La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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mardi 17 février 2026

Était-ce la raison pour laquelle cette nation allait à vau-l'eau et se prenait des raclées phénoménales au cricket ?

 

Abdulrazak Gurnah, La Voie des pèlerins, parution originale 1988, traduit de l'anglais par Cécile Leclère, édité en France par Denoël en 2025.

Nous sommes dans une ville d'Angleterre, avec Daoud, un jeune homme noir, dont on comprend qu'il est arrivé d'un pays d'Afrique quelques années auparavant. Nous le suivons dans son travail minable à l'hôpital, au pub, à son domicile qui sent le moisi. Daoud se heurte aux remarques racistes de ses collègues, mais le lecteur s'interroge : ces remarques sont-elles réelles ou imaginées ? Daoud compose des réponses imaginaires dans sa tête C'est que nous avons surtout accès à ses pensées et nous ne savons pas comment les considérer. Et pourquoi ses deux seuls amis sont-ils un blanc raciste et un noir sexiste et nationaliste ? C'est que l'homme fait preuve d'ironie, autant envers les autres que lui-même, et il est parfois difficile de le situer.

Il s'était laissé terrasser par l'accablement, il avait passé ses soirées blotti autour d'un minuscule chauffage au gaz en se demandant combien de temps il réussirait à tenir.

Mais le roman se met en place – parce que Gurnah est un sacré bon romancier et qu'il est difficile de se détacher de Daoud, sensible en dépit d'une apparente froideur.


J'avoue avoir été imprégnée par ce roman durant ma lecture, au point d'y penser durant le jour et la nuit.
L'hôpital. Un monde fortement hiérarchisé, où le personnel soignant est bien séparé du personnel non-soignant et où la cantine est infâme. Daoud est cantonné au ménage : nettoyage du bloc après les opérations, déchets, matériel, petite main au service des chirurgiens.
Et puis il rencontre Catherine, une infirmière blanche, qui semble enfin lui accorder de l'attention. Mais l'époque est puissamment sexiste et les femmes ont des propriétaires (un père, un amant, des voisines attentives). Les infirmières couchent avec les médecins, pas avec les hommes de ménage noirs. Comment s'affranchir de ces multiples carcans, ceux de l'argent, de la couleur de peau, etc. ? 

Avec son uniforme bleu marine et sa charlotte bordée de dentelle, elle était l'incarnation même de la respectabilité victorienne. Les gens disaient d'elle qu'elle était une femme bienveillante, mais il n'était pas dupe. Il la voyait bien se pavaner et parader dans les camps de concentration de Crimée, tenant la lampe de Florence Nightingale et aboyant des paroles de réconfort aux affamés et aux blessés.

Le lieu se précise : Canterbury. Ici l'Angleterre contemple sa grandeur, de Guillaume le Conquérant à Elizabeth II. L'époque également : 1976. Tous les hommes de 50-60 ans que rencontre Daoud ont pris part aux divers combats de l'Empire – ils sont très fiers d'expliquer qu'ils connaissent l'Afrique. Les plus jeunes ne valent guère mieux.
Et... tous (sauf Catherine) sont fans de cricket ! 

Le roman est excellent, car Daoud se dévoile peu à peu, autant à Catherine qu'à nous-mêmes. Il vient de Tanzanie et il raconte la hiérarchisation sociale où il a grandi, mais aussi la violence et les massacres (car, si aux yeux des Anglais, ils sont tous noirs, pour les Tanzaniens il y a des noirs et des arabes), ses souvenirs lancinants, mais aussi son absolue solitude et son combat mental avec lui-même pour que sa misère ne soit pas synonyme d'échec. Comment maintenir sa fierté à flot ?
Échapper aux skinheads, ne rien devoir à personne, continuer à penser et à avoir son opinion sur ceux qui l'entourent, tenter de ne pas être aveugle aux défauts et aux qualités, mais le salut viendra peut-être du fait d'avoir été choisi par cette belle jeune femme.

Zao Wou-Ki, Sans titre, 1958 privé


Le vieux, sourire aux lèvres, se pencha en arrière pour fixer Daoud par-dessus son épaule, lui adressant un hochement de tête comme pour le rassurer et le tranquilliser. Daoud afficha un visage aussi lugubre que possible, les yeux vitreux et dénués d'expression, aveugle au cirque du vieil homme. Il considérait que ce sourire avait conquis un empire. C'était le sourire du pickpocket, servi avec ironie, dans l'intention de distraire et d'apaiser la proie innocente pendant que le voleur faisait main basse sur ses objets de valeur. Ce sourire, qui avait sillonné les sept mers, avait été adressé aux moricauds sans méfiance de par le monde.

C'est au deuxième paragraphe.

