La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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mardi 13 octobre 2026

Ces gens ont gardé leur anonymat : leur nom n’apparaît sur aucune liste de notables, de pétitionnaires, presque rien de leur vie n’a laissé de traces écrites.

 

Andrée Lévesque, Les Filles de Jeanne. Histoires de vies anonymes, 2024, paru au Québec aux éditions du Remue-ménage.


C’est un livre d’histoire, de microhistoire.
Au point de départ, il y a Jeanne et ses trois enfants qui vivent parmi le petit peuple de La Rochelle au 17e siècle et qui partent, engagés au service d’un seigneur français installé au Québec, à l’emplacement de ce qui deviendra Trois-Rivières. C’est une famille protestante qui devient catholique avec l’émigration (Jeanne savait lire, ses descendantes ne le sauront pas). Puis le livre suit la lignée, de mère en fille, jusqu’à Marie, au tout début du 20e siècle – et alors on saura pourquoi l’historienne a choisi de s’intéresser à elles.

Le 17 avril 1658, jour où Jeanne Perrin est recrutée par Pierre Deny de la Ronde pour aller travailler en Nouvelle-France, Madeleine, sa fille de huit ans, est incluse dans la transaction car, contrairement à d’autres enfants, elle ne possède pas son propre contrat. Elle aidera sa mère en accomplissant ce qu’on peut attendre d’une jeune enfant ; son employeur ne lui devra rien, sauf le gîte et le couvert.

Ici c’est donc l’histoire des pauvres, des très pauvres, de ceux qui émigrent loin de chez eux et ne reviennent jamais, des paysans, des femmes, encore plus discrètes dans les archives, mais dont on peut quand même faire l’histoire.

D’une génération à l’autre, elles se marient, tiennent la ferme, le linge, les animaux, la nourriture, le soin aux enfants – il y en a entre 9 et 12 pour chacune d’elles – le mari, le mariage… dans un territoire qui change. Les Français sont remplacés par les Anglais, les droits des seigneurs sont abolis, les Acadiens arrivent, il y a le train, une famille décide de s’installer à Manchester, de l’autre côté de la frontière, pour travailler en usine, où les québécois sont des milliers, et puis on revient à la terre, celle que l’on vous distribue (car elle a été volée à encore plus pauvre, les Autochtones) et que l’on défriche en gagnant sur la forêt…

R. W. Pilot, Labour d'automne Saint-Agnès 1936, MNBAQ


L’historienne a traqué les archives, les actes de l’état-civil et les actes notariés, notamment au moment des mariages et des décès, quand on établit l’inventaire de toutes les maigres possessions. Elle retrace ainsi l’ordinaire des vies, de celles et ceux qui ont forgé le Canada tel qu’il est actuellement, anonymes et pauvres, néanmoins bien présents. Elle pose aussi beaucoup de questions – c’est que les vides et les blancs restent nombreux après cette longue recherche.

Ce que les archives permettent de documenter n’est ni la sphère publique, à laquelle ces femmes semblent totalement échapper, ni l’intime trop privé pour se laisser cerner, mais entre les deux, le quotidien, les cycles de vie, l’ordinaire et sa matérialité.

Ces gens ont pourtant existé, bien présents dans des recensements, certificats de mariage, de baptême et de sépulture. Ce sont ces seules sources qui renseignent, assez séchement, sur la composition des familles, tandis que les trop rares inventaires et trois testaments, tous de la même personne, ouvrent une minuscule fenêtre sur leur fortune.

Cette lecture constitue une première participation à la thématique des migrations pour les escapades littéraires de Cléanthe. La seconde, jeudi, un roman.


mercredi 19 août 2026

les forêts hurlent entre racines et nuages

 
Hélène Dorion, Mes forêts, Édition Bruno Doucey 2021.


Mes forêts sont des bêtes qui attendent la nuit
pour lécher le sang de leurs rêves
gratter la terre         gratter l’écorce
boire l’offrande et se glisser
dans un lit rempli de lucioles

mes forêts sont une planète silencieuse

une éclipse qui fléchit
le bois de barques à la dérive
alors qu’on croirait tout immobiles

elles sont un dessin de nature morte
ignorant les écrans
sur lesquels on les regarde
sans jamais les voir mes forêts

sont chemin de chair et marées de l’esprit
un verbe qui se conjugue lentement


Mes forêts sont le bois usé d’une histoire
que racontent des lunes tenues à bout de bras
quand s’approchent la nuit et le hurlement
de nos peurs         mes forêts
sont la mise en terre de vagues immenses
et de mots que je ne reconnais pas




Je suis en vacances, je ne verrai sans doute pas beaucoup de forêt, mais il y aura de l'herbe verte et la mer et de la marche à pied et des belles choses. Je vous raconte à mon retour.

mercredi 12 août 2026

dans la lumière haute les nuages chuchotent à l’oreille des pierres

Hélène Dorion, Mes forêts, Édition Bruno Doucey 2021.


une chute de galets

C’est le bruit du monde
l’écoulement du temps – 

            goutte de pluie et grain de sable
            l’éclosion d’un bourgeon
            la branche qui tombe         l’avancée d’un nuage
            dans le bleu         la nuit se brise
            à l’horizon         un vent
            plus léger que les autres

c’est le bruit du monde
l’écoulement du temps – 

            l’heure mauve         les glaces qui se rompent
            la lumière de midi         une secousse
            l’ondée vive
            le sol craquelle

            c’est le murmure d’une forêt

le bruit du monde
l’écoulement du temps         l’écoulement
du temps – 
Voyez-vous la gélinotte ?

