Jack London, Construire un feu (ou La Face perdue), traduit de l’américain par Paul Gruyer et Louis Postif, recueil de nouvelles paru en 1910.
Recueil de nouvelles du Grand Nord. Ces histoires se passent là-haut dans des endroits tellement perdus qu’on ne sait pas s’ils se trouvent en Alaska ou dans les territoires britanniques (Canada ?), à moins que ce ne soit la loi de bandes russes qui s’y applique. Il y a aussi des Indiens pas très bien identifiés (peaux rouges ou sauvages) (on est loin des Premières nations). Globalement, c’est un monde de brutasses, même si des événements extraordinaires peuvent survenir.
Mais ni la ligne mystérieuse de l’horizon lointain, ni l’absence du soleil, ni le froid terrible qui sévissait, ni toute cette ambiance de fantastique désolation, ne troublaient l’homme au-delà de ce qu’il était nécessaire.
La nouvelle Construire un feu est très réussie. Un homme qui marche dans la neige et le froid, qui calcule tout pour échapper à la mort par le froid, qui compte ses allumettes. Pas de notation psychologique superflue, pas de passé, de souvenirs, de sentiments. Un récit purement factuel. Et cette mention simple et terrible : il fait vraiment très froid. La nouvelle est connue par l’adaptation BD de Chabouté que j’ai lue il y a quelques temps, une adaptation réussie, quasi en trois couloirs, noir, blanc et rouge, d’une sobriété à la mesure de l’immensité de la nature polaire.
Il y a aussi de l’humour : La Face perdue montre un homme plein d’astuce et d’humour au moment crucial. Dans une nouvelle, un homme décide d’arrêter l’alcool dans des circonstances incroyables et très amusantes. Des farces que l’on se joue les uns aux autres. Des histoires que l’on se raconte au soir, auprès du feu, qui vont de la disparition d’un chercheur d’or à celle de l’expédition Franklin, ou une histoire d’amour tragique.
Et des portraits de chiens avec une formidable personnalité.
Quelque chose d’immense flottait dans les yeux de cette brute. Un message y était enclos, que j’étais incapable de saisir. Il errait derrière ces prunelles. Ce n’était ni de la lumière, ni de la couleur. C’était… J’ai souvent éprouvé la même impression devant les yeux d’un cerf frappé à mort… C’était plus qu’une parenté entre ces yeux et les miens, entre cette âme et la mienne. C’était une égalité. Vous qui n’avez pas, comme moi, senti ce regard, dites, si vous voulez que je suis fou. C’est ainsi pourtant. Bref, ce chien nous déconcertait.
L’avis de Claudia Lucia qui patronne d'ailleurs un défi Jack London.
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| H. Sandham, Le Retour de la chasse, 1877 Ottawa BA. |





