La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 31 mars 2026

Lorsque j’entrai parmi eux, il me sembla véritablement que j’entrais en un autre monde !

 

Guillaume de Rubrouck, Voyage dans l’empire Mongol, 1253-1255, traduit du latin par Claire et René Kappler, édité à plusieurs reprises chez Payot (avec une très bonne introduction et d’excellentes notes complémentaires).

Guillaume de Rubrouck est un moine franciscain envoyé par Saint Louis vers l’Orient, le vrai, le lointain, le sauvage, vers Mog et Magog, les Mongols. S’il porte les lettres du roi, il n’est pas pour autant un ambassadeur officiel, les précédents contacts ayant été mitigés.

Nous entrâmes dans une plaine vaste comme une mer.

À pied et à cheval à travers l’immensité de la steppe, le voyage le mène jusqu’à Qaraqorum (dans l’actuelle Mongolie), et au retour il publie une longue lettre racontant tout ce qu’il a vu, dit et entendu.

Entre les Francs et les Mongols, l’entente est impossible. Pour les Mongols, les chrétiens ne sont pas des gens d’une religion donnée, mais un peuple parmi d’autres, à soumettre (et une fois soumis, la sécurité leur est garantie). Les Francs, eux, s’interrogent sur la possibilité d’une alliance contre les puissants sarrasins – on est en plein âge d’or perse et islamique et en pleine croisade.

Pourtant on n’est jamais en territoire totalement inconnu. Rubrouck succède à d’autres envoyés ou ambassadeurs. Surtout il y a là-bas des chrétiens : des vrais si l’on peut dire, des Hongrois emmenés en esclavage pour apporter leur savoir-faire au service de l’empire Mongol, et des nestoriens, indispensables intermédiaires et traducteurs, mais ennemis irréconciliables du franciscain.

En été, tant qu’il ont du comos (= du lait de jument fermenté), ils ne se préoccupent d’aucune autre nourriture. D’où, s’il arrive que meure un bœuf ou un cheval, ils sèchent la viande : ils la débitent en tranches minces qu’ils suspendent en les exposant au soleil et au vent, de telle sorte qu’elles sèchent aussitôt sans sel et sans dégager la moindre odeur. (…) Des peaux de bœuf ils font de grandes outres qu’ils sèchent de façon étonnante à la fumée.

Le moine rencontre Möngke, le khan de ce temps-là, et il reste près de quatre mois à sa cour. Ce qui est intéressant, c’est que Rubrouck constitue une source particulièrement fiable sur le mode de vie et l’organisation des Mongols. Il est d'ailleurs cité à plusieurs reprises par Marie FavereauLes yourtes en feutre, les déplacements sur les chariots, le lait de jument fermenté, les pratiques des chamans, les superstitions, la place des femmes, la liberté religieuse (ne croise-t-il pas des moines bouddhistes, des chamans et même un lama du Tibet), la diversité des peuples présents en ces confins… il raconte tout cela, vu à l’occasion de ce périple unique.

Il nous fallut deux mois et dix jours pour arriver chez Batou, sans voir jamais aucune ville, ni les traces d’aucun édifice, hormis des sépulcres, à l’exception d’un petit village, où nous ne pûmes trouver de pain. Et jamais nous n’eûmes de repos pendant ces deux mois et dix jours, sauf un seul jour où nous n’avions pu avoir de chevaux. Notre retour se fit en grande partie par les mêmes peuples, mais en général à travers d’autres régions.

Et maintenant, je m’en vais dénicher quelque chose sur Marco Polo.

L'exploration de l'ordinateur en quête d'une illustration pertinente ayant fait chou blanc, je me suis dit que cette représentation de Saint Jean (Tapisserie de l'Apocalypse d'Angers) figurerait bien notre moine.


samedi 28 mars 2026

Images de la création du monde


Intermède… Ayant réussi à épuiser tout ce que mon ordinateur contenait comme potentiel billet touristique, et partant prochainement en voyage, j’ai cherché comment occuper les deux weekends intermédiaires. Je vous propose donc le retour des billets dits iconographiques (sélection arbitraire de représentations d’un thème donné), cette fois sur la Genèse. Plus exactement, aujourd’hui les sept premiers jours de la création du monde et la semaine prochaine un court séjour dans le jardin d’Eden.