Je suis en vacances, je ne verrai sans doute pas beaucoup de forêt, mais il y aura de l'herbe verte et la mer et de la marche à pied et des belles choses. Je vous raconte à mon retour.


mardi 1 avril 2025

Et merde au roi d’Angleterre !

 


Antonine Maillet, Pélagie-la-Charrette, 1979, aux éditions Grasset.

C’est l’histoire du retour des Acadiens, ces gens, originaires de France, qui vivaient au Québec et qui ont été massacrés et déportés par les vainqueurs anglais. Dispersés, certains choisissent de rester dans ce qui deviendra les États-Unis (notamment en Louisiane), mais d’autres décident de rentrer, sans rien demander à personne. Ils s’installent dans ce qui est désormais le Nouveau-Brunswick.

Après ça, venez me dire à moi, qui fourbis chaque matin mes seize quartiers de charrette, qu’un peuple qui ne sait pas lire ne saurait avoir d’Histoire.

Mais ici, ce n’est pas un livre d’histoire. Est-ce vraiment un roman ? Maillet raconte la grande épopée misérable de Pélagie, dite la Charrette, qui part de Géorgie en charrette à bœufs, avec ses fils, sa fille, une orpheline, un vieillard et une guérisseuse boiteuse. En chemin, il arrive des aventures mémorables : d’autres familles rejoignent la charrette, une autre prend la route de la Louisiane, des gens que l’on croyait morts réapparaissent, un bébé naît, on manque de se noyer et de périr de froid, on se bat, on croise la guerre d’Indépendance américaine, etc.

Car le livre raconte aussi la façon dont ce grand mythe a été transmis oralement, de génération en génération, avec ses silences et ses exagérations, ses miracles et ses gestes de bravoure. Un mythe fondateur où les Acadiens revenus chez eux pour tout reconstruire pourront puiser.

Toutes les têtes sortent du conte l’une après l’autre, laissant le conteur Bélonie ralentir ses phrases, freiner, puis semer dans l’air du temps trois ou quatre points de suspension, avant de baisser les yeux sur son auditoire qui déjà s’affaire et court aux quatre horizons.

Ceci dit, la vraie héroïne, en plus de Pélagie à la tête de tout un peuple, c’est la langue. La langue acadienne. Maillet reconstitue une langue française ancienne, du québécois ancien, du parler paysan, très oral. J’avoue que c’est un peu chargé pour mon goût, un peu artificiel, un peu qui s’écoute trop parler. L’idée est de restituer le récit d’un conteur. Je saisis l’ambition, mais sans être convaincue à 100 %. J’apprends sur Wikipedia que Maillet a fait sa thèse sur Rabelais. Je comprends ce goût de gourmet pour la langue la plus riche !

Revirez-vous la peau de l’avers à l’endroit pour vous réchauffer le dedans au soleil une petite escousse. Vous avez grand besoin de vous faire éventer, tout le monde.

Je me suis aussi un peu perdue dans les différents personnages et les familles, ce qui n’est pas bien grave. Les personnages ne sont guère fouillés, mais traités avec tendresse et humour par Maillet. Je regrette que les bœufs aient des noms, mais qu’il soit seulement question d’un Noir et d’un Micmac. Je sais bien que l’on est dans un mythe réinventé et que ce genre de personnage vaut davantage pour sa dimension symbolique qu’individuelle, mais à la fin des années 70, ça fait un peu mal.

Le rôle sinistre est attribué à une autre charrette, celle de la Mort, qui suit de près celle de Pélagie. Il y a également une famille de Basques, chasseurs de baleine et pêcheurs depuis toujours, un violon enchanté, un forgeron qui est naturellement magicien et bien sûr, un voyage à dos de baleine. Je ne peux pas non plus m’empêcher de penser au Chevalier de la Charrette que la romancière connaissait forcément.

