1er août, rangeons les livres, chaussons les sandales et empoignons l’appareil photo. Je vous propose une balade sur la Côte d’Azur.
Tout d’abord, étape à Menton. Nous nous rendons à l'hôtel de ville, où la salle des mariages a été décorée par Jean Cocteau en 1956.
La pièce est sans fenêtre, avec un éclairage électrique assez pourri, mes photos sont toutes grises, mais on essaie de se concentrer. Ici la vue quand on est dans l'assistance.
Tout au fond, sous le soleil, les deux fiancés. Elle porte un grand chapeau qui est niçois alors que lui a un bonnet de pêcheur. Il a aussi un oeil en poisson.
D'un côté une noce imaginaire. La fiancée est assise en croupe derrière son homme, sur un beau cheval blanc. Derrière on apporte des présents, des fruits et des fleurs. Une matrone est assise, des hommes commencent à danser ; un autre homme semble emporter sa belle.
C'est Cocteau qui a aussi conçu le mobilier, sièges, candélabres, etc.
En face, une femme est soutenue par deux compagnes. C'est Eurydice qui est morte et qui s'écroule.
Derrière des centaures furieux. Texte de Cocteau : "Aussitôt les hommes s’animalisent, deviennent centaures, s’entretuent et massacrent des bêtes innocentes."
De ce côté-ci Orphée laisse tomber sa lyre. Un flamant rose est atteint par une flèche et s'écroule. Les centaures sont criblés de flèches
Les lignes qui ornent les corps ressemblent à des tatouages, que Cocteau envisageaient peut-être comme primitifs, renvoyant en tout cas à une humanité lointaine, loin de l'occident du 20e siècle. Les formes sont stylisées, étrangement posées et élégantes, alors que le récit est d'un côté celui d'une fête, de l'autre celui d'une mort.
Et au plafond ? La poésie chevauche Pégase, mais elle semble prête à tomber
L'amour s'apprête à tirer une flèche mais complètement à l'envers. Un être ailé jongle avec des planètes, ce serait la Science. C'est très bas de plafond et on a un peu l'impression qu'on va tout se prendre sur la tête, les planètes et Pégase, c'est très loin d'être confortable.
La tragédie affleure toujours dans tous les moments de la vie humaine, notamment les mariages. Mythe et noce méditerranéenne, fête et combat féroce. Ce décor n'est pas doucement joyeux et festif.
La salle des mariages est toujours utilisée pour les mariages, vous comprendrez donc qu’elle ne se visite pas le samedi. J'ai déjà commis un billet sur Menton.
À quelques kilomètres de là, Villefranche-sur-Mer est une minuscule cité située juste à côté de Nice. La rade est belle, la citadelle impressionnante et les ruelles charmantes. Et en hiver, c’est vide et calme.
Jean Cocteau décore en 1957 la chapelle Saint-Pierre, chapelle des pêcheurs, qui appartient toujours à la Prud’homie des pêcheurs de Villefranche.
Sur un côté l'arrestation de Saint Pierre.
En hiver, Villefranche est désert et on peut dormir à l’hôtel La Régence, qui est très sympathique, et prendre le petit-déjeuner dans le bar.
Un jour, j’irai à Milly-la-Forêt voir la maison et la chapelle de Cocteau.
| Photo de Lartigue. |
Pour ce mois d’août, Cléanthe nous propose de faire escale dans une station balnéaire. Elles sont innombrables certes, mais hélas je n’ai rien trouvé sur mes étagères. Snif. C’est pourquoi j’ai songé à cette alternative poético-picturalo-touristique.
Encore un billet avant le grand départ !