La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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mercredi 15 avril 2026

Recroquevillé sur un banc de gare, mon dédain somnole, bien enveloppé dans la longue capote de mon abattement.

 


Fernando Pessoa, Le Livre de l’intranquillité, rédigé de 1913 à 1935, première édition portugaise 1982, traduit du portugais par Françoise Laye, édité en France par Christian Bourgois d’après l’édition portugaise de 2009.


C’est un narrateur, Bernardo Soares, qui tient la plume et nous lisons ses fragments, des notes où il exprime son malaise, son sentiment de vacuité. Vivre, pourquoi vivre ? Aucun intérêt alors que les songes paraissent si réels.
Dépression, mélancolie, vide… s’agit-il d’un ressassement interminable ? Si on veut – et la lecture peut être répétitive – mais en fait, pas du tout. C’est qu’en pleine contradiction avec lui-même, notre homme s’attache à observer son monde, le sien, celui de son existence, celui de sa ville, de ses voisins et collègues. Le tout avec acuité, ironie, cruauté, tendresse, envie… et cette peinture est éminemment réaliste et concrète.
Quel livre étonnant.

J’ai beaucoup rêvé. Je suis las d’avoir tant rêvé, mais non point de rêver. Rêver, voilà ce dont nul ne se lasse, car c’est oublier, et l’oubli ne nous pèse pas, c’est un sommeil dépourvu de songes, pendant lequel nous demeurons éveillés. En rêve, j’ai tout obtenu. Je me suis réveillé aussi, mais qu’importe ?
Extrait du fragment 102.

En parlant autour de moi, je me suis rendu compte que pas grand-monde ne l’avait lu, ou alors il y a longtemps, mais que beaucoup aimaient le titre, et que beaucoup projetaient la vie de Soares sur celle de Pessoa. Certes, Soares est un des nombreux hétéronymes de l’auteur portugais, mais l’existence que Pessoa attribue à son personnage est assez différente de la sienne.


C’est un gros roman, que j’ai lu à raison de 20 pages par soir après la journée de boulot. J’y ai pris beaucoup de plaisir, me perdant, oubliant, revenant, m’émerveillant, me disant « mais c’est toujours comme ça » et marquant plein plein de pages. Je m’y suis reconnue et je me suis dit « ah non pas du tout ». J’ai surtout été frappée par l’infinie poésie de nombre de descriptions. C’est que le narrateur ne renonce ni aux mots ni à la littérature, même s’il prétend le contraire.
Ce sont donc les fragments, sans récit, d’une existence dépressive et répétitive, mais je suis prise par le charme particulier et indéfinissable de cette écriture, comme une longue déambulation sans but.

Je suis les faubourgs d’une ville qui n’existe pas, le commentaire prolixe d’un livre que nul n’a jamais écrit. Je ne suis personne, personne. Je ne sais ni sentir, ni penser, ni vouloir. Je suis le personnage d’un roman qui reste à écrire, et je flotte, aérien, dispersé sans avoir été, parmi les rêves d’un être qui n’a pas su m’achever.
Extrait du fragment 262.

Bref, c’est un mastodonte de la littérature mondiale et donc européenne.
Quand Cléanthe nous a demandé de choisir, je cite, un coup de coeur, une lecture qui incarne le continent, pour clôturer cette magnifique année d’escapades littéraires en Europe, je suis tout de suite partie du constat que ses propres thématiques étaient très continentales : les Alpes, la MittleEuropa, la Suisse… (oui, je suis parfaitement de mauvaise foi – et alors ?). C’était il y a un an, je venais de lire un livre d’histoire sur Ravenne qui me paraissait parfaitement représenter l’Europe dans toutes ses composantes géographiques et culturelles. J’ai eu envie de Méditerranée, d’embruns, de bleu, de soleil, de partir à l’Ouest… Nous voici à Lisbonne, au Portugal, ce Finistère du continent, là où l’Europe se jette dans l’Atlantique. Dans les années 1930 Pessoa est nourri de la mythologie des « grandes découvertes » et rêve encore de bateaux fendants les flots et partant au loin – il faut dire qu’il a passé une partie de sa jeunesse en Afrique du Sud. Soares oppose fréquemment ses rêveries de lointains inimaginables et sa réalité de comptable sans génie et sans intérêt.

Quand on a sillonné toutes les mers, on n’a fait que sillonner sa propre monotonie. J’ai déjà sillonné plus de mers qu’il n’en existe au monde, j’ai vu plus de montagnes qu’il n’y en a sur terre. J’ai traversé des villes plus nombreuses que les villes réelles, et les vastes fleuves de nulle part au monde ont coulé, absolus, sous mon regard contemplatif. Si je voyageais, je ne trouverais que la pâle copie de ce que j’ai déjà vu sans jamais voyager.
Extrait du fragment 138.