Raymond, Poème de la terre, 1940, MNBAQ

Comme ça les Melanson de la Rivière-aux-Canards n’étaient point restés dans le sû ? Et les Bernard et les Bordage, et les Arsenault, vous me dites pas ! Tout ce monde-là serait remonté en Gaspésie ? C’était-i avec l’idée de s’y établir ? Et les Pellerin, qu’était-il advenu des Pellerin ? Jamais je croirai qu’ils ont partagé l’embarcation des Robichaud, ça se parlait même pas dans le temps. Mon Dieu ! puis les Vigneault, on avait des nouvelles des Vigneault, après toutes ces années ? Comment vous dites ça ? Ils sont rendus aux îles de la Madeleine ? Et d’autres à Saint-Pierre-et-Miquelon ? Et plusieurs Gaudet et Doucet et Belliveau ont pris à travers bois vers Québec ? Mais les déportés vont-ils finir par inonder le pays ?

Faudrait vous souvenir itou de la saison des métives avec ses pommiers tant chargés que les nouques des branches en craquiont ; et la saison des sucres avec sa sève d’érable qui dégouttait dans les timbales ; et le saisons des petites fraises des bois… Ils avont-i’ des fraises des bois et du sirop d’érable dans votre Louisiane ?

C’est avec ce titre que Maillet a remporté le Prix Goncourt 1979.

Lecture commune organisée par Miriam, que je remercie pour son initiative. Je lirai certainement d’autres titres, d'autant que je me suis aperçue que l'on m'en a offert un.

Évidemment, ça donne envie de prendre l’avion pour là-bas.


mardi 17 décembre 2024

La première neige mouille, délicate, le bout de mon nez rougi par le froid.

 


Gabrielle Filteau-Chiba, Sauvagines, 2019.

 

La narratrice, Raphaëlle, est une jeune femme, garde- forestière en forêt du Kamouraska. Au début du livre, elle accueille une petite chienne qu’elle nomme Coyote. Au milieu d’un quotidien désenchanté, puisque son métier ne consiste pas réellement à limiter la chasse et les destructions, la voici sur la piste d’un braconnier particulier, soupçonné de carnage à outrance, mais également de violences sur les femmes, voire d’autres crimes encore. Raphaëlle se trouve bientôt elle-même traquée, mais elle trouve la protection de Lionel et surtout d’Anouk.

Ce roman et les autres de l’autrice ont eu beaucoup de succès et j’avoue que j’étais un peu méfiante en commençant. En réalité je l’ai lu avec plaisir et entrain. Je trouve que le roman retranscrit bien l’hypocrisie de ces administrations « qui gèrent la ressource » mais sans faire grand-chose, ainsi que le mode de vie dans ces régions de forêt. Si le personnage du braconnier m’a paru forcé dans son outrance (je ne ne dis pas que c’est invraisemblable mais l’accumulation est quand même lourde), j’apprécie l’habileté de ne pas nous le montrer en face. Le roman prend ainsi vaguement l’allure d’un thriller.

Il y a aussi la belle histoire entre Raphaëlle et Anouk.

J’aurais apprécié qu’il y ait davantage de nature.

Homer, Chasse au renard, 1893 PAFA
 


En effet, des traces fraîches d’ours adulte longent mon bac à compost. D’autres nouvelles pistes dans la boue traversent l’érablière. L’animal est même allé fouiner près de la tinque d’eau de pluie surélevée qui me sert de douche froide. Peut-être attiré par l’odeur de mon savon à la citronnelle. Derrière mon épaule, j’entends des branches qui craquent, bruit qui s’éloigne sur ma gauche.

 

Des fois, je me sens comme un parcomètre qui veille à ce que l’industrie de la chasse continue de faire vivre les dépanneurs des villages. En plus, il faut que je sourie poliment à ces gens qui se pavanent saouls en quatre-roues ensanglantés de panaches, une once d’orgueil de vainqueur sorti vivant du bois dans le regard.

 

Je conseille la lecture de Lise Tremblay qui, sur des thématiques proches, est bien plus subtile et littéraire.


Prochain billet littéraire en janvier. D'ici là, le traditionnel bilan de l'année.




 


jeudi 28 novembre 2024

Puis ils courent en direction du froid, avec les conséquences qu’on imagine.

 

Jean Désy, Le Coureur de froid, 2018.

 

Un tout petit livre. Le narrateur est médecin et il choisit de vivre (à moins qu’il ne se soit réfugié) dans le grand nord du Nunavik. Là, il apprend à chasser, il rencontre Eva qui veut un enfant de lui. Mais le narrateur a une fille de sept ans, Marie, dans le sud (= villes du sud du Canada). Il veut la revoir. Impossible de lui faire croire qu’il l’a abandonnée. Alors il s’élance, d’abord en motoneige et puis à pied, dans le froid.


Marie m’accompagne. Elle se tient raide sur ses skis de fond. Elle se nourrit de silence, en même temps que moi. Pourtant, lorsqu’on a sept ans, tout peut devenir ennuyeux en forêt, devant le solennel des caps rocheux, dans le parfait silence des sapins enneigés, entre deux montagnes laurentiennes, dans le blanc tout blanc de l’âme qui chante. En hiver, mon âme s’apaise. Le blanc donne de la force à l’âme. Marie apprendra.


