Hans Christian
Andersen, Contes, traduit du danois
par Régis Boyer (qui est mort cet été). Andersen a publié 156 contes entre 1835 et 1873. L’édition
Folio en reprend une trentaine.
Tout un petit monde.
Comme cela fait du
bien de se plonger dans les vrais contes d'Andersen ! Et de (ré)découvrir le vilain petit canard, le soldat de plomb, la princesse au petit pois et autres
créatures dont le nom nous dit vaguement
quelque chose via je ne sais quel
dessin animé. J'ai été agréablement surprise par le ton de ces récits, à la
fois souvent ironique et affectueux. Si le héros pauvre mais travailleur (et surtout ingénieux) arrive à conquérir la riche et belle jeune fille
de ses rêves, ce ne sera pas sans une critique du snobisme et des préjugés sociaux. Le
héros pauvre peut d’ailleurs également envoyer bouler la princesse pas très
futée. Certains contes sont entièrement de l'invention d'Andersen, tandis que d'autres puisent à un vieux fonds commun. Dans certains récits Andersen
utilise ses souvenirs de voyage pour évoquer des décors espagnols ou suisses,
avec plein de détails pittoresques. Le côté plaisant provient souvent
d'ailleurs de la présence de détails grotesques et amusants.
Puis ils mirent le soldat dans le carrosse du roi, et les trois chiens dansèrent devant en criant : "Hourra !" et les garçons sifflèrent dans leurs doigts, et les soldats présentèrent les armes. La princesse sortit du château de cuivre et devint reine, et cela lui plut bien ! Les noces durèrent huit jours, et les chiens prirent également place à table, en roulant de grands yeux.
Le fantastique et le
surnaturel ne sont pas toujours présents,
il s'agit aussi souvent du récit d'une destinée singulière et courageuse. Les héros
peuvent être des animaux, des objets ou des plantes, tout un peuple avec ses
rêves et ses désirs (on croise ainsi une théière, un bousier, un sapin, etc.).
Il faisait si bon à la campagne. C'était l'été, les blés étaient jaunes, l'avoine, verte, on avait mis le foin en meules dans le pré, la cigogne y déambulait sur ses longues pattes rouges en parlant égyptien car elle avait appris cette langue de sa mère. Autour des champs et des prés, il y avait de grandes forêts et, au milieu de ces forêts, des lacs profonds. Oh oui ! il faisait vraiment bon à la campagne !
Bref, prenez le temps de revenir à la source. C’est un
plaisir de lecture, totalement rafraîchissant.