Jack London, L’Appel de la forêt, parution originale 1903, traduit de l’américain en 1905 par Mme de Galard.
Le héros est un chien, Buck. Un grand chien kidnappé et vendu pour devenir chien de traîneau en Alaska – on est à l’époque de la ruée vers l’or. Au fur et à mesure du roman, Buck se décivilisera et retrouvera en lui les réflexes de la sauvagerie et de la liberté.
Mouais. Comme dans Croc-Blanc, nous suivons principalement le point de vue du chien. Je trouve que tout le passage d’apprentissage et de vie du chien de traîneau est bien rendu : rapport de forces entre les chiens, différence de personnalités, rapport avec l’être humain. Ce n’est pas évident et London s’en tire plutôt bien. Il y a aussi de belles évocations de la forêt.
Mais j’ai été agacée par la vision très « force brute virile » du roman – London n’aurait jamais cru possible qu’une meute soit menée par une vieille louve. Je lui reconnais sur ce sujet un point fort : la description des combats d’animaux tient la comparaison avec celle des combats de boxe ! C’est la même veine, tout à fait brillante. Mais ce délire fasciné sur la force physique… pffff. Rasoir.
Heureusement, il y a des passages d’une certaine grandeur et c’est bien beau de réussir à donner cette dignité à un chien.
Un monde cruel, plein de violence et de peur.
Quand l’aurore boréale brillait froide et calme au firmament, que les étoiles scintillaient avec la gelée, et que la terre demeurait engourdie et glacée sous son linceul de neige, ce chant morne, lugubre et modulé sur le ton mineur, avait quelque chose de puissamment suggestif, évocateur d’images et de rumeurs antiques. C’était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d’enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort ; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau ; et Buck, en s’associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demi-fauves, Buck franchissait d’un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l’origine même des choses.
Lecture commune approximative avec Claudia Lucia.
London sur le blog :
"Lorsque l'homme frappe l'homme". Chroniques sportives
Croc-blanc
Les Vagabonds du rail
Le Peuple de l'abîme
Jack London dans les mers du Sud (exposition)
Croc-blanc
Les Vagabonds du rail
Le Peuple de l'abîme
Jack London dans les mers du Sud (exposition)