Le narrateur ne m’a pas été très sympathique, je l’avoue, un peu instable, un peu égoïste, même s’il apparaît de plus en plus en quête d’une tranquillité intérieure qui semble le fuir / qu’il semble fuir. Cela se traduit par une écriture rapide, sautillante, en cascade. C’est un peu instable et déstabilisant, mais ça a sa cohérence.

Et puis le Nunavik. Étendues immenses, forêt d’épinettes, glace, neige, et les animaux qui se cachent et dont la chasse est indispensable à la survie. Il y a la peur de mourir contre un tronc d’arbre, sous la neige, et de laisser seulement un petit tas d’os.

Au milieu de tout cela surgit un renard apprivoisé - serait-on en plein conte ? Peut-être. Il faut peut-être un peu de magie pour survivre dans ces contrées. Il existe une cabane où l’on peut se réfugier, à tous les sens du terme, et à partir d’où on peut espérer atteindre la ville, le sud et le printemps.

Comment être présent à son enfant en étant si loin et en ayant tant de mal à se supporter ?

Nick Sikkuark, Esprit, 1999 (bois de caribou, os de baleine, corne de boeuf musqué, stéatite) MNBAQ
 


Le soleil a basculé. Il a fait sombre, puis très noir, sans lune souriante pour m’égayer l’âme, sans la moindre belette pour me tenir compagnie. Je ne frissonnais plus. J’avais mal dans chacun de mes os, sauf ceux du pied droit.

 

Il me fallait quitter ma carapace pour mieux la réintégrer, pour enfin sentir monter la compassion en moi. C’est le seul mot qui me venait en tête : compassion. (…) Si je ne la découvrais pas, c’en était fait. Jamais Marie ne pourrait espérer ravoir près d’elle un père qui en vaut la peine.

Mes pieds ont été les premiers à se détacher. Ils vivaient encore, mais très loin de moi, gelés. Il tombait une neige qui laissait voir le cristal de centaines de flocons différents. Mon cœur, qui avait battu très vite, s’est reposé. Les arbres respiraient au même rythme que moi. Au loin, la montagne ne formait plus une barrière. J’aurais voulu me dissoudre au sein de cette montagne.

 

J’ai une curiosité de lire d’autres titres de l’auteur (si vous avez des idées à suggérer…).



 

mardi 26 novembre 2024

Née d’une sorte de conte, je me trouvais à en être sortie.

 


Jacques Ferron, L’Amélanchier, 1970.

 

Le récit est mené (soi-disant) à hauteur d’une petite fille de 5 ans, qui croit aux histoires que lui raconte son père. La maison, la pelouse pleine de pissenlits, le bois enchanté, l’amélanchier, arbre merveilleux, et les rêves qui sont autant de réalités. Elle imagine son père en voleur et la ville peuplée de monstres divers.

Pas facile de se repérer dans ce monde de mots. C’est une langue comme celle de l’enfance, mais où les mots, anciens, rares et magiques, abondent et campent un monde proche, mais un peu différent. Les lectures du père et les histoires imprègnent aussi cet imaginaire, notamment un Anglais très poli qui regarde toujours sa montre avant de disparaître et qui n’est pas sans faire penser à certain lapin.


Dès le premier printemps, avant toute feuillaison, même la sienne, l'amélanchier tendait une échelle aux fleurs blanches du sous-bois, à elles seulement ; quand elles y étaient montées il devenait une grande girandole, un merveilleux bouquet de vocalises, au milieu d’ailes muettes et furtives, qui annonçaient le retour des oiseaux.


Mais la petite fille grandit, va à l’école et oublie peu à peu comment accéder à ce monde. D’ailleurs le bois lui-même est rasé et transformé en lotissement. C’est un chapitre déchirant quand elle raconte le vrai métier de son père, geôlier dans une institution où sont entassés tous les enfants dits anormaux dont on ne veut pas. Portrait glaçant du Canada de l’après-guerre. Portrait touchant d’un garçon de 15 ans resté, lui, dans le monde de l’enfance. On comprend alors toute la portée du roman. C’est l’héroïne adulte qui raconte.

Fortin, L'Orme à Pont Viau, 1928 MNBAQ

 


Mon enfance je décrirai pour le plaisir de me la rappeler, tel un conte devenu réalité, encore incertaine entre les deux. Je le ferai aussi pour mon orientement, étant donné que je dois vivre, que je suis déjà en dérive et que dans la vie comme dans le monde, on ne disposer que d’une seule étoile fixe, c’est le point d’origine, seul repère du voyageur.

C’est presque le début.

  

Notre bible se lisait ainsi : « Il y a eu trop de commencements des temps, on ne saura jamais où l’on est rendu si l’on veut les garder tous. Mise à part la naissance, seule irrémédiable, tous les départs sont sujets à reprises, les commencements à recommencements. L’espace est là tout autour qui joue de bons tours au temps en le replantant comme du blé. Pour relancer la genèse, il ne faut pas la prendre de trop loin. »

 

Je dois avouer que j’ai été contrainte de le lire un peu rapidement. Il faudra que je le reprenne en m’arrêtant davantage sur tout ce qui est dit, car c'est un bien beau texte.