Au commencement... oui, à la genèse... il y avait… peu de choses, mais Dieu crée le monde en six jours et à la fin il trouve ça plutôt bien.
Dans les arts, cela donne quoi ?

D’abord, masterpiece, la tapisserie de la Création de Gérone (dont je vous ai déjà parlé). Ce n’est pas une tapisserie, mais une broderie de laine et de lin, réalisée au 11e ou au 12e siècle en Catalogne. Elle mesure près de 12 mètres carrés et a été beaucoup restaurée.

En son centre le Créateur. Autour de lui, des moments de la création du monde : des anges et l'Esprit saint, la séparation des eaux du haut et des eaux du bas, la séparation des eaux et de la terre, la création des animaux volants et des animaux nageants, la création des humains avec (à gauche) la petite Ève qui sort de la côte d'Adam et Adam qui attribue leur nom aux animaux (à droite).


Tout autour, diverses personnifications du calendrier, des saisons, des astres et des vents.


Dies Solis : Sunday, c'est dimanche. Et un des vents jouant de deux trompettes sur sa grande outre.

Cette broderie a été énormément restaurée, de diverses manières, on essaie donc d’être prudent, mais quand même, quel morceau !

Elle peut s’admirer au musée de la cathédrale de Gérone.


Antiphonaire de 1450, tempera sur parchemin, Fondation Cini. Il ne s’agit pas vraiment de la création du monde, mais vous pouvez admirer Dieu, vieillard barbu, en train de flotter sur les flots outremers, contemplant un globe qui porte une minuscule croix. Une vision unifiée de l’espace et du temps.


À Gloucester (vous savez ? l’extraordinaire cathédrale de Gloucester), les vitraux du cloître montrent les eaux de la mer séparées du ciel et les oiseaux qui s’envolent sur le ciel, ainsi que les montagnes, les arbres et la terre qui viennent de naître.

Mais le boss de la peinture de l’Ancien testament, c’est bien évidemment Chagall. Sa grande toile, La Création du monde (musée de Nice) ne représente pas le début du texte de la Genèse, mais donne une vision synthétique de la Bible, avec les tables de la Loi données à Moïse, la Crucifixion, des anges, des musiciens, des prophètes, le petit peuple du shtetl, etc., dans un immense tourbillon plein de vie et de couleur.

Une gouache de Chagall représente le sixième jour : Dieu crée l'homme (1930, musée de Nice), avec un Dieu qui court et porte le corps de l’être humain en s’enfuyant devant l’obscurité. Ce Dieu là semble protecteur.

La semaine prochaine, nous passerons quelques heures dans un merveilleux jardin avec deux jeunes héros plein d'innocence (et puis après ce seront les vacances !).


jeudi 26 mars 2026

In fact, it was largely against Boucher that Diderot defined his own pictorial aesthetic and taste.

 

Melissa Hyde, Making Up the Rococo. François Boucher and His Critics, édité par le Getty Research Institute, 2006.

Je vous ai déjà parlé ici du rococo, mais assez peu de François Boucher, pourtant son principal représentant, à tel point que, quand le mot « rococo » a été inventé au moment de la Révolution, terme péjoratif, il était quasiment synonyme de Boucher ou… de Pompadour. Et oui.


Le point de départ de Hyde se situe au moment de la Révolution, quand David et ses élèves et les critiques se construisent par opposition à ce qui les précède : la peinture néoclassique serait une peinture virile, républicaine, morale en opposition à ces petits marquis poudrés ridicules. Une opposition que les historiens de l’art ont eu un peu trop tendance à prendre pour argent comptant (que l’on retrouve d’ailleurs sous la plume d’Eaubonne) – David omettant soigneusement de parler de ses peintures de jeunesse.
Alors Hyde se penche sérieusement sur le dossier, les peintures de Boucher d’un côté, les textes des critiques d’art de l’autre.

It may be that the very strategy of genreing a genre or a style as feminine, or of identifying an artiste like Boucher as a "ladies’ painter", all in the service of elevating and privileging Grand Manner history painting, distorted the realities of women’s involvement in the arts. But these texts also surely evince women’s presence in the aesthetic culture to a degree that heretofore has not been acknowledged.