Lorsqu'il avait compris, les premières années, qu'il suscitait un dégoût aussi profond, il en avait éprouvé une amertume qui lui paraissait désormais difficilement croyable. Il en avait été perturbé, découragé. Mais ce n'était pas ainsi qu'étaient faits les gens, avait-il pensé, ils n'étaient pas censés vivre de douleur et d'amertume. Il dissimulait, quand il le pouvait, son malheur derrière des choses meilleures, cachait les moindres maux par le plaisir que suscitaient chez lui les petits actes de guérison.

Difficile de ne pas penser que certains passages s'inspirent du vécu de Gurnah, même si ses études en Grande-Bretagne datent plutôt des années 60. Cette représentation d'un homme seul, se débrouillant vaille que vaille pour se tracer un avenir, qui ne sera pas celui voulu par ses parents ou par ses amis, est tout à fait bouleversante.

Un roman douloureux et plein d'espoir.

Abdulrazak Gurnah sur le blog :

Mémoire du départ (1987) : l'apprentissage d'un petit garçon et la découverte émerveillée de Nairobi, un roman assez violent et désespérant
Paradis (1994) : mon roman préféré. Yusuf découvre la vie et son pays et décide de tracer son chemin. Vous pourriez commencer par celui-ci.
Adieu Zanzibar (2005) : grande traversée de Zanzibar au XXe siècle avec toute l'histoire d'une famille. C'est très riche.




jeudi 10 juillet 2025

En écoutant Hussein parler de Zanzibar, il avait décidé qu'il irait un jour visiter cet endroit fabuleux.

 

Abdulrazak Gurnah, Paradis, parution originale 1994, traduit de l'anglais par Anne-Cécile Padoux, édité en France par Denoël.

Le héros est Yusuf, 12 ans au début du livre, qui vit avec ses parents. Il raconte sa vie, ses voisins. Un jour, on lui annonce qu'il part pour quelque temps avec le riche Oncle Aziz, marchand, vivant dans une grande ville de la côte. Là, il apprend qu'en réalité son père l'a vendu contre le paiement de ses dettes.

Commence alors une nouvelle existence. D'abord le travail à la boutique. Puis la participation au grand commerce, avec des dizaines de porteurs, dans l'intérieur des terres. Mais on est au début du XXe siècle et les Européens (les Allemands en l'occurrence) s'installent et s'approprient les terres et le commerce (bravo, le passage où le colon annonce aux gens qu'il vient les délivrer des négociants et marchands d'esclave de la côte en s'installant chez eux).


S'il ne perdait pas courage, voilà ce qu'il deviendrait : un autre Khalil, nerveux et combatif, encerclé de tous les côtés et dépendant ; échoué au milieu de nulle part. Il se souvint de ses continuelles plaisanteries avec les clients, de son exubérance qui, il le savait, dissimulaient des blessures profondes. Comme Kalasinga, comme eux tous, immobilisés dans quelque endroit nauséabond, éperdus de nostalgie et consolés par des visions de leur intégrité perdue.

Comme souvent chez Gurnah, le roman raconte tout ensemble un certain nombre de choses.
Les années passent et Yusuf grandit. Il découvre sa propre personnalité, sa capacité à avoir des rêves différents de ceux des autres, le pouvoir de sa beauté, son audace et sa lâcheté. Il comprend les dessous de la société où il vit, avec les ravages de l'esclavage, où l'on vend et achète des enfants, où les sœurs et frères sont séparés, où les parents disparaissent, mais aussi une société diverse où se mêlent ceux qui parlent arabe et ceux qui parlent swahili et les Indiens. Plus encore, il découvre son pays (la Tanzanie), la beauté époustouflante des paysages et ceux qui l'habitent, qui sont à la fois crains et méprisés par les populations des côtes. Il y a de grands guerriers menaçants, des chefs qui vivent au milieu de la forêt, la menace des serpents, la chaleur et les insectes... tout ce qui est lui est inconnu, à lui, qui a toujours vécu en ville.

Les pêcheurs racontaient leurs aventures, leurs tribulations en mer. D'un ton solennel et paisible, ils évoquaient les démons qui, soudain, d'un ciel serein, fondaient sur eux déguisés en tempêtes, ou bien surgissaient, la nuit, des flots sombres, sous la forme de requins géants et phosphorescents.

Comme souvent là encore, la fin est ouverte, promesse de réalisation de soi ou révolte vaine, annonce de drames et d'espoirs, Yusuf prend sa vie en main et se rue sur les routes, tournant le dos à l'esclavage, mais plongeant dans le monde barbare colonial.

Ousmane Sow, Le grand guerrier, devant la gare d'Angers.
L'artiste est sénégalais mais quand les compagnons de Yusuf croisent de grands guerriers, sans doute des Massaï, ils sont entre admiration, fascination et peur. Ils viennent d'un autre monde.