 


jeudi 11 juillet 2024

Alors je vais rester ici…de même !

 

Louis Hemon, Maria Chapdelaine (récit du Canada français), 1913.

 

C’est la fin de l’hiver (en avril donc) (…) dans le nord du Canada français, là où la forêt règne encore, là où on défriche les parcelles des concessions. Maria sort de l’adolescence. Elle vit avec ses parents, ses frères et sœurs, dans un endroit reculé, loin des villages et des hameaux. L’existence y est dure. Il faut défricher la terre, la cultiver, la moissonner, s’occuper des moutons et des poules, faire le pain, on n’y voit personne, toujours le même voisin, les nouvelles y sont rares… Cette année-là Maria découvre la promesse de l’amour, le chagrin, la résignation, l’espoir malgré tout.


Personne n’avait dit un mot pour le hâter ou l’interrompre ; on l’écoutait comme on écoute quelqu’un qui conte une histoire, quand le dénouement approche, visible mais inconnu, pareil à un homme qui vient en se cachant la figure.


C’est un roman assez lent, au déroulement sans réelle surprise, mais relativement court (120 pages). Il permet la description fine et documenté de ce mode de vie des paysans de la forêt, avec leurs habitudes et leurs travaux. Malgré l’indéniable parti pris de l’auteur, il n’y a aucune figure négative et l’on rencontre donc un jeune homme qui a préféré vendre sa terre pour mener une vie plus errante, entre chantiers forestiers et saisons de chasse, parce qu’il ne saurait pas se satisfaire de la répétition de la vie paysanne, tandis qu’un autre jeune homme a préféré partir travailler en usine aux États-Unis où il profite de la vie moderne. Parmi même les paysans, on trouve ceux qui aiment s’installer là où il n’y a personne pour défricher tandis que d’autres apprécient la vie de village. Voilà un talent de représenter un petit monde.


La mère Chapdelaine se tut, et soupira. Elle pensait toujours avec regret aux vieilles paroisses où la terre est défrichée et cultivée depuis longtemps, et où les maisons sont proches les unes des autres, comme à une sorte de paradis perdu.

(…) Faire de la terre – c’est la forte expression du pays, qui exprime tout ce qui git de travail terrible entre la pauvreté du bois sauvage et la fertilité finale des champs labourés et semés. Samuel Chapdelaine en parlait avec une flamme d’enthousiasme et d’entêtement dans les yeux.


Mais la vraie création de Hemon est la langue. J’ai lu le roman sans m’être renseignée sur son contexte d’écriture. J’y ai entendu le français de mes amis québécois, leurs tournures et leurs intonations, un peu forcées, un peu tirées vers une note archaïque. De fait, Hemon invente et recrée une langue québécoise paysanne, à partir de sa connaissance de la langue paysanne parlée dans l’Ouest de la France avant le XIXe siècle, telle qu’il s’imagine qu’elle a pu voyager et survivre, morceau de normand installé par-delà les mers. C’est plein de charme.

Je note que le cheval s’appelle Charles-Eugène. Il y a une charmante cueillette des bleuets.

 

Sandham, Le Retour de la chasse, 1877 Ottawa


« C’est une grande perte – fit-il enfin – Tu étais bien gréé de femme, Samuel ; personne ne peut rien dire à l’encontre. Tu étais bien gréé de femme, certain ! »

Après cela il se tut de nouveau, chercha sans les trouver des paroles de consolation, et finit par parler d’autre chose.

« Le temps est doux à soir : il va mouiller bientôt. Tout le monde dit que le printemps viendra de bonne heure. »

 

À travers les heures de la nuit Maria resta immobile, les mains croisées dans son giron, patiente et sans amertume, mais songeant avec un peu de regret pathétique aux merveilles lointaines qu’elle ne connaîtrait jamais, et aussi aux souvenirs tristes du pays où il lui était commandé de vivre : à la flamme chaude qui n’avait caressé son cœur que pour s’éloigner sans retour, et aux grands bois emplis de neige d’où les garçons téméraires ne reviennent pas.


 

Le saviez-vous ? Hemon est un auteur français. Il a écrit le roman au Québec, mais la première parution se fait en France. 

Je me demande si le roman ne pourrait pas être inscrit dans le programme d’Ingannmic sur les mondes du travail, pour les paysans, car on y trouve tous les noms d’outils et descriptions de gestes de ce métier.

 


 

jeudi 2 novembre 2023

Où sommes-nous dans ce pays si lointain qu’il nous fait vivre les saisons à en crever ?

 


Stéphanie Boulay, À l’abri des hommes et des choses, 2016, aux éditions Québec Amérique.