Les femmes auraient mis la main sur les commandes artistiques (est-ce vrai ? Ou Boucher peint-il également pour les hommes et les femmes ?), notamment une, « la Pompadour » – c’est elle, ce sont elles que l’on critique. Elles seraient responsables de la décadence de la grande peinture (les commandes pour les hommes sont-elles si différentes ?). En l'occurrence, on reproche au peintre sa teinte rose, fardée, symbole du maquillage, de la frivolité, de l’artifice et de la fausseté.

Surtout la peinture de Boucher serait trop indifférenciée : les femmes sont bien des femmes, mais les hommes ne tiennent pas assez de leur sexe et la grande mythologie ne se distingue pas assez de la pastorale. En parallèle, au théâtre, le public adore les pièces où les femmes jouent des rôles d’hommes qui se déguisent en femme, avec tous les quiproquos associés (il y a Marivaux, mais vous avez peut-être vu le film Les Amours d’Astrée et Céladon). Pour l’élite culturelle des années 1750, l’ambiguïté, qu’elle soit sociale ou sexuelle, est une valeur recherchée. Mais pour les critiques d’art, c’est absolument insupportable.

Boucher’s pastorals and his history paintings also failed because they eluded clear catagorizations : they, too, closely resembled each other – an ambiguity that also labeled them as feminine. Boucher’s painting can no more be considered essentially feminine than essentially masculine – properly, they ought to be understood as boh and neither.

Analysant finement les compositions de plusieurs peintures, Hyde montre que le peintre, parfaitement capable de représenter un homme bien musculeux quand il en a envie, choisit sciemment de jouer sur les diverses ambiguïtés visuelles, s’adressant à un public de connoisseurs, confondant Jupiter et Diane dans des chairs roses, les plaçant dans les mêmes fourrés que les bergers, jouant avec le pinceau sans s’occuper ni des poètes, ni des critiques, attentif à la seule peinture.

Cette analyse très précise est très stimulante. Évidemment là encore il manque l’examen des dessins et de la matérialité des œuvres de l’incroyable dessinateur que fut Boucher, mais j’apprécie ce travail si fin, d’une œuvre à l’autre. Les peintres s’expriment par la peinture et pour la peinture.

Boucher, La Nymphe Callisto séduite par Jupiter sous les traits de Diane, 1759, Kansas-City, Wikipedia.
Connaissez-vous l'histoire racontée par Ovide ? Une domination brutale, masculine et divine, une histoire mythologique, alors que Boucher supprime tout cela et montre avec beaucoup de malice une scène de complicité sensuelle rêvée au creux des buissons - destinée au regard voyeur de ses commanditaires, hommes et femmes... un doux rêve peut-être... En tout cas, la hiérarchie "naturelle" et le grand dieu sont égratignés.


It was critics with investments in the polar opposition of man and woman who anxiously labeled the ambiguities of gender and genre in Boucher’s paintingsas exclusively feminine. It was these critics who critiqued a world that was not so binary in terms of a binary model of gender. For Boucher’s defenders and his public, the status of his works would have been less decided given their playful uncertainties, their graces, which corresponded to social ideals and polite fashions that attenuated differences between the sexes.

Alors certes, c’est un livre que vous ne lirez pas. Et en plus, la plupart d’entre vous ne connaissez pas très bien la peinture de Boucher. Mais regardez ce que l’on peut faire en histoire de l’art ! Il ne s’agit pas seulement d’accrocher de belles œuvres aux murs et de baptiser ça « exposition ». Cette monographie informée des débats sociaux et culturels d’une époque ne se contente pas de dire « telle œuvre a eu du succès critique et telle autre non ». Non, on fait travailler ensemble la peinture d’un artiste (qui lui, n’écrit rien et s’exprime uniquement par le pinceau) et les textes des critiques et on regarde là où ça s’entrechoque.




mardi 24 mars 2026

Qui parle aujourd'hui des « peintresses » du Moyen Âge ?

 

Françoise d'Eaubonne, Histoire de l'art et lutte des sexes, parution originale 1978, réédité en 2025 aux Presses du réel avec une préface de Fabienne Dumont.

Histoire de l'art et anti sexisme. Cet essai est composé d'une introduction théorique assez lourde et d'analyses d'oeuvres : portraits de Juliette Récamier et de Germaine de Staël par David et Gérard, Enlèvement de Proserpine par Rembrandt et de Rubens, Enlèvement de Ganymède par Michel-Ange, Rubens et Rembrandt, peintures légères du 18e siècle, œuvre d'Anastaise, eaux-fortes des horreurs de la guerre de Goya, etc.


