La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



Affichage des articles dont le libellé est Ville Ranta. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ville Ranta. Afficher tous les articles

mercredi 22 janvier 2014

Plus je vieillis, plus je me vois dans ces broussailles en bordure du fleuve.


Ville Ranta, Sept saisons, traduit du finnois par Kirsi Kinnunen, 2013, édité en France chez Çà et là.

Ce volume évoque un monde proche de celui de L’Exilé du Kalevala. Nous nous situons ici à Oulu, un port de la côte nord-ouest, une toute petite ville, dans les années 1840, à une époque où la Finlande, loin d’être indépendante, appartient à l’Empire russe. Le livre insiste sur le poids du protestantisme, dans les mentalités et dans les relations sociales. Le peuple est massivement illettré et des prêcheurs charismatiques essaient de s’imposer. L’élite sociale et culturelle est numériquement réduite et isolée, à la merci de la volonté de l’empereur et du peuple. Et surtout chacun vit ses désirs dans la culpabilité et le secret, mais la chair est omniprésente. Nous suivons un petit groupe d’individus, dans leurs passions et leurs déceptions.


Autant le dire, ce volume est à mon sens bien plus réussi que le précédent. Le prétexte du récit est plus fourni, plus riche, plus intéressant. Là-encore, la vie en Finlande est parfaitement rendue dans ses détails. Peut-être parce qu’on ne retrouve plus la folie de Lönnrot (qui fait pourtant une apparition), j’ai eu moins de difficulté à suivre et à identifier les personnages.

Le dessin s’est élargi, il gagne en amplitude et en respiration. Et l’aquarelle n’ajoute pas seulement de la couleur, elle donne une atmosphère. La lumière propre à chaque saison (la nuit permanente, le jour constant, la neige, la neige fondue…) est rendue par ces larges aplats de couleur. Le paysage et les états d’âme tourmentés des personnages s’accordent. Cette lecture me ravit.


L'avis de Lili. Merci aux éditions Çà et là et à Babelio pour cette lecture. 

vendredi 3 janvier 2014

Du matin au soir, je transcris les chants que j’entends depuis deux jours.


Ville Ranta, L’Exilé du Kalevala, parution originale 2008, traduit du finnois par Kirsi Kinnunen, édité en France chez Çà et là.

Une bande dessinée sur Elias Lönnrot, l’inventeur du Kalevala. Je rappelle pour les nouveaux et les distraits que le Kalevala est la grande épopée en langue finnoise. Lönnrot l’a (re)découverte au XIXe siècle en recueillant des poèmes et chansons anciennes, à un moment où la Finlande n’était pas encore un État indépendant. J’en parle notamment ici.
Cette bande dessinée n’est pas du tout documentaire et donne un portrait très libre de Lönnrot, médecin perdu dans un fonds de bled dans la forêt, qui parcourt le pays à skis pour recueillir ces récits. Il est présenté comme obsédé par les femmes, picolant pas mal et se débattant avec sa famille sur les bras, mal dans sa peau.




La Finlande est alors sous administration russe et cela joue un petit rôle. Le récit se déroule à la campagne, on voit le sauna, les lacs, la neige, l’habitat traditionnel, la misère matérielle des habitants.
 Les dessins sont des traits noirs, schématiques, un peu caricaturaux (on a quelquefois du mal à différencier les personnages), pas du tout esthétiques, comme des crayonnages.

C’est un livre sympathique, qui me laisse sur ma faim, parce que j’en aurais aimé mieux connaître Lönnrot. Je suis déçue, je le trouve un peu vide. Mais je suis en train de lire le nouveau volume de Ville Ranta, dont je vous parle bientôt.