 

Une voix qui raconte sa vie en un court roman. Le lecteur comprend progressivement que la narratrice, entre l’enfant et l’adolescence, est peut-être un peu simple ou décalée du monde, qu’elle vit avec Titi près d’une rivière (au Québec). Elle raconte sa vie à l’école, les vacances quand elle peut nager, les relations avec Titi dont elle ignore si elle est ou non sa mère, Titi qui aimerait bien être amoureuse et qui déprime, la maison pas très bien tenue, les crises d’angoisse quand on change ses habitudes. C’est quelques mois d’une vie où il n’y a pas grand-chose, un garçon qui passe en été, un changement de classe, l’adolescence, des questions qui se posent.


Titi et moi, on regarde pousser la Lune et on imagine qu’on la croque quand elle est grosse et juteuse, pour la faire maigrir, et ça marche toujours.


C’est un texte sensible. La langue de la narratrice est différente et c’est pourtant la nôtre, plus imagée, ou plus concrète, plus au pied de la lettre, sans les fioritures.

La vie peut être dure pour elle, mais elle n’est pas bête et elle sait s’adapter aux humeurs et aux attentes des autres. Elle saura trouver comment se mettre à l’abri.

 

Ashevak, Personnage, 1974 os de baleine BA Ottawa


Je crois que Mané est un petit peu comme moi, dans le sens qu’il est pas pareil, et moi je ne suis pas pareille. Pas de la même façon, mais d’une façon qu’on peut rire ensemble. Et quand on se voit, on ne voit pas les autres qui sont comme les autres, et ça nous fait du bien. Mais si les autres s’en mêlaient, je ne serais plus spéciale, je serais juste moins quelque chose ou moins quelque chose d’autre.

 

Parfois, je crois qu’il faut savoir endormir ses soucis comme des bébés qui pleurent pour les remettre à plus tard, parce que d’autres choses pressent encore plus et que, de toute façon, la nuit porte conseil et efface souvent des tristesses qu’on pensait qu’elles ne s’en iraient jamais. Et je le sais puisque je l’ai déjà expérimenté, moi qui ne suis pas plus folle qu’une autre et pas plus folle qu’on pense.

 

Merci Sylvie pour la lecture ! Tu as bien fait d’insister.

 

Lire au Québec. Une autrice.



 

mardi 31 octobre 2023

J’ai dit que Harrison écrivait des romans sur la vie que j’aurais menée si je n’avais pas quitté le Saguenay.

 

Lise Tremblay, La pêche blanche, 1994.

 

Simon, le narrateur se trouve en Californie, dans un motel, où il passe l’hiver. On est en février, c’est la saison à laquelle il remonte normalement au Canada pour voir son frère Robert et rejoindre ensuite un chantier. Mais cette année, il traîne. Il lit des romans de Jim Harrison sur le quai. Il écrit à son frère.

Nous avons aussi la vie de Robert, professeur de littérature à Chicoutimi, sur le Saguenay. Il aime la vue sur le fleuve, il rêvasse, il attend son frère. Il n’est pas très bien compris de sa femme, de sa mère, et d’autres. Tout le monde n’est pas sensible à la poésie de l’hiver.


J’ai pensé qu’il surveillait encore la rivière, comme nous n’arrêtions pas de le faire lorsque nous étions enfants. Jamais je ne me dis : « Là-bas, c’est l’hiver. » Jamais. C’est autre chose. Comme si l’hiver était un état. On le porte à l’intérieur de soi.


Ce court roman (100 pages) se déploie ainsi en alternance, entre le soleil de là-bas et le froid d’ici, jusqu’au moment où Simon et Robert se rejoignent. Chacun est seul. On ne saura pas forcément grand-chose sur eux. Simon reçoit du courrier d’une femme depuis la Suisse, mais il doit refermer cette histoire. Il a fui le Saguenay, mais y revient sans cesse. De la vie de Robert, on voit surtout ses allers-retours entre le poêle et la belle vue des fenêtres. Éloignés par les kilomètres, les deux frères se comprennent mieux que la famille restée sur place.


Il lui sembla que, depuis des années, il ne faisait que cela. Attendre.


Contrairement à d’autres textes de Tremblay, les femmes sont ici à l’arrière-plan. La femme de Robert semble vivre à côté de lui, incapable de le comprendre, recluse dans la vie de la télévision et les ragots familiaux. Il y a la mère, dont on comprend à demi-mot à quel point son mari l’a étouffée et combien elle attend sa libération. Mais sans détail aucun. Ce sont des choses dont on ne parle pas.


Ses beaux-frères avaient toujours agi avec lui comme si la vie, la vraie vie qu’ils vivaient, eux, ne le concernaient pas. Probablement parce qu’il n’avait pas leur odeur. Un relent d’huile que les hommes conservaient en permanence et qui faisait d’eux des hommes. Un relent d’huile qui les exemptait de parler aux femmes, qui les faisait se reconnaître entre eux.

