On pourrait croire que je suis une inconditionnelle de l’Angleterre, mais ce n’est pas le cas (bonjour le système de santé et les écoles privées). Cependant, il y a des choses qui existent là-bas et qui mériteraient d’être importées chez nous pour le bien-être de tout le monde : les toilettes gratuites partout, la présence de personnel avec un fort sens du service dans les transports et les public footpaths. Aujourd’hui, je vous parle des chemins, des sentiers, des voies…
Si l’on s’écarte de Londres et des centres villes, on constate rapidement que les villes sont quadrillées par un réseau d’allées ou de contre-allées. Elles passent à l’arrière des maisons, elles ne portent pas de nom, mais sont visibles sur Google Map, 1 ou 2 mètres de large, quelquefois des lampadaires, en général avec un minimum d’entretien pour éviter que les ronces ne les envahissent… Elles passent derrière les maisons, sont parallèles aux routes, empruntées par les vélos et les piétons… Ce sont ces voies qui en France sont systématiquement privatisées, car il est impensable que « des gens » passent derrière la maison sans qu’on puisse les voir. En Angleterre, elles sont utilisées, pas seulement pour promener son chien ou pour rendre visite à une voisine, mais bien pour circuler chaque jour pour se rendre au travail, ou à la fac, ou prendre le train, etc.
À 10 minutes du centre de Canterbury...
À la campagne c’est encore mieux. Voici que le chemin se glisse le long des champs, des prés, traverse une forêt… tiens, il faut pousser une barrière, un peu bizarre, et le chemin continue… il traverse un champ de maïs ( ??? oui, il manque bien une rangée de maïs pour laisser le passage à la piétonne française déboussolée), traverse carrément un pré avec des moutons ( ??? mais !) ou des vaches, soyons fous. Et là, il prend à travers le golf. Je me demande si j’ai bien le droit d’être là, on dirait bien que oui, mais quand même, qu’est-ce que donc que cela ?
| C'est par là. |
| Pardon madame, sorry... |
Tous ces chemins se situent sur des terrains privés, mais il y a un droit de passage public, et ils font partie des libres espaces de circulation ouverts à tous.
Je pense que l’on s’est tous retrouvé un jour dans un village de campagne où le seul moyen de 1. rejoindre un autre village ou acheter le pain, 2. rejoindre un chemin de randonnée, 3. circuler au sein du village, était de marcher au bord de la route, sans trottoir, sans accotement. C’est tellement dangereux qu’on en conclut qu’une voiture est indispensable pour parcourir les 3, 4 ou 5 kilomètres. Ne parlons pas du bord de mer où évidemment les propriétaires s’efforcent de fermer les chemins passant au bout de leur terrain. Il faut dire qu’en France les chemins sont destinés avant tout à se promener, et non à circuler au quotidien. Compliqué de penser qu'une paire de jambes puisse être un moyen de transport... On se rend en voiture sur les voies vertes. J’ai toujours vu les paysans labourer la route et faire disparaître les chemins du cadastre sans qu’aucune autorité ne s’en offusque.
Et donc je me suis mise à faire attention au sujet. Par exemple, dans le roman Persuasion, une des jeunes filles se tord le pied en sautant d’une barrière. Et on le voit très bien dans le film. Car en effet il y a des barrières, notamment pour empêcher le bétail de partir. Et tout le monde est très discipliné, et ouvre et ferme la barrière bien sagement. Par exemple, le chemin des falaises de Douvres qui est très fréquenté est aussi emprunté par de jolies petites vaches noires et le monsieur qui vient les soigner.
Bien sûr, je fréquente ces chemins en tant que touriste, et non au jour le jour. N’empêche que j’ai bien vu des endroits où le chemin qui traverse un pré relie la gare au centre du village. Il n’y a pas que les touristes.
Bref, ce serait si bien d’avoir ça chez nous.
On pousse, on tire, quelquefois un peu d'escalade...
Il y a eu au 19e siècle l’organisation de randonnées collectives pour marcher sur des terres privées et fermées, notamment dans la région des Lacs, lieu du tourisme naissant pour la population ouvrière des villes. Finalement les tribunaux ont donné raison aux marcheurs et désormais les chemins publics ont un statut légal.
Je laisse brièvement la parole àWikipedia :
Comme le dit Solnit, la propriété ne confère pas des droits absolus sur l’espace et le paysage est un patrimoine collectif.
| Entre Canterbury et le village de Chartham, chemin emprunté par tous les gens qui bossent en ville. |
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| Entre la gare d'Hever et le château du même nom (et surtout les magnifiques jardins). |
Un des cartels du château de Knole fait allusion au fait que ce droit a été acquis de haute lutte.












