La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 26 juillet 2011

Terre, lève-toi de ta couche, prairie de Créateur, debout !

Kalevala, épisode 2.
Elias Lönnrot, Le Kalevala. Épopée des Finnois, traduit du finnois par Gabriel Rebourcet (1e éd. 1849), Paris, Gallimard, 2010.

Alors, ce Kalevala ? La lecture n’en est pas facile, vous allez voir pour quelle raison demain et je n’ai pas encore tout lu. Il y a des récits de mythes : la création du monde, la création du serpent ou de l’ours, dans un monde animiste où tout est vivant, la genèse du fer à partir de lait noir, de lait blanc et de lait rouge. De la magie : comment Väinämöinen a besoin de mots pour construire sa barque, comment il part les recueillir auprès de Vipunen, « panse à paroles », sorcier mort depuis longtemps, mais qui possède les chants donnant le savoir et la puissance. La geste des héros : Väinö, le vieux barde, Lemminkäinen le guerrier au coeur fou, en quête d’aventures, de femmes et de fêtes (mais Lönnrot a gommé les aspects les plus lestes). Ils doivent construire une barque, traquer l’élan de fer, sortir des enfers, construire des objets magiques. Un mode de vie ancien : c’est une langue très concrète, avec des mots de menuiserie, de forgeron, les patins des traîneaux, des instruments de musique inconnus, des plantes, des marais. Des dizaines de mots pour décrire le vent, la neige, le sol, la boue. Du lyrisme : on chante, on se défie en paroles, on répète, on varie sur un thème. Un vrai hymne à la force du langage.

A. Gallen-Kallela, Le Lac Keitele, début du 20e siècle, Londres, National Gallery, RMN.
Extrait du chant 2 :

Le vieux Väinämöien
songe, le sage, ainsi s’avise :

« Vrai, c’est un homme, à sa dégaine,
un gaillard au premier regard,
mais grand comme un pouce dressé,
la griffe d’un taureau, tout juste ! »

Il se gausse par ces paroles
et lui mande les mots qui suivent :

« Quelle engeance d’homme est la tienne,
miteux, quelle race de mâles ?
Guère plus fringant qu’un gisant
et tout juste plus beau qu’un mort ! »

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