Savage, La Maison rouge Dorval 1928 MNBAQ


La nature s’incarne ici dans l’hiver. La neige, la glace, le vent, le froid qui tue, la vue sur le fleuve magnifique, les cabanes de pêche. Simon et Robert, mais aussi les femmes, se tiennent loin des chasseurs et de leurs tueries exhibitionnistes.

Simon lit Jim Harrison, ces romans d’hommes paumés entre un monde rural et étroit et des aspirations plus vastes, et l’alcool, et de grandes explorations des bois et des paysages. Je pense qu’il lit notamment Nord Michigan où il est question d’une infirmité physique qui empêche le héros de devenir agriculteur et de faire pleinement partie du monde viril collectif.

J’ai l’impression d’avoir des mots lourds et maladroits alors que Tremblay dit sans dire, avec subtilité, laissant imaginer les mots qui ne sont pas dits ou les pensées qui sont tues. C’est le drame de la condition humaine ordinaire.

 

Ce serait une journée claire, froide, sans vent, avec une lumière éblouissante. Le soleil était rose à l’horizon. Robert pensa à la lumière qu’il y aurait toute la journée, une lumière qu’on ne pouvait pas soutenir du regard, une lumière fabuleuse. Une lumière qu’on devrait contempler tout le jour sans rien faire. En longeant le bord du Saguenay, il la verrait arriver du nord, éclatante, sans merci.

 

Lire au Québec.

Une écrivaine.


Lise Tremblay sur le blog :

 

Sur ce roman, le billet de Yueyin et celui de Karine.




 

dimanche 20 août 2023

La forêt défriche en moi tant d’années.

 

Hélène Dorion, poème La Bête, recueil Mes forêts, Édition Bruno Doucey 2021.



La bête

 

bondit avec sa soif

un goût de froid

dans la gueule

nos questions d’enfants

jamais réparées

 

on pourrait l’abattre

et avec elle

l’écho des finitudes



Si vous connaissez déjà Hélène Dorion, c'est que vous passez le bac de français 2023-2024 (et oui, une poétesse vivante québécoise !). Et si vous ne connaissez pas, j'ai programmé quelques publications pour le mois d'août.


samedi 12 août 2023

Les racines s’accordent à la sève qui les fouille.

 


Hélène Dorion, poème Le ruisseau, recueil Mes forêts, Édition Bruno Doucey 2021.



creuse loin dans la terre

dénoue la montagne qui pèse

de tout l’automne

le rideau s’effrite

dans un souffle lourd

le ruisseau balaie le passé

vers demain

entraîne dans son courant

le froid qui rongeait les heures

 

comme un petit bruit

au fond de l’âme

ce que l’on tait

les pierres le portent



Si vous connaissez déjà Hélène Dorion, c'est que vous passez le bac de français 2023-2024 (et oui, une poétesse vivante québécoise !). Et si vous ne connaissez pas, j'ai programmé quelques publications pour le mois d'août.


vendredi 4 août 2023

Je déchiffre enfin le désordre des branches .

 

Hélène Dorion, poème sans titre, recueil Mes forêts, Édition Bruno Doucey 2021.




Mes forêts sont de longues traînées de temps

elles sont des aiguilles qui percent la terre

déchirent le ciel

avec des étoiles qui tombent

comme une histoire d’orage

elles glissent dans l’heure bleue

un rayon vif de souvenirs

l’humus de chaque vie où se pose

légère              une aile

qui va au cœur

 

mes forêts sont des greniers peuplés de fantômes

elles sont les mâts de voyages immobiles

un jardin de vent où se cognent les fruits

d’une saison déjà passée

qui s’en retourne vers demain

 

mes forêts sont mes espoirs debout

un feu de brindilles

et de mots que les ombres font craquer

dans le reflet figé de la pluie

 

mes forêts

sont des nuits très hautes


Si vous connaissez déjà Hélène Dorion, c'est que vous passez le bac de français 2023-2024 (et oui, une poétesse vivante québécoise !). Et si vous ne connaissez pas, j'ai programmé quelques publications pour le mois d'août.


mardi 29 novembre 2022

On est tous une gang d’enfants blessés d’une façon ou d’une autre qui jouent à être adultes.


Virginia Pésémapéo Bordeleau, Ourse bleue, 2007.

 

La narratrice, Victoria, voyage avec son compagnon dans la région de baie James au Québec. Elle remonte les souvenirs de l’enfance et de la famille maternelle, chez les Cris, rencontrant des cousins et se remémorant. Très vite elle souhaite apporter la paix à l’esprit d’un grand-oncle parti chassé il y a longtemps et donc le corps n’a jamais été retrouvé. Mais si les premiers souvenirs familiaux sont ceux de la petite enfance, de la douceur et des jeux, très vite il est question d’une famille fracassée par l’alcool et le désespoir, à l’identité détruite et peinant à se rassembler.


Si j’obtiens des bénédictions, qu’elles s’étendent sur ma famille présente, mais aussi sur mes ancêtres et les générations futures !


Ce roman nous offre une fenêtre sur le monde chamanique des Cris.

