La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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jeudi 6 avril 2023

La guerre nous ralentit sans doute, mais elle ne nous arrête pas.


Barbara Baldi, Ada, traduit de l’italien par Laurent Lombard, parution originale 2018, édité en France par Ici Même.

 

En Autriche, en 1917, au fond de la forêt, un père vit avec sa fille, Ada (et le chien de celle-ci). Il est violent et autoritaire, la tue au travail. Elle est courageuse et ne dit rien. Elle a son secret, dans une cabane. Elle peint. Elle peint sur le papier qu’elle trouve, elle utilise les pigments qu’elle peut, mais c’est son monde. Un jour…


C’est encore un magnifique album de Baldi. Les planches sont superbes, grandes étendues aquarellées riches en couleurs et en formes trouble. Il y a peu de texte, mais l’atmosphère est rendue par la puissance du coloris. C’est que le silence permet de mieux se concentrer sur la couleur, sensuelle, évocatrice, lumineuse. Ada s’évade dans le paysage. C’est une histoire de résistance intérieure, qui raconte la nécessité de suivre sa propre voie/voix et sa vision intérieure. 
 

Tout comme dans La Partition de Flintham, l’album s’arrête quand tout devient possible, quand Ada sonne à la porte.
À noter la présence discrète d’Egon Schiele et de Klimt.

 

J’ai aussi lu La Partition de Flintham.

Une autrice.

 

Le billet de Marilyne, d’Eimelle et de Nourritures en tout genre.


 

 

jeudi 26 mai 2022

Elle a bien du courage.

 Barbara Baldi, La Partition de Flintham, traduit de l’italien par Laurent Lombard, parution originale 2017, édité en France par Ici même.

 

Au milieu du XIXe siècle, dans une immense demeure anglaise (Flintham), une grand-mère meurt, laissant à l’une des petites-filles l’argent et à l’autre la propriété. La première part à Londres pour faire un beau mariage et fortune. La seconde, c’est Clara, une jeune femme qui aime jouer du clavecin et s’occuper de ses animaux. Faute d’argent, le domaine n’est plus entretenu et la pauvre Clara doit essayer de gagner sa vie.

C’est un bel album un peu triste. L’histoire est mince. C’est l’histoire d’une jeune femme courageuse dans un monde cruel, obsédé par la réussite sociale et financière, sexiste, mais où les appuis peuvent surgir néanmoins quand on croit que tout est perdu. L’histoire aussi des sœurs qui prennent des chemins différents. Tout cela se passe dans ces immenses grandes demeures à domesticité hétéroclite et avec beaucoup de pudeur et de sensibilité.

L’album s’arrête quand tout commence. À vrai dire, j’ai trouvé que c’était un peu court, j’aurais bien profité davantage de ce rayon de soleil venant d’apparaître. L’intrigue manque de consistance, mais l’album campe avant tout une atmosphère avec ses illustrations. Elles sont superbes, envoûtantes, brumeuses. Les couleurs surgissent du néant, de la pluie ou de la neige, les personnages sont perdus dans un décor mouvant. C’est magique et surprenant.

J’ai noté de lire Ada.

  

L’avis d’Eimelle et de Nourritures en tout genre pour qui l’esthétique rappelle celle des romantiques allemands. C’est vrai qu’il y a un aspect de conte et une étrangeté.