Pourtant ce roman n’est pas marqué par le soleil. Le narrateur (et l’auteur) ont peur de l’orage, la pluie martèle les rues, l’humidité du fleuve et de l’océan imprègne l’air. Mais toute la ville de Lisbonne est bien là.
Alors, en attendant qu’un train direct relie enfin Madrid à Lisbonne et me permette d’y aller « en vrai », j’y vais en papier.
Vieira da Silva, La Bibliothèque 1966, Beaubourg en dépôt à Nantes BA


Je considère la vie comme une auberge où je dois séjourner, jusqu’à l’arrivée de la diligence de l’abîme. Je ne sais où elle me conduira, car je ne sais rien. Je pourrais considérer cette auberge comme une prison, du fait que je suis contraint d’attendre entre ses murs ; je pourrais la considérer comme un lieu de bonne compagnie, car j’y rencontre des gens divers. (…) Je m’assieds à la porte et j’enivre mes yeux et mes oreilles des couleurs et des sons du paysage, et je chante à mi-voix, pour moi seul, de vagues chants que je compose tout en attendant.
Extrait du fragment 1.

Légère, comme une chose à son début, l’odeur fétide de la brise s’avança depuis le Tage et se répandit, sale, dans les premières rues de la Ville Basse. Elle écoeurait avec fraîcheur, dans une torpeur froide de mer attiédie. Je sens la vie dans mon estomac, et l’odorat devint quelque chose en arrière de mes yeux. Très haut, des nuages flottaient dans rien, clairsemés, enroulés sur eux-mêmes, d’un gris qui s’effondrait en une fausse blancheur. L’atmosphère semblait la menace d’un ciel peureux, comme celle d’un orage inaudible, fait seulement d’air.

On sentait la stagnation jusque dans le vol des mouettes : elles semblaient des choses plus légères que l’air, laissées là par quelqu’un.
Extrait du fragment 79.

Je remercie vivement Cléanthe pour avoir proposé et organisé ce défi si original, qui nous aura fait voyager en histoire, en géographie et en genre littéraire, au sein de la littérature européenne. J’attends avec impatience la prochaine édition !

Et samedi, début d'une nouvelle saison touristique ; vous allez avoir une surprise.





lundi 29 juillet 2024

« L’attouchement » de l’homme ne peut tromper la femme.

 


Natalie Zemon Davis, Le Retour de Martin Guerre, paru en 1982.

Au XVIe siècle, dans un village, un homme quitte sa famille et revient des années plus tard, accueilli par les siens, ses sœurs et son épouse. Sauf qu’il s’agit d’un imposteur, puisque le véritable Martin Guerre revient trois ans plus tard. Le faux sera pendu.

Ce fait divers a suscité une grande curiosité dès son temps. Cet intérêt n’a pas diminué depuis, puisque qu’il y a des romans (un d’Alexandre Dumas père) et des films (que je n’ai pas vus).

Alors retour à l’histoire.


On pouvait sonder la mémoire de l’inculpé, encore qu’on pouvait toujours lui avoir soufflé sa leçon ; demander à des témoins de le reconnaître en comptant sur leur discernement et sur leur sincérité. On pouvait examiner les signes distinctifs sur son visage et sur son corps, encore fallait-il pour que cette épreuve ait quelque signification que les témoins aient gardé un souvenir précis de la personne. On pouvait voir s’il ressemblait aux autres membres de la famille.


Zemon Davis dispose de peu d’archives sur nos héros, mais elle s’appuie sur ce qu’il est possible de reconstituer de la vie des paysans de la région à l’époque (mode de vie, relations familiales, religion, place des femmes, etc.) et sur diverses études historiques. Elle écrit ce qu’elle sait et ce qu’elle suppose : le vrai et le faux Martin se connaissaient-ils antérieurement ? étaient-ils complices ? le faux Martin a-t-il été aidé ? Et quel est le rôle de l’épouse ? Le procès la peint officiellement comme une pauvre petite paysanne qui a été abusée par l’imposteur, mais personne ne semble dupe. Elle a bien cherché à avoir un mari, et surtout un mari qui lui convenait mieux. La version officielle est sans doute plus rassurante et permet de réaffirmer l’importance de la famille.

L’ouvrage se lit très facilement et intéressera même celles et ceux qui ne sont pas habitués aux ouvrages des universitaires.

N’oublions pas que l’on parle d’une époque évidemment sans photographie, mais également sans miroir. Les paysans n’avaient guère l’occasion de savoir à quoi ils ressemblaient. Et en l’absence de tout notre système de papiers et d’indicateurs biométriques, il est seulement possible de se fier (ou non) à la mémoire des témoins.