Je me perds un peu dans les frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines, mais ce n’est pas très grave. Est-ce que toutes les familles ne sont pas des endroits où l’on se perd quand on y est extérieur ?

Je suis frappée à sa relecture par son double balancier, entre espoir et désespoir (oui, certains parleraient de « résilience »). L’évocation des déchirements et de la famille des familles autochtones est terrible. Parallèlement, l’amour et l’amitié, les photos des moments heureux, les souvenirs réconfortants, le lien profond avec la nature, tout comme la culture et le sens de l’humour, sont là pour aider Victoria à tenir debout et à avancer.

Il y a des pages très tristes, qui donnent envie de pleurer, et puis vient l’apaisement et même un peu de sourire.

Un joli petit livre, très touchant.

 

Nous parlons longuement des ramifications familiales. Les nombreuses progénitures des Nédéniyumin devenus Domind, dont les filles suivaient leurs époux vers d’autres communautés : Némaska, Waswanipi, Mistissini… Le temps distançait alors des liens maintenus vivants par voie orale ou par l’écriture syllabique.

 

Lire au Québec. Une autrice.

 

Mon premier billet.


samedi 26 novembre 2022

Séjour au Québec, balade en forêt

 

Qui dit Canada, dit forêt. Immenses forêts, avec de grands arbres. Et aussi des rivières et des lacs. Le Canada, c’est un cinquième des ressources en eau potable de la planète, autant vous dire que j’ai vu plus d’eau en une journée là-bas qu’en un an à Marseille.

Balade en forêt sans voiture individuelle, est-ce possible ? Les possibilités sont très limitées et certains splendides paysages me restent éloignés à jamais (puisque la majorité des parcs m’est donc inaccessible), mais elles existent !

D’abord à Québec, l’association Quatre Nature organise des navettes jusqu’au parc de la Jacques Cartier. Aller et retour, il vous suffit d’emporter votre pique-nique. Sur place, il y a 2 ou 3 balades accessibles le temps de la journée. J’avais testé ce système à Vancouver, très pratique pour s’offrir une journée au vert au milieu des visites de musée, mais il existe également dans d’autres villes.

Et puis à Tadoussac, on se trouve aussi à l’extrémité du parc du fjord de Saguenay. 40 km de pistes s’offrent à vous (et donc j’en ai fait beaucoup moins).

Ce sont deux forêts très différentes. Et donc c’était vraiment bien.


Allez, chaussez-vous et n'oubliez ni le coupe-vent ni le sandwich.

Parce que vous avez tous été émerveillés devant les lumières du Saint-Laurent, n'oubliez pas que vous aurez aussi assez souvent ceci : de la pluie, de la brouillasse, un horizon bouché et pas très chaud.

Sploutch, splotch, disent mes chaussures. Heureusement à partir de 11-12h, la pluie devient brouillard, puis se lève progressivement. Le terrain a un petit dénivelé, mais le Canada n'est pas un pays très accidenté (quand on est habitué aux calanques, c'est vraiment pas difficile).

Je photographie les écorces des arbres. Le bouleau au tronc blanc perd de longues bandes d'écorce rouge, celles qui servaient aux autochtones pour fabriquer nombre d'objets.

De la mousse ! Hyper exotique quand on vient des régions méditerranéennes. Le sol est couvert par les aiguilles des épinettes et il est élastique sous le pas, souple et amortissant comme un revêtement sportif. C'est très confortable pour les jambes.

Les écureuils et leurs cousins, les tamias, sont très nombreux. On les entend crier sans toujours les apercevoir.

Mais quelles sont ces créatures ????

C'est la première photographie... mais quelques heures plus tard. Il est l'heure de rentrer !

Deuxième balade, dans les hauteurs du parc du fjord du Saguenay.

Il fait beaucoup plus sec et chaud ce jour-là.

Les Québécois l'appellent perdrix, mais c'est une gélinotte. 

Le lieu idéal pour manger sa barquette de fraises avant de repartir.

On chemine, on chemine...

Sitelle à poitrine blanche et mésange à tête noire

J'ai aussi aperçu un pygargue à tête blanche, mais il n'a pas attendu d'être photographié. Et plusieurs geais du Canada. Impossible de les photographier, je vous mets l'image Wikipedia parce qu'il est trop trop beau, ce serait dommage que vous loupiez ça. J'ai aussi assisté à la bataille homérique d’un mulot contre une chenille.

Si vous aimez les forêts humides, le lien vers mes balades en forêt sur la côte ouest du Canada avec de la mousse qui pend des arbres !! !
Les précédents billets. Québec 2022 : la ville de Québec ; 1701 : la Paix de Montréal ; Voyage en pays Huron-Wendat ; Trois-Rivières et le chemin du Roy ; Sainte-Anne-de-Beaupré ; À Charlevoix, le long du fleuve ; Art populaire québécois ; les incroyables baleines.
Il reste un seul billet ! Il est temps que je prépare la série suivante.