La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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jeudi 26 décembre 2013

Nous nous enfoncerons dans l’ambre de l’automne.


Jãnis Rokpelnis, L’Aborigène de Riga, traduit du letton par Alain Schorderet, édité en France chez Grèges.


je me rappelle les vaches
comme des poignées dans les prés
avec quoi l’on pouvait
ouvrir les portes
et la face frôlait de la terre
l’odeur bienveillante
à présent les portes sont blanches
sans poignées
parfois seulement les gonds grincent
comme des cloches
même ici
dans le matin lointain

Je vous avais cité une première fois ce recueil la semaine dernière.

mercredi 18 décembre 2013

Ce qui fut dans le brouillard plongé...


Jãnis Rokpelnis, L’Aborigène de Riga, traduit du letton par Alain Schorderet, édité en France chez Grèges.

Au bord du lac

aux vagues non autorisées
l’accès au lac est interdit
une vague avec la dispense des averses cependant
se promène dans les prés

les barque flairent l’odeur de cette vague
et dans les cabanes se cabrent inquiètes
mais la