D'abord, le garçon. Il s'appelait Yusuf ; il avait quitté brusquement sa famille dans sa douzième année. Il se rappelait que c'était pendant la saison sèche, lorsque jour ressemble au précédent. Des fleurs inattendues s’épanouissaient et se fanaient. D'étranges insectes surgissaient de dessous les rochers, se tordaient et mouraient dans la lumière brûlante. Le soleil faisait vaciller les arbres dans le lointain, trembler et haleter les maisons. Chaque pas soulevait des nuages de poussière ; un calme intense enveloppait toutes les heures de la journée. Des souvenirs précis de cette saison lui revenaient ainsi.

C'est le début.

Sur la montagne, la lumière est verte. Elle ne ressemble à aucune autre. Et l'air est pur, on dirait qu'il a été lavé. Le matin, quand les rayons du soleil frappent le sommet enneigé, on a une impression d'éternité. À la fin de l'après-midi, près de l'eau, le son des voix monte vers le ciel. Un soir, nous nous sommes arrêtés près d'une cascade. Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau. On entendait Dieu respirer.


Si vous ne connaissez pas Gurnah, vous pourriez commencer par ce roman.
Sinon j'ai aussi lu :
Adieu Zanzibar : grande traversée de Zanzibar au XXe siècle avec toute l'histoire d'une famille. C'est très riche.
Mémoire du départ : l'apprentissage d'un petit garçon et la découverte émerveillée de Nairobi, un roman assez violent et désespérant

L'avis de Kathel et de Miriam.


mardi 3 décembre 2024

Ne reste pas pour nous. Cet endroit te tuera.

 

Abdulrazak Gurnah, Mémoire du départ, parution originale 1987, traduit de l’anglais par Cécile Leclère, édité en France par Denoël, rentrée littéraire 2024.

 

Le narrateur raconte son enfance, puis son adolescence, dans une petite ville de la côte est de l’Afrique, dans les années 50-60, au tournant de l’indépendance. Les ruelles sales et misérables, la violence de son père et de tous ceux qui le peuvent, l’effacement et le silence de sa mère, la révolte de sa sœur, le racisme qui imprègne tous les rapports sociaux dans cette terre où se côtoient les Arabes et les Africains, encore qu’il soit devenu difficile de les distinguer.


La plage derrière moi séchait au soleil, exhalant une puanteur séculaire. Autrefois, les esclaves qui refusaient la conversion venaient mourir sur cette plage. Ils flottaient avec les épaves et les feuilles mortes, usés par le combat, leur peau noire ridée par l’âge, leur cœur brisé. Mes pauvres pères et grands-pères, mes pauvres mères et grand-mères, enchaînés à des anneaux scellés dans un mur de pierre.


De cette misère morale, où le seul objectif d’une vie semble être de piétiner les autres (et de les violer), sous peine de l’être soi-même, le jeune narrateur aspire à s’échapper. Vu de l’extérieur, il ne semble pourtant pas plus brillant ou malin que d’autres. Mais il saura pourtant prendre de la distance avec ce qui lui est proposé. La chance d’un séjour chez un oncle de Nairobi lui donnera la force et le courage de s’extirper de là, mais on n’en saura guère plus.


Parfois, des noms m’échappent, même si je ne suis pas parti depuis très longtemps. J’essaie de me remémorer les rues et les couleurs des maisons. Je suis en exil, je me dis. Je trouve plus facile de supporter ce sentiment parce que je peux lui donner un nom dont je n’ai pas honte.


Il y a l’évocation glauque et répugnante de l’hôpital mouroir où finit la vie de la grand-mère, dont il faut ensuite transporter le corps dans une couverture, dans le taxi.

Je suis impressionnée par cette capacité, en 220 pages, de raconter 10 ou 15 ans d’une vie qui se transforme, avec les hésitations, les espoirs, les déceptions, l’apprentissage aussi. Autour du narrateur se tient toute sa famille et on les a devant nous. Cette langue est incroyablement fluide.

El Seed, C'est l'aube, tissage Aubusson 2020 
 


Ma mère allumait le feu dans la cour à l’arrière de la maison. De l’intérieur, j’entendais des bribes de la prière qu’elle récitait. Je l’ai trouvée tête baissée au-dessus du brasero soufflant tout doucement pour inciter le charbon à s’enflammer. La casserole d’eau était prête à ses pieds. Lorsqu’elle s’est tournée vers moi, j’ai vu que le feu avait sali son visage et lui avait mis les larmes aux yeux. Je lui ai demandé l’argent du pain, et elle a froncé les sourcils, comme contrariée d’être dérangée pendant qu’elle s’occupait des flammes.

C’est le début.

