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samedi 13 octobre 2018

Chez les Haidas, les objets en pierre


Plat en argilite, ornement en coquillage. Aigle et deux orques.
Retour chez les Premières Nations et chez les Haidas, avec de magnifiques objets en pierre.
Les outils en métal se multiplient à partir de l’arrivée des Européens sur la côte ouest. Ils permettent de développer la taille d’une pierre dure, l’argilite. D’autant que les Haidas, progressivement dépouillés de leur territoire et de leur mode de vie, alors que le commerce de la fourrure décroît du fait de l’extinction de plusieurs espèces animales, se rendent compte que certains objets sont particulièrement appréciés des blancs. Ils développent donc ce type d’artisanat et de commerce.
Et notamment des pipes ! Un objet tout à fait familier à la fois pour les Haïdas et pour les occidentaux. Pour tout le monde, fumer ensemble est signe de bonne entente, voire permet de conclure un accord.

Toutes ces pipes datent du XIXe siècle.

D’une certaine façon ce sont des objets fabriqués spécifiquement pour l’exportation ou pour le tourisme (pour les blancs), qui montrent la parfaite adaptation des Haidas aux envie et besoins des nouveaux arrivants. On est donc loin du peuple moribond et dégénéré. Plusieurs d’entre eux réussissent parfaitement à se tirer d’affaire en développant une nouvelle activité et une nouvelle branche artistique. Ces objets sont donc tout à fait importants pour connaître l’histoire de cette première nation.

En 1884 les potlachs sont interdits. C’est aussi l’époque où les totems sont abattus, se dégradent ou sont placés dans les musées. C’est pourquoi plusieurs artistes Haidas vont créer de petits totems en pierre. C’est une façon de perpétuer les formes, les symboles, les mythes. Ces objets sont facilement achetés par les blancs qui les trouvent décoratifs et de cette façon les artistes autochtones préservent leur héritage culturel. Je dois dire que l'art décoratif Haida m'a impressionnée. Une telle capacité à développer les motifs, à les superposer, avec une élégance des formes et des proportions, quel raffinement !
Représentation de chaman et mini-totems.


Bien entendu je vous parlerai plus longuement des totems (et peut-être aussi des masques).

Pour mémoire :  présentation de Vancouver ; brève histoire de Vancouver ; les peuples autochtones canadiens ; Nation Haidala vannerie.
Photographies prises au musée d'histoire de Vancouver et musée royal de Colombie-Britannique.

dimanche 7 octobre 2018

Les Haidas, la vannerie

Retour sur la côte ouest du Canada, aux côtés des Premières Nations.
Le territoire de la Colombie-Britannique était auparavant occupé par divers peuples, aux langues très différentes, appartenant à des groupes linguistiques distincts. La côte ouest du Canada était d’une grande richesse humaine. Ces populations autochtones nombreuses commerçaient et échangeaient. Parmi eux, les Haidas qui vivaient principalement sur la côte.
Quelques informations : les Haidas vivaient de l’horticulture (pomme de terre et tabac), de la cueillette, de la chasse, mais surtout de la pêche. L’essentiel de l’alimentation était assuré par la mer et les rivières (saumon, flétan, morue, oursin, palourde, etc.). Les groupes sociaux étaient apparemment assez étendus et les différentes communautés très peuplées. C’était une société matrilinéaire, hiérarchisée, avec une élite nettement marquée, qui pouvait accaparer les biens de prestige. Pour nous, aujourd’hui, nous associons les Haïdas aux grands totems dont je vous parlerai prochainement.
Si le sujet vous intéresse, cap sur Wikipedia et sur une bibliographie essentiellement anglophone.
Pour cette semaine, j’ai décidé de mettre en avant la merveilleuse vannerie haïda dont je suis tombée totalement amoureuse.

Et d'abord les chapeaux ! De grands chapeaux couvrants le visage, aux motifs peints à la main ou à l'aide de pochoirs. De grands yeux, des bêtes, à l'intérieur comme à l'extérieur. Ces motifs ne sont pas gratuits, mais ont un rôle informatif, se réfèrent à des ancêtres mythiques... Ce sont des chapeaux de cérémonies, réalisés longtemps à l'avance pour des occasions spéciales.

Ce chapeau date des années 1880.


Les nattes tissés ou les couvertures ont le même rôle enveloppant.
Ces vanneries peuvent être réalisées grâce à des herbes, de l'écorce ou des fibres ou des racines de cèdre (le grand arbre du coin). La préparation des racines nécessitait plusieurs semaines.


Des récipients divers. Celui du bas, à la forme et à la réalisation parfaite, pouvait contenir de la graisse animale.

Bientôt, je vous parlerai d’objets en pierre et peut-être de masques, mais aussi des fameux totems !

Photos prises au musée canadien de l'histoire à Gatineau et au musée d'histoire de Vancouver.

Les précédents billets concernant ce périple : présentation de Vancouver ; brève histoire de Vancouver ; les peuples autochtones canadiens.