La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



dimanche 21 janvier 2018

Gâteau à la carotte

L’hiver, on achète des carottes pour faire de la soupe, de la purée et du gâteau à la carotte ! C’est ça, la cuisine responsable – respect de la saison et tout. Et puis, en hiver, même quand il fait 15 degrés, il est important de prendre des forces.

Le gâteau à la carotte

Pour 8 personnes (j’ai fait une version moitié plus petite)
Beurre
4 œufs
225 g de sucre en poudre (mettez-en moins)
30 cl d’huile de tournesol
9 carottes finement râpées (pas la peine de prendre des grosse carottes)
300 g de farine
1 cuil. à café de cannelle en poudre
1 cuil. à café de levure chimique
½ cuil. à café de bicarbonate de soude
½ cuil. à café de sel
150 g de noix hachées

Pour le glaçage (j’en ai fait beaucoup moins, là c’est vraiment beaucoup)
125 g de beurre ramolli
250 g de fromage frais (type Carré frais)
½ cuil. à café d’extrait naturel de vanille (pas mis)
50 à 75 g de sucre glace

Beurrer le moule.
Battre les œufs et le sucre. Incorporer l’huile. Ajouter les carottes, la farine, la cannelle, la levure, le bicarbonate, le sel et les noix.
Verser la préparation dans le moule et cuire au four 30-40 minutes à 180°.
Attendre que le gâteau ait refroidi pour mettre le glaçage.
Pour le glaçage, battre le beurre, le fromage et le sucre glace.


C’EST TROP BON ! Et ça donne bon caractère et fait les fesses roses.

La recette provient de ce livre :  Breakfast, Lunch, Tea de Rose Bakery (2007).

vendredi 19 janvier 2018

C’est pis que tout ce que j’avais pu rêver. Ils sont perdus !

Henry James, Le Tour d’écrou, parution originale 1898, lu en ebook gratuit et donc il n’y a pas le nom du traducteur bien sûr.

Relecture d’un classique que j’avais un peu sous-estimé.
Des hommes (les femmes sont couchées) racontent des histoires le soir au coin du feu pour se faire peur. L’un d’eux lit le manuscrit d’une ancienne institutrice. La très jeune femme est chargée d’une petite fille et d’un jeune garçon dans une grande demeure de la campagne anglaise. Ils sont adorables. Et peu à peu des choses bizarres et effrayantes se produisent.
Ce roman américain constitue un hommage appuyé aux grands romans anglais (Jane Eyre n’est pas loin) et particulièrement aux romans gothiques (Les Mystères d’Udolfe sont explicitement cités). Belle campagne, jardin, maison aux nombreuses chambres et à grande domesticité, bougie qui s’éteint toute seule et apparitions inexpliquées, tout est là. Le récit est mené sur un ton exalté tout à fait prenant. L’héroïne se délecte de sa frayeur et de ses larmes, mais affronte vaillamment ses responsabilités, de façon à repousser sans cesse l’horreur un peu plus loin – on n’est pas loin du thriller en ce qui concerne cette technique narrative.

Je sais comment tirer de mon histoire un récit capable de faire comprendre mon état d’esprit : durant cette période, je trouvais littéralement de la joie à m’abandonner à l’envolée héroïque que l’occasion exigeait de moi.

Je pense qu’à ma première lecture j’étais un peu passée à côté de certains enjeux. Les interdits sexuels sont tellement forts qu’ils ne sont évoqués que par des sous-entendus tellement lointains qu’il est facile de ne pas tout comprendre de certaines « horreurs » évoquées. Sur ce plan le roman est un peu daté. Toutefois, il mêle à la perfection puritanisme et fascination pour le mal, surtout quand il est imaginé.
 
G. Brown, Sizewell C 2016, Coll. privée, M&M.
Le lecteur oscille entre interprétations surnaturelles et rationnelles des évènements et rien ne sera tranché à la fin. C’est cette absence d’explication qui constitue une des réussites du roman, car le lecteur ne parvient pas à faire la part des choses entre tout ce qui lui est raconté. Avons-nous affaire à un roman fantastique avec des fantômes ou à un roman plus psychologique, dont l’intrigue plonge dans la psychanalyse ? Et quel est le plus horrible des deux ? Et l’institutrice a-t-elle conscience de cela ou est-elle trop ignorante pour saisir ce qui se passe ? Quel est le danger véritable et est-ce vraiment un danger ?
L’institutrice ne nous dit pas tout, par volonté de cacher ou par ignorance. On ne peut s’empêcher de se dire que son éducation puritaine et sa sentimentalité excessive perturbe ses perceptions. Comment savoir ce qui se passe vraiment ? Et comment cela va-t-il finir ? Rien ne sera dit.

Il sembla dire que ce n’était pas si simple que cela, mais qu’il ne pourrait trouver des termes exacts pour s’exprimer. Il passa sa main sur ses yeux, eut une petite grimace douloureuse :
- « Comme horreur. Comme horreur - horrible !
-       - Oh ! C’est délicieux ! » s’écria une femme. 

L’avis de Nathalie.


mercredi 17 janvier 2018

Personne n’avait été aussi amical avec lui depuis une éternité.


John Yeoman, L’Ours et l’ermite, illustré par Quentin Blake, traduit de l’anglais par Cécile Dutheil de la Rochère, parution originale 1984, édité en France par Salvator Famille.

C’est l’histoire d’un ours, très gentil, mais benêt et maladroit – du coup tous les animaux l’évitent. Il rencontre un ermite (il vit dans une grotte, mais cela semble assez confortable) disposé à le prendre pour élève. Les leçons virent à la catastrophe, mais ces deux là s’entendent quand même très bien.
Un roman jeunesse plein de douceur, mais aussi d’humour. De nombreuses erreurs de l’ours sont en effet dues à des incompréhensions de langue, ce qui est tout à fait réjouissant et ce qui amène l’ermite à surveiller de près son langage. Bien sûr cette histoire d’amitié n’est pas très originale, mais j’avoue que l’ermite parvient jour après jour à trouver un nouveau sujet d’apprentissage pour l’ours, tout en essayant d’éviter tout ce qui serait trop dangereux. Il se creuse la tête le plus gentiment du monde, avec beaucoup de finesse et d’attention pour ne pas vexer ce gros balourd.
Ajoutons au plaisir de lecture les dessins de Blake, griffonnés avec vivacité, nerveux et pleins de charme.

Peu habitué aux portails, l’ours n’était pas sûr de savoir l’ouvrir et il avait peur de se ridiculiser devant son nouvel ami. Heureusement il fut très vite rassuré : il lui suffit d’une imperceptible secousse pour retirer le portail de ses gonds et de glisser dans l’ouverture. Puis il le déposa soigneusement contre l’arbre pour ne pas abîmer ce qui était à l’ermite. Ce dernier comprit que l’ours avait un besoin urgent de cours particulier.



Merci à Babelio et à Salvator Famille pour cette lecture.