 

La gare était si vaste qu’on pouvait se demander si tout cet espace était vraiment nécessaire. Contre toute attente, je n’ai pas paniqué. J’ai montré mon billet et l’on m’a autorisé à passer dans la moindre question. Il faisait chaud, je me sentais puant et poisseux de sueur. Le parfum de qui voyage, ai-je pensé pour me rassurer. Je me souviens de la masse des gens, des cris, des nombreuses variétés d’uniformes. Des voyageurs plus romantiques auraient vu là l’appétit de vivre indéniablement africain, la danse qui s’inscrit dans le rythme naturel de la vie. J’ai pour ma part trouvé la foule perturbante et effrayante.

  

De l’auteur j’ai également lu Adieu Zanzibar que j’ai préféré, car Mémoire du départ est empreint d’une violence et d’une misère morale tout à fait désespérantes.




mardi 4 juillet 2023

Pourtant je sais que c’est bien arrivé, que Martin et Rehana sont devenus amants.



Abdulrazak Gurnah, Adieu Zanzibar, parution originale 2005, traduit de l’anglais par Sylvette Gleize.

 

Enfin ! Enfin lu un roman du prix Nobel de littérature 2021 ! Et c’est extrêmement bien.

 

Au début du livre, un homme surgit du désert et s’écroule dans une petite ville de Zanzibar. Il est recueilli et au fil des pages le lecteur se rend compte que l’on est en 1899, sous protectorat britannique, et que l’homme est anglais. J’ai immédiatement apprécié la diversité des points de vue qui s’entrecroisent rapidement. Cette ville est-elle douce et provinciale, sale et bruyante, pleine de la vie des gens ? Tout cela à la fois sans doute. Et puis l’auteur laisse le lecteur se faire son idée et se plonger dans le récit avant de lui préciser les lieux et les dates.


Il posa sur l’homme un sourire étonné. Que faisait un étranger, blessé dans on ne sait quel endroit perdu, sur la natte de leur cour ? Pourquoi pas un cheval volant, ou une colombe douée de parole ? Ces choses-là n’arrivent pas à des gens comme eux.


Ensuite, un narrateur à la première personne fait irruption et le roman reprend 50 ans plus tard, dans une famille avec trois enfants, dont nous suivons la destinée. Les hommes, les femmes, le conformisme social, les différences de génération, le lien avec la première histoire, les désillusions de l’Indépendance… l’un des personnages passera sa vie en Angleterre, échangeant seulement quelques lettres avec sa famille, alors qu’au pays tout s’est déréglé et tout semble avoir sombré dans le chaos. Pourtant, malgré la tristesse, la fin reste ouverte.


Je ne veux rien savoir de ces mastiqueurs de noix de bétel qui prennent des airs supérieurs, de ces buveurs de lait fermenté, avait dit leur père. Regardez-les, ils ont la bouche cramoisie, toute tordue par leurs vilaines pensées, ils raillent et raillent en permanence. J’étais las de ces gens en Inde, toujours meilleurs que les autres, toujours purs, toujours dans leur bon droit.


Herviault, L'Officier topographe, 1930 Musée du Quai Branly


J’ai aimé ce livre qui nous plonge dans le Zanzibar du XXe siècle, mais aussi au cœur de personnages attachants. Amoureux, passionnés, ambitieux, soucieux de leurs devoirs vis-à-vis de leur entourage, lâches, irrémédiablement séparés. Ils sont tout cela à la fois et Gurnah dresse ici de beaux portraits. Vivent ensemble des Indiens et leurs descendants, des Arabes, des Omanais, des gens venus de l’intérieur des terres vaguement craints, des occidentaux, des jeunes filles venues de Goa… Les normes sociales de comportement sont racontées parce qu’il s’agit de la vie des gens, de ce qui se décident à leur place sur ce qu’il faut faire et ne pas faire.

Il y a l’ignorance crasse des colons persuadés de devoir tout apprendre à ces gens et l’immense respect de Gurnah pour les habitants de Zanzibar.

 

Il y avait dans ces rues une odeur étrange et familière, celle du temps qui passe et de la misère : l’égout à ciel ouvert, le flot noirâtre des rejets, les maisons délabrées, imbriquées les unes dans les autres, imprégnées depuis des décennies par l’haleine et la sueur des hommes. Une odeur qui faisait penser à la chair qui guérit, à la boue qui sèche, une odeur qui pouvait virer à la pourriture et à la maladie, bouillonnement d’où s’échappent des gaz délétères.

 

Nous avons très vite saisi les limites de ce qu’il était possible d’attendre, et curieusement la peur a du coup quelque peu reculé. On reste chez soi ou l’on s’assoit dans son coin préféré de la rue, et on évoque les rumeurs, les derniers cataclysmes. Nous avons moins d’exigences, pour la plupart.

 

Bien sûr, je vais continuer à le lire.