La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



dimanche 23 septembre 2018

Vancouver, une histoire

Sur le rivage, les troncs de bois.
Rappel : le premier billet.
Un petit peu d’histoire pour aujourd’hui.

Le site de Vancouver, et plus généralement la côte ouest du continent américain, est occupé depuis des milliers d’années par des populations amérindiennes très diversifiées, dont je vous parlerai une prochaine fois.
Pour cette semaine, concentrons-nous sur la période récente. Les Européens sont parvenus très tardivement dans la région puisqu’il faut attendre la toute fin du XVIIIe siècle pour les voir arriver. Ce sont les Britanniques qui mettent la main sur l’endroit : George Vancouver, officier de la Royal Navy et ancien compagnon de James Cook, prend possession des lieux en 1792. Dans la région nous trouvons également les Russes en Alaska et les Espagnols à San Francisco. L'arrivée des USA sur la côte Pacifique est encore plus tardive. Au départ nous avons une petite installation centrée sur le commerce de la fourrure.  C’est à partir de la taverne tenue par Gassy Jack Deighton que se forme le bourg de Gastownqui prendra le nom de Vancouver en 1886 (et oui, Vancouver s'est formé autour d'un bistrot !). Entre-temps, la ville a connu une belle croissance démographique grâce au commerce de bois (j'ai vu de ces immenses radeaux de troncs descendre la rivière) et des fourrures et grâce à la ruée vers l’or. 
La statue de Gassy, dressée à l'endroit de la première auberge autour de laquelle la ville s'est développée.

La compagnie de la Baie d'Hudson existe toujours, mais c'est à présent une chaîne de grands magasins.

Des patates déshydratées, légères à transporter, pour nourrir les chercheurs d'or !

Toujours en 1886, Vancouver rejoint la Confédération du Canada : la condition pour ce ralliement était la construction d’un chemin de fer reliant la ville à la côte est. Au XIXe siècle, Vancouver devait se sentir bien loin du Québec et de l'Angleterre. La main d’œuvre asiatique a été massivement utilisée pour la construction de ce chemin de fer, en étant sous-payée et au mépris de sa sécurité. On a même estimé que pour le segment dans le canyon du Fraser trois travailleurs chinois sont morts pour chaque kilomètre de voie ferrée !
Des souvenirs de l'ancienne époque.

Un monument dédié aux Chinois canadiens qui ont fait la prospérité du pays.

Quelques fresques situées à Chinatown.

La forte présence chinoise à Vancouver est donc étroitement liée à la naissance même de la ville. On estime qu'un tiers de la population est d'origine asiatique. Et pourtant, ces non-blancs ont été bien maltraités par le Canada. Émeutes anti-chinoises dès le XIXe siècle, taxe exorbitante imposée pour limiter l'immigration chinoise (le Canada s'est officiellement excusé en 2006). Lors de la Seconde guerre mondiale, les familles d'origine japonaise ont été spoliées de leur bien et internées de force (là aussi, des excuses ont été prononcées). Les non-blancs n'ont pu voter qu'à partir de 1947, mais les Premières Nations ont dû attendre 1952.

Affiche datant de la Seconde guerre mondiale.
Cette côte ouest a donc une histoire très différente de celle du Québec qui fait appel aux basques, à Jacques Cartier, à Louis XIV et à tout le tralala. C'est plutôt dépaysant !

Un des vieux bâtiments de brique.


Marine Building, 1930, architecture Art Déco.

La ville a aussi produit de façon considérable des conserves de saumon.

La naissance du Canada !

Le premier billet était une présentation générale de Vancouver.
La semaine prochaine, nous partirons chez les Premières Nations.

4 commentaires:

  1. Tu fais de superbes voyages, Nathalie !
    Du rêve !
    Syl.

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    1. Oh oui j'ai encore plein d'images dans la tête, un très beau voyage.

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  2. chouette! Et déjà, vivement la suite!

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    1. Merci de ton enthousiaste, je fais au mieux.

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