La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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dimanche 29 avril 2018

En Camargue

C’est la saison parfaite pour vous rendre en Camargue. Il ne fait pas encore trop chaud et les oiseaux sont là. J’y suis allée il y a un an et je n’avais pas trouvé le temps de vous montrer les photos. Alors... il est grand temps !

J'avais commencé par la balade le long du canal de Lunel. Lunel (une ville à l'actualité bien malheureuse), je vous avais parlé de sa tour des prisons qui se visite et où on observe des graffitis remontant aux guerres de religions et du musée Médard où j'avais vu une exposition sur les indiennes.


Une promenade est aménagée le long du canal. Ce jour là, j'ai dû faire 25 kilomètres à pied - et oui, la Camargue, c'est PLAT !
Pas évident de voir les animaux qui m'entendent arriver de loin. De temps en temps un bruit d'ailes, un gros plouf, signalent que l'on est passé à côté de quelque chose...

Des bipèdes très sympathiques vivent également sur les rives (avec leur cortège de chats et de chiens). Et on croise ces bateaux-affuts, certainement utilisés pour la chasse au canard. On pêche également l'anguille.

Ah sur la rive d'en face, il y a de gros animaux... quel plaisir de les voir courir librement dans l'herbe !
Deux jours plus tard j'étais au parc ornithologique du Pont de Gau pour 3 heures de bonheur !

 Une palanquée de flamands roses (on les voit voler mais je ne dégaine pas assez vite).

Des spatules plus timides.

Une sterne marine.


 Des ragondins. Plein de ragondins !

 J'ai aussi vu des chevaux, mais ils courraient trop vite pour mon appareil photo. J'y retournerai !



dimanche 4 juin 2017

Les indiennes

Vous avez aimé la visite de la Tour des prisons de Lunel ? Vous aimerez son musée Médard.

Louis Médard était un commerçant et un bibliophile, né à la fin du XVIIIe siècle et mort en 1841 qui a légué sa collection à la ville de Lunel. Embryon de bibliothèque municipale, c'est à présent un musée.
Au printemps s'y tenait une exposition très intéressante (et gratuite) sur le commerce des indiennes. C’est en effet de cette façon que Médard a fait fortune et a pu constituer sa collection.

Les indiennes, ce sont ces tissus de cotonnade légère, ornés de motifs colorés, fabriqués en Inde et que l’Europe découvre avec fureur au XVIIe siècle (les Européens portaient alors des vêtements majoritairement en lin et en laine et avec des couleurs unies). Pour diverses raisons (l’Inde était britannique, déficit de la balance commerciale, concurrence pour les commerçants français, bêtise), leur importation fut même interdite (entre 1686 et 1759) et donna lieu à une contrebande extraordinaire, puisque tout le monde en portait. Au fil du temps, les Européens se sont appropriés la technique et ont finalement pu en faire commerce. C’est le genre de cotonnade à la mode que portent les héros et héroïnes des romans romantiques.


Des catalogues d'échantillons, avec quelquefois les commentaires, les métrages commandés, les prix.


Les clients ont des dettes et ne sont pas tous bons payeurs. L'exposition montrait également des bons de commande de particuliers et de commerçants, des billets pour payer le transport de la marchandise, des reçus, des documents en lien avec la très importante foire de Baucaire où se réunissaient des commerçants de tous les pays pour acheter ou vendre toutes sortes de marchandises.


Les tampons de bois gravés et creusés qui, encrés, servaient à confectionner les motifs. Un tampon par couleur. C'était du grand art !



Les tissus importés depuis parfois fort loin (au XIXe siècle, toute l'Europe s'y est mis) étaient assemblés et cousus sur place selon les modes locales.


Si vous avez loupé cette exposition, vous pouvez vous consoler en allant voir celle sur le costume provençal à Grasse (dont je vous parlerai aussi). Je crois que la prochaine exposition du musée Médard portera sur le protestantisme.
Et sinon vous pouvez écouter cette émission sur le commerce des indiennes.



samedi 27 mai 2017

Tour des prisons de Lunel

J’ai effectué un bref passage par Lunel, entre Nîmes et Montpellier, au début du mois de mai. Un centre-ville ancien, mais avec de nombreuses maisons à l'abandon ou peu entretenu, la ville ne semble guère riche. J’étais logée dans une chambre d'hôtes charmante que je vous recommande et je me suis acheté du muscat de Lunel (soutenir le commerce de proximité est un engagement de chaque jour).
Et j’ai visité la Tour des prisons. Ce bâtiment faisait partie de l'enceinte médiévale et a servi de prison pendant plusieurs siècles. Des voleurs et beaucoup de vagabonds – l'errance étant sévèrement punie pendant tout l'Ancien régime où il n'était pas bon ne pas être connu. Avec un passé religieux intéressant (Lunel était un centre de philosophie juive pendant le Moyen Âge et fit partie des villes protestantes), les prisonniers des guerres de religion ont été nombreux (en l’occurrence, plutôt des catholiques). 
Ostensoir.
Les murs sont couverts de graffiti, les plus anciens datant du XVIIe siècle et le plus récent de 1915. Certains sont gravés, d'autres incisés, les plus récents simplement écrits sur les murs. Beaucoup d'initiales, de noms, de dates, d'appels à Dieu. Des croix, des calvaires, des ostensoirs ont transformé ces cellules en lieux de prières. 

Des calvaires.

Certains témoignages sont très émouvants. Les archéologues ont recensé plus de 300 graffiti qui se superposent. Le visiteur lambda ne les verra pas tous, mais en découvre quelques-uns, dans ce qui reste une visite rare et impressionnante.



 "Je suis un gros malheureux. Toute ma vie je n'ai connu que du malheur. Je suis né le 17 septembre 1894..."



Et c'est gratuit !