J'avoue avoir un peu de mal à savoir quoi penser de ce texte, pour plusieurs raisons. D'abord, Eaubonne emploie la langue du militantisme, virulente et un peu cash, qui est un peu éloignée de moi. Son propos est de répondre à un historien de l'art marxiste et de lui prouver qu'en matière d'histoire de l'art, comme de tout le reste, la lutte des sexes vient avant la lutte des classes. Vu le passif de l'histoire de l'art en matière de sexisme et de misogynie, cette mise au point n'a rien d'inutile, mais je suis loin de maîtriser cette histoire-là.
Par ailleurs, des ouvrages d'histoire de l'art marqués par les théories gender, j'en ai lu, surtout sur le 18e siècle, écrits par des historiennes de l'art spécialisées, au ton militant également, mais s'inscrivant dans la discipline universitaire (qui m'est beaucoup plus familière). Comme Eaubonne ne semble avec lu aucun de ces livres (pas même le fameux manifeste de Linda Nochlin), j'ai tendance à trouver ses propos un peu simplistes ou insuffisamment argumentés, ce qui n'est pas faux, mais est un peu injuste aussi.

C'est pourquoi il a fallu des preuves non écrites mais plastiques de la participation féminine à ce que nous considérons aujourd'hui comme faisant partie des arts, au cours des périodes pré-Renaissance ; ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres de l'oubli où l'on a plongé toutes les activités féminines débordant le cadre voulu par le sexisme.

Alors ? Les analyses d'oeuvres ont incontestablement quelque chose de stimulant, certaines plus que d'autres selon les affinités personnelles. Eaubonne met le doigt sur certains faits (c'est pas beau de pointer, dira-t-on doctement, mais il faut bien que quelqu'un se dévoue pour le faire) et incite surtout à se poser des questions. Elle s'appuie beaucoup sur le contexte de création de l'oeuvre, du moins celui des destinataires ou commanditaires, plus que sur celui de l'artiste, se refusant à une histoire des styles, catégorisée comme bourgeoise. Elle ne s'intéresse absolument pas à la matérialité de l'oeuvre, mais inscrit les œuvres qu’elle examine dans une histoire plus longue, celle des femmes, de leur place, de la sexualité, de sa représentation.
Elle emprunte à diverses disciplines, histoire sociale, psychanalyse, littérature, histoire, richesse de la pensée qui entrecroise rapidement des apports très différents – aujourd'hui c'est une pratique normale de l'histoire de l'art, mais l'était moins à cette époque.

Ce livre a 50 ans, il a vieilli, mais ses formules gardent leur percutant. Je me demande ce qu'en penserait quelqu'un n'ayant pas mon petit background d'historienne de l'art, ou quelqu'un pleinement plongé dans la lutte antisexiste. Quant à moi, cette lecture m'a donné envie de ressortir mes vieux livres d'histoire de l'art. Je vous en reparle dès jeudi.

Si vous n’y connaissez rien, je vous encourage à aller faire un petit tour sur la page Wikipedia d’Anastaise.

En 1908, lorsque Suzanne Valadon fait preuve de tant de traits si peu féminins qu'on doit, pour l'excuser, se souvenir qu'elle est fille de maçon, Marie Curie a découvert le radium, Emma Goldmann et Rosa Luxembourg ont couru l'Europe et tenu des meetings (…) ; le monde a changé depuis Vigée-Lebrun et même Berthe Morisot.

David, Le Serment des Horaces, 1784, Louvre, image Wikipedia.

On voit là que les critiques lancées contre Le Serment des Horaces appartiennent à deux espèces : les reproches des cuistres visent aussi bien les arcs et les colonnes, le tranchant des contours, que la crudité des teintes ; mais d'autres, plus fondés, appartiennent à une catégorie de gens qui refusent de toutes leurs forces ce qui annonce leur fin prochaine ; et il est parfois difficile de les distinguer à travers la mauvaise foi du prétexte. (…) Le XVIIIe siècle finissant veut y lire son avenir ; il s'y voit austère, mâle, démesuré, romain, républicain.


samedi 21 mars 2026

Un dimanche à Auvers-sur-Oise


Aujourd'hui, nous passons la journée à Auvers-sur-Oise. Il fait très beau (oui, c'est le mois de mai 2025) et c'est la saison idéale.

