Catalina de Erauso, La Nonne-soldat, publié en 1624 ou en 1894 ou entre les deux, traduit de l’espagnol (ou pas) par José-Maria de Heredia, préface de Sophie Rabau, aux éditions Anacharsis.
C’est en Espagne au début du XVIIe siècle. Une jeune fille s’échappe du couvent, se travestit en homme et commence une vie d’aventures. Elle embarque pour le Mexique, se fait soldat, et va de duel en duel. Un récit nerveux, court, sans fioriture, un peu rasoir comme le sont les mémoires de ce temps-là.
Ou pas.
C’est un homme de lettres français, né à Cuba au XIXe siècle, poète, qui nous fait le coup du manuscrit trouvé et traduit, et produit un faux plus vrai que nature…
Ou alors c’est un homme du XVIIIe siècle qui feint d’écrire des mémoires d’une femme se faisant passer pour un homme ?
Ça se complique.
| Création d'Alexander McQueen pour Givenchy, Robe du soir et boléro à l'espagnole, 1997 (Givenchy Patrimoine) |
C’est une curiosité, dont tout l’intérêt réside dans le choix que décidera le lecteur. Qu’il choisisse de lire le récit d’un homme ou d’une femme, d’un témoignage authentique ou d’une œuvre de fiction, et il ne lira pas exactement le même texte. Que penser en effet de ces duels et des fuites à répétition ? Et de toutes ces femmes qui tombent amoureuses du soldat, qui s’échauffent et ne se doutent de rien ? De ces moines qui soignent vertueusement le soldat blessé et sont très discrets sur son anatomie ? On n’est pas très loin des romans gothiques et de Lewis, ou des romans invraisemblables du XVIIIe siècle. Une curiosité littéraire.
Une nuit, elle m’enferma, me déclara que, malgré que le diantre en eût, il me fallait dormir avec elle, et me serra de si près que je dus jouer des mains pour m’esquiver.
Deuxième participation (ou pas, n'est-ce pas) au mois espagnol de Sharon.
