La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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samedi 1 juillet 2023

Canal de Berry à Selles-sur-Cher


 

Le blog fait étape à Selles-sur-Cher. Le week-end dernier, il visitait l’église. Cette semaine (enfin... en février 2022), il marche le long du canal de Berry.



Je m’appuie sur Wikipedia pour les données factuelles. Il s’agit en effet d’une petite curiosité d’ingénieurs.

L’aménagement du Cher pour le rendre navigable est un vieux rêve, mais les projets se multiplient au cours du XVIIIesiècle. C’est Napoléon qui lance le coup d’envoi.

Le décret impérial du 16 novembre 1807 décide : Le « Cher sera rendu navigable en suivant son cours actuel au moyen d'une ou plusieurs dérivations depuis Montluçon jusqu'à son embouchure dans la Loire ».

Il est décidé de construire un canal latéral au Cher entre Montluçon et Vierzon. Cette solution semble la plus à même de répondre aux crues de la rivière et à l’alternance entre crues et sécheresse. C’est l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, Joseph-Michel Dutens, qui s’y colle. À ce projet initial est ajouté celui d’un allongement jusqu’à Bourges (suite à une demande émanant des édiles de la ville).

La construction du canal s'accompagne de la plantation par les Ponts et Chaussées de 190 000 arbres dont 150 000 peupliers, merisiers, ormes, acacias, noyers et autres arbres fruitiers.


 

On le nomme d’abord Canal du cher, mais une ordonnance royale de 1814 en fait le « canal du duc de Berry » et donc canal de Berry. Il comporte trois tronçons principaux, mais également : 261 km de canaux au petit gabarit avec 97 écluses, 139 ponts fixes, 65 ponts-levis, 1 pont levant, 5 ponts-canal et plusieurs étangs-réservoirs.

Du fait du manque de financement, les travaux s’achèvent seulement vers 1840. Le canal sert alors au transport de marchandises jusque dans les années 1920.


Maison située sur une écluse.

 

Je n’ai pas parcouru les 260 kilomètres, mais j’ai vu le pont-canal sur la Sauldre. Ce pont permet au canal (et plus précisément à sa section Vierzon-Noyers) de franchir la Sauldre. Il a été bâti entre 1833 et 1839 par l’ingénieur Camille Bailloud. Et apparemment, aucune fuite n’est apparue depuis cette époque !

 Restez concentrées : la photo provient de Wikipedia. On voit bien le pont au-dessus de la Sauldre.


Et sur le pont : le canal !


En réalité, je peux bien le dire, cette promenade a été pour moi l’occasion de : bavarder avec l’amie qui m’hébergeait, m’extasier sur les effets de brouillard et de brume (je rappelle que je suis marseillaise et que si je viens chez vous j’aurai tendance à trouver toute humidité « super exotique » – je suis bon public), à écouter les oiseaux chanter et à me mouiller les pieds. Cela suffit à mon bonheur.




C'est quand même très humide non ? On se croirait dans un tableau de Corot. Entre le Cher, la Sauldre et le canal, cela faisait en effet une bonne fraîcheur ! Et il y a de beaux reflets des arbres sur l'eau. 
Je précise que mes photos datent de février 2022, bien loin de l'actuel été.

Merci beaucoup à la copine d'avoir fait le guide et de m'avoir supportée.

La semaine prochaine ? On monte dans le train à Selles, on change à Tours et on descend, on descend vers l’Atlantique, vers d’autres paysages et vers d’autres amis.


 

samedi 24 juin 2023

Notre-Dame-La-Blanche à Selles-sur-Cher

 

Les deux semaines précédentes, nous étions à Tours (et c’était beau). Cette semaine, nous avons pris le train et sommes descendus à… Selles-sur-Cher. Pourquoi ? Pour manger du fromage ? Et non, pour squatter le canapé d’une amie.

Effets de brouillard sur le Cher et le château qui se devine. C'était en février, un soleil frais, lumière très impressionniste et canards heureux.

Et visite de l’église Notre-Dame-La-Blanche de Selles. Elle se trouve à l'emplacement d'une abbaye, édifiée par Saint Eusice, un ermite qui vivait là aux temps wisigothiques.

Bâtie initialement aux XIIe et XIIIe siècles, l'église actuelle a vu passer les protestants, la foudre et les siècles (l'édifice précédent avait pour sa part affronté les vikings). Elle a été largement restaurée au XIXe siècle en reconstituant le modèle médiéval.

Portail principal avec trois baies en plein cintre supportées par des colonnes en marbre piquées à un monument romain ou wisigothique.

La nef gothique avec cette belle pierre de tuf et une voûte en bois.

Les vitraux illustrent la vie d'Eunice (guérir les possédés, entrer dans un four ardent, tout ça).

L'originalité de l'édifice se trouve au chevet. L'abside de la chapelle principale est en effet ornée d'une frise en bas-relief du XIIe siècle racontant la vie de Saint Eunice et la vie de Jésus. Il faut se tordre le cou, c'est un peu en hauteur.

Des créatures pas catholiques, si vous voulez mon avis.

La résurrection de Lazare.

Je vous avais déjà montré l'Annonciation lors de mon article iconographique.

La Cène (on voit bien la table, avec les pains posés dessus). Au milieu, côté droit, un ange avec les ailes tassées comme on a pu pour entrer dans le peu de place qu'on lui a laissée. Et à l'extrémité, avec ce seau entre deux personnages : c'est le Lavement des pieds.

Un ange qui éclate la gueule d'un démon en lui marchant dessus (pardon : Saint Michel terrassant un démon).



Un peu étonnée de voir que les nids d'hirondelles abritait une activité intense en plein mois de février (il fait doux en Touraine, mais quand même, le printemps était encore un peu loin) (quoique... printemps de la Saint Martin ???), je me suis rendu compte en approchant que les moineaux squattaient les lieux, à moins qu'ils ne soient occupés à récupérer les matériaux pour leurs propres nids. Petit malins va !

La semaine prochaine... et bien on reste à Selles, grand centre touristique du centre de la France. On ira marcher dans l'herbe verte, au bord de l'eau.