Walter Scott, Le Talisman, parution originale 1825, traduit de l’anglais par
Claude Dandréa, édité en France par Phébus.
Une lecture que je n’ai pas
vraiment appréciée.
Ce roman prend place dans
l’histoire des croisades, l’essentiel de son action se situe dans le camp des
croisés en Palestine, auprès de Richard Cœur de Lion. Le vrai héros est
Kenneth, pauvre mais farouche chevalier écossais. Au début du roman, il se
déplace seul dans le désert dans le but de consulter un ermite chrétien. Il fait
la rencontre d’un sultan arabe, puis confie quelques confidences à l’égard d’un
amour pour une grande dame…
Parmi les réussites du roman, il
y a la description du désert au début, l’épisode dans la grotte de l’ermite et
surtout dans la chapelle souterraine. Scott rend particulièrement bien l’état
d’esprit de Kenneth en proie tout à la fois à la plus grande ferveur religieuse
et à la dévotion amoureuse. Je suppose que l’exaltation des croisés et leur
sentiment face à cette nouvelle terre sont bien rendus. C’est en tous cas
plutôt convaincant.
Mais j’ai été très vite été
énervée par les incessants affrontements verbaux de tous ces personnages
obnubilés par leur honneur : entre mécréants et infidèles, Anglais et
Écossais, etc. Leur compagnie est fatigante. J’ajoute que le personnage de
Richard Cœur de Lion, rugissant à tort et à travers, mais piètre politique, m’a
tapé sur les nerfs.
L’autre point faible du roman est
que la narration m’a paru peu tenue. Alors qu’il y a plusieurs rebondissements
et retournements de situation, que le roman prend volontiers l’allure d’un
conte magique ou d’un feuilleton, on ne voit pas très bien où Scott veut nous
mener : vers une histoire des Croisades, un mariage, un récit politique,
une quête magique puisqu’il y a un talisman ?
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Allan William, Portrait de sir Walter Scott,
19e siècle, Edimbourg, National
Galleries of Scotland, image RMN
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Je note que ce roman, comme bien
d’autres au XIXe siècle, glorifie les souverains bons, justes,
courageux et pleins d’autres vertus (cf. Alexandre Dumas). Saladin apparaît ainsi en surplomb
lointain, doué d’une intelligence supérieure, se tenant loin des contingences
dans lesquelles sont embourbés les croisés et dont Richard a dû mal à
s’abstraire.
Je vais donc en rester pour le
moment à Ivanhoé que j’avais beaucoup
aimé.
Le chevalier écossais ne fut
guère ému par ces récits de ravages qu’on devait aux fauves et à la méchanceté
des hommes, confiant en sa valeur et sûr de sa force qu’il était. Mais une
crainte mystérieuse s’empara de lui à la pensée qu’il se trouvait dans
l’abominable désert où avait eu lieu le jeûne de quarante jours et où s’était
pour de bon jouée la tentation qu’avait pu faire subir au Fils de l’Homme le
Prince du Mal.