 

Il est vrai qu’il n’offrait pas tout à fait la même apparence qu’au départ et sans doute ne tenait-il pas exactement le langage de l’ancien Martin Guerre. Mais les Guerre n’avaient pas de portraits auxquels le confronter et il était naturel qu’un homme changeât en vieillissant et que la vie de soldat transformât un paysan. Aussi, quels que fussent leurs doutes sur son identité, les habitants d’Artigat les gardèrent pour eux ou même les étouffèrent pour un temps et permirent au nouveau Martin d’entrer dans la peau de son personnage.

 

Buste de femme, 1532, calcaire, Lyon BA


 


 


 

lundi 20 novembre 2017

Ce que l’idiot a vu, il ne peut l’exprimer que par les larmes.

Anne Hébert, Les Fous de Bassan, 1982.

En 1982, le pasteur de Griffin Creek, un village qui tombe en ruine, se souvient, chargé de remords et de culpabilité. Dans l’été 1936, il est arrivé quelque chose à Olivia et Nora, deux adolescentes, jeunes, belles, désirées. Ce qu’il est arrivé, on ne le saura qu’à la fin, après avoir lu les lettres, journaux intimes, monologues et souvenirs de divers personnages qui se fraient douloureusement un chemin à travers leur mémoire.

J’ai eu quinze ans hier, le 14 juillet. Je suis une fille de l’été, pleine de lueurs vives, de la tête aux pieds. Mon visage, mes bras, mes jambes, mon ventre avec sa petite fourrure rousse, mes aisselles rousses, mon odeur rousse, mes cheveux auburn, le cœur de mes os, la voix de mon silence, j’habite le soleil comme une seconde peau.

Quel livre magnifique ! Le récit fragmenté, avec ses divers narrateurs, tous s’exprimant par allusions et répugnant à certains souvenirs, ne se donne pas facilement. Au lecteur d’avancer, entre les jumelles et les cousines, l’oncle et le cousin, de se repérer entre le soir de la tempête et celui de la danse, entre le soir fatidique et un autre jour.

Et moi, Stevens Brown, je regarde la mer, comme si je ne l’avais jamais vue. Dans cette eau qui moutonne, dont chaque vague moutonne et crépite, pareille à des balles de fusil, mille balles de fusil lâchées ensemble, une muraille crépitante qui se forme, monte, atteint son sommet, s’affaisse aussitôt, écumante sur le sable, mourante sur le sable, en un petit filet d’écume, tel un crachat blanc.
 
Les fous de Bassan sur l'île de Bonaventure. M&M. 
Dans ce petit village, où tout le monde se connaît, où les interdits sociaux et religieux règnent en maître, pas question de laisser la moindre émotion transparaître. Les hommes dominent les femmes, les prennent, les battent, les abandonnent ou les enferment. Elles peuvent s’approprier peu de choses, une heure tôt le matin quand les autres dorment, les enfants quand ils sont petits, quelques actes innocents. Olivia et Nora sont jeunes et belles, elles suscitent tous les désirs, mais elles-mêmes sont parfaitement conscientes de leur envie de connaître l’amour et/ou la sexualité. Bien sûr, il n’est pas question d’exprimer quoi que ce soit, mais l’air, le vent, le soleil, toute la nature porte cette folle envie de sensualité, dont il faut se méfier. Les voilà toutes les deux au centre de tous les regards, entre ceux qu’elles se disputent, ceux qui voudraient leur mettre la main dessus, ceux qui veulent les enfermer et tous les conseils de prudence des mères et des grands-mères.
Les désirs, les terreurs, les envies de brutalité, tout doit être ignoré et tu, tout advient au milieu des cris des fous de Bassan qui plongent sans cesse dans la mer.

C’est encore une relecture (le premier billet est ici). Il faut dire que ce roman se dévore, tant on a hâte de se diriger vers le point culminant de la tension, vers le récit des événements, autour duquel chacun tourne et se détourne, et le risque est grand de passer à côté de la langue. La première fois, j’avais eu la sensation d’aller beaucoup trop vite et de passer à côté de la beauté terrible du roman.

Avant que ne surgisse le moindre rayon à l’horizon, alors que la nuit n’est déjà plus tout à fait la nuit, devient blême et poisseuse, adhère à nos vêtements, son mufle glacé sur nos épaules, nous nous asseyons sur un rocher, ma grand-mère, Olivia et moi, serrées les unes contre les autres. En attente de la lumière. L’heure blafarde nous surprend comme une grappe d’algues visqueuses, collées au rocher, pénétrées jusqu’aux os de l’humeur même de la nuit.

L’avis d’Anne.

Québec en novembre sur tous les blogs.

lundi 6 novembre 2017

Moé, avant tout ça, j’tais sûr que c’tait vous autres qui aviez un accent !

Michel Tremblay, Chroniques du plateau Mont-Royal, tome 3, La duchesse et le roturier, 1982.