Au 19e siècle, le train depuis Paris était direct et il était alors facile de se rendre à la campagne, notamment pour un artiste peintre.

En 1860, le peintre paysagiste Charles-François Daubigny amarre son bateau-atelier, Le Botin, sur la berge de l'Oise au pied du village.  Il commence à peindre (et à organiser des parties de campagne avec les potes) sur son bateau, au plus près de l'eau.

Daubigny, Le bateau atelier, croquis à l'eau-forte, Musée Daubigny, Auvers-sur-Oise. Amarré au milieu de la rivière, on peut peindre sans être dérangé et à l'abri de la pluie.


Daubigny s'est d'ailleurs installé définitivement à Auvers et on peut visiter sa maison-atelier. La maison a été construite en 1861 par l'architecte Oudinot et entièrement décorée par les amis artistes. Les toiles sont aujourd'hui dispersées (un Daumier à Orsay) et remplacées par des copies, mais l'atmosphère de la maison est bien là. Et surtout il reste les peintures murales originales.

La chambre à manger est petite, mais ornée de grands panneaux champêtres de Daubigny. Le fils Karl peint le coq et la fille Cécile les panneaux de fleurs au-dessus des portes.

Manger avec vue sur le jardin et entouré de végétation et de lapins.


Après un petit cabinet, nous pénétrons dans la chambre de Cécile, fille de l'artiste. Les murs sont décorés de peintures de Daubigny, avec l'ajout de quelques touches par Cécile et par le petit dernier, Benjamin, 10 ans, qui peint une poignée de cerises.


Regardez comme c'est bucolique.

L'alcôve est remplie par la végétation et les oiseaux y ont fait leur nid.

Fables de La Fontaine, oiseaux, feuillages, jouets, fleurs, instruments de musique... une certaine idée du paradis.


L'atelier est la pièce maîtresse. Corot réalise des peintures sur carton (elles sont aujourd'hui à Baltimore) et le groupe de peintres s'occupe, les jours de pluie, à les transposer sur toile marouflée pour les murs. Aujourd'hui, elles sont toujours en place. L'architecte Oudinot conçoit la cheminée et les dessus de porte. Cécile et Karl participent également au décor.

Un grand atelier, dont les parois s'ornent de la verdure floue de Corot... arbres, feuillages et étendues d'eau.

Le lieu est tout petit, il faut y aller quand il n'y a personne. C'était notre cas en mai dernier, nous avons flâné dans cette verdure peinte, ravie par la simplicité et le charme du lieu.

Juste à côté se trouve le musée Daubigny, petit musée d'art. Je me souviens uniquement d'une peinture de Steinlein représentant un chat.

Vincent van Gogh quant à lui arrive à Auvers en mai 1890 par chemin de fer, invité par le docteur Paul Gachet afin d'y suivre des soins et une thérapie. Il meurt en juillet dans sa chambre de l'auberge Ravoux et il est enterré dans le cimetière d'Auvers.


L'
église Notre-Dame-de-l'Assomption a été immortalisée par Van Gogh.

Il y a aussi un « château » qui organise des expositions, mais je ne l'ai pas visité.


Initialement, j'étais un peu sceptique sur l'intérêt de me rendre à Auvers-sur-Oise, avec les foules de fan de Van Gogh (évidemment on peut manger à l'auberge Raoux), mais la lecture des Gardiens du Louvre de Jiro Taniguchi m'a fait découvrir l'atelier de Daubigny et m'a donné terriblement envie d'y aller. Je ne regrette pas. Cette journée du mois de mai avec un ami était une réussite. Il faisait très beau. Il y avait des iris et des rosiers en fleur partout. La maison-atelier de Daubigny était déserte et le lieu est tout simplement charmant. Nous avons acheté à manger au petit marché, puis prenant à travers les champs et à travers les bois, nous sommes allés jusqu'au cimetière voir la tombe de Van Gogh. C'était champêtre et tranquille. Nous avons pris un verre en face de la fameuse auberge à touristes. Bref, je vous conseille vivement l'excursion !

Le dimanche à la belle saison, il existe un « train des impressionnistes » direct depuis la gare du Nord jusqu'à Auvers. Le reste du temps, c'est le train H, depuis gare du Nord, changement à Pontoise ou à Valmondois.

La semaine prochaine, quelque chose de complètement différent.