais aucune idée de ce qu'était un katsudon, maintenant je sais que c'est bien bon), l'attachement à une jeune héroïne à la fois triste et déterminée (j'étais encore ado), le monde de la très grande ville (je vivais en forêt à l'époque). Cette notion de trans m'était également très peu connue.


Ce lieu où traînent des épluchures de légumes, où les semelles des chaussons deviennent noires de crasse, je le vois étrangement vaste. Un énorme réfrigérateur s'y dresse, rempli de provisions suffisantes pour tenir facilement tout un hiver, et je m'adosse à sa porte argentée. Parfois je lève distraitement les yeux de la cuisinière tachée de graisse ou des couteaux rouillés : de l'autre côté de la vitre brillent tristement les étoiles.
C'est dans la première page.

Ce côté sain, c'était ce que j'aimais en lui, c'était quelque chose que j'enviais, et je m'en voulais presque de ne pas être à la hauteur. Autrefois.

(mais on comprend que les héros seront ces personnages complètement fracassés par la vie, qui se relèvent en boitillant, pas du tout fièrement)

Electra et Miss Sunalee ont programmé une lecture commune de Kitchen pour le 28 février, mais le samedi, c'est billet touristique sur le blog, je me suis donc permis de prendre un peu d'avance. Merci à elles, je suis bien contente de ma relecture !

Rideau de restaurant, Paris, 13e



mardi 24 février 2026

Elle vit les années à venir s'étendre devant elle comme un après-midi d'automne, pleines de souvenirs et de résignation.

 


George Eliot, La Repentance de Janet, parution originale en revue sans nom d'auteur en 1857, puis en livre en 1858, traduit de l'anglais par François d'Albert-Durade, édité en 2025 en France par les éditions Sillage.

Dans une petite ville d'Angleterre, les élites locales se déchirent à cause de l'arrivée d'un nouveau pasteur (les détails de ce qui sépare l'église établie de ce religieux m'ont en partie échappé, querelle de clocher). L'avocat Dempster, un gros buveur, violent et emporté, monte une bruyante cabale contre ce pasteur, cabale à laquelle participe volontiers son épouse, Janet Dempster, noble femme, mais tombée dans la boisson et victime des coups de son mari.


C'était un homme grand et plutôt massif ; son large torse était si bien couvert de tabac à priser que le chat, s'étant approché de lui, avait été pris d'un violent accès d'éternuement – accident qui, mal interprété, l'avait fait mettre rudement à la porte.
C'est au début du deuxième paragraphe.

De l'alcoolisme des élites, il en est également question dans La Châtelaine de Whildefell Hall d'Anne Brontë, mais celui des femmes bourgeoises est rare dans la littérature du 19e siècle. Ces romancières n'hésitent pas à s'emparer de sujets scandaleux.
Il est aussi question de l'angoisse des femmes quant au contenu du testament de leur mari : libre à lui de décider de clause les empêchant de demeurer dans leur maison ou de jouir librement de leur argent.

Tout le charme de ce petit roman provient de sa peinture parfaitement réussie de la vie de village et de ses différents personnages. En effet, le récit, assez lent, est cousu de fil blanc ; nul doute que le pasteur, un homme bon et sincère, parviendra à se faire accepter de tous et que Janet réussira à surmonter ses démons. Ajoutons que j'ai pu être un peu perdue entre tous ces gens. Ce petit roman ou longue nouvelle est le troisième texte de fiction d'Eliot, un des trois titres composant les Scènes de la vie du clergé – nous sommes avant les grands romans stars !

Lorsque la terre eut recouvert le cercueil de la mère, et que le fils, en manteau noir et en chapeau garni de crêpe, reprit la route de la maison, son bon ange resté en arrière, l'aile étendue sur le bord de la tombe, jeta un regard de désespoir sur lui et prit son vol pour toujours.

J'ai été immédiatement séduite par le portrait dressé des uns et des autres. En quelques phrases ciselées et mots choisis, le ton est à la fois tendre et amusé, critique et empathique. Voilà des personnages bien campés ! Quelle réussite de langue, qui annonce les grandes fresques de la vie des villages comme on a pu les lire.

La lectrice attentive repèrera le « nous » qui apparaît vers la page 90 et qui signale que le narrateur est un jeune homme de la ville. C'est qu'Eliot est pleine de malice !

Une église en Angleterre

Quand un homme est heureux pour gagner l'affection d'une jeune fille qui lui fait oublier ses soucis en faisant courir son crochet, en confectionnant des cache-pots brodés de perles, en tricotant des housses de chaise en laine d'Allemagne, il a du moins la garantie du bien-être domestique, quelles que soient les épreuves qui pourront arriver. Quelle ressource contre la fatigue et l'irritation que d'avoir son salon bien fourni de petits napperons toujours prêts, si vous avez quelque chose à poser dessus ! Et quel fortifiant pour un cœur blessé que ces nombreux carrés de crochet qui glissent par terre aussitôt que vous les touchez ! Que nos pères aient pu traverser la vie sans crochet me semble inconcevable ; mais je suppose qu'il en existait quelque faible remplaçant sous le nom de « macramé ».
Notez comment Eliot change à la fois les louanges du bonheur domestique simple et quotidien tout en s'en moquant – pas pour moi, semble-t-elle dire.

Miriam et Claudia Lucia ont lancé un défi autour des deux George, Eliot et Sand. Pour ma part, j'ai un peu lu Sand et je ne compte pas m'y remettre tout de suite tandis que j'ai déjà bien parcouru l'oeuvre d'Eliot. Il me reste les deux autres récits des Scènes de la vie du clergé et Adam Bede ; j'ai déjà acheté l'un de ces textes qui sera donc bientôt lu.

George Eliot sur le blog :


Le Moulin sur la Floss (1860) : le portrait d'un frère et d'une soeur, la vie des enfants, le roman qui reste mon préféré de coeur
Silas Marner (1861) : entre le conte de Noël et la peinture réaliste de la vie de village
Felix Holt, le radical (1866) : peinture de l'Angleterre contemporaine, avec la réforme électorale et l'industrialisation des campagnes
Middlemarch (1871) : la vie de village, avec le destin que se choisissent les hommes et les femmes
Daniel Deronda (1876) : un roman ambitieux et foisonnant, où la vie des personnages est racontée dans leur complexité, et avec une incursion dans le sionisme. C'est le roman qui m'impressionne le plus.