Montréal, 1947. Au début du roman, la vieille Victoire vient de mourir, alors que son fils Édouard, un homme corpulent d’une quarantaine d’années, essaie de sauver la représentation du soir au Théâtre National en multipliant les jeux de lumières. Et puis Édouard rêve…
J’ai enfin repris la saga de la famille et j’ai tellement aimé que j’ai envie de relire les deux premiers volumes ! Je ne suis pas prête de découvrir le tome 6 à ce rythme.

« On dit pas comtume de bain, Marcel, on dit costume de bain ! » ou bien : « Maman, franchement, tu lis Balzac pis tu dis encore un banane pis une escalier ! » ; ce à quoi sa mère répondait : « J’lis pas Balzac pour apprendre à perler, Coco, j’lis Balzac pour m’aider à vivre ! »

Bref… Dans ce volume, le petit Marcel devient très attachant, tendu entre ses différents désirs. Il parle aux morts et personne ne le croit ; va-t-il choisir de renier ses visions pour se conformer à ce qui est attendu de lui ou préférer rester dans son univers ? La famille se fissure. Grâce à des retours en arrière, on comprend que Victoire, qui aimait tant son fils Édouard, l’a quand même mis à la porte. De leur côté, les ados continuent à grandir. Et puis surtout Édouard… qui cherche à affirmer son identité d’homosexuel, qui cherche aussi à jouer sur la scène du théâtre, mais qui va peut-être finalement choisir la vie plutôt que le théâtre, à ses risques et périls. Va-t-il quitter Montréal et sa famille ? Il est si seul !

Derrière ce regard candide, cependant, qui choquait tant sa mère mais ravissait la grosse femme, sa tante, qui disait volontiers de lui : « Y a l’air niaiseux, de même, mais guettez-vous ben quand y va se décider ! », se cachait une grande malice mal contrôlée, un débordement de sensations mêlées à l’instinct qui s’éveille, aux sentiments, aussi, plus clairs, qui déjà dessinaient la ligne de démarcation entre les différents choix qu’un enfant fait chaque jour, parfois hâtifs, souvent définitifs.

Dans les rues de Montréal, Les chuchoteuses, sculpture de Rose Marie Bélanger.

Encore une fois, cette série est très belle, merveilleusement émouvante et drôle. Édouard ne peut parler à sa mère comme peut-être il le souhaiterait, Marcel ne peut faire partager ses secrets à ses proches et se retrouve de plus en plus isolé. Ces scènes sont particulièrement émouvantes, car le lecteur se retrouve en position d’encourager les personnages à dialoguer, tout en sachant, par expérience personnelle, qu’il n’y a rien de plus difficile. On se reconnaît totalement dans ces scènes si simples où Tremblay fait preuve de toute sa finesse dans l’analyse psychologique.
Il y a aussi une évocation très réussie de la scène théâtrale de Montréal dans ces années là. On voit en note que Tremblay s’est inspiré de personnages réels pour camper ses grandes actrices, le public agité et bavard, les coulisses pleines de vie. C’est toute une époque qui revit sous nos yeux, avec plein de chansons de l’époque et le grand Tino Rossi.

A’ va vous chanter le grand succès de monsieur Tino Rossi qui va venir nous visiter à Montréal le mois prochain : J’attendrai. Écoutez-la, pis farmez-vous-la !

C’est également le portrait de société, où s’exprime le rejet ou l’incompréhension devant l’homosexualité, tout juste tolérée dans le monde du théâtre (mais seulement sous des formes bien limitées), malgré la bonté de certains personnages, notamment celle de la grosse femme (celle qui est enceinte au tome 1 et qui aime tant lire). À noter qu’elle est sur le point de cesser de lire des romans français pour découvrir la littérature québécoise. On retrouve la fameuse chasse-galerie qui fait si peur aux enfants et la duchesse de Langeais.

Enfin, c’est un bonheur de se plonger dans une langue très originale, pleine d’expressions propres à l’oral, mêlée de québéquismes, marquée par la classe sociale des personnages et l’humour.

À noter, l’apparition sensationnelle de Valéry Giscard d’Estaing. J’ai bien ri.

Elle lui parla de sa solitude sans jamais la nommer, de son inquiétude, aussi, qui la prenait au moment même où il mettait le pied dehors, de la terreur qu’elle avait qu’il ne revienne plus ; elle défit devant lui chacun des fils de leur relation, parla de ce qui les unissait comme d’une liaison qui tirait à sa fin, usa de chantage émotif, insinua le bannissement ou le désaveu tout en mendiant un retour plus régulier sinon définitif. Édouard écoutait, un peu penché, balbutiant parfois quelque chose qui ressemblait vaguement à une supplication ou à un aveu avorté, hurlant intérieurement son besoin de se faire entendre au milieu des flots de paroles que sa mère déversait sur lui peut-être pour ne pas avoir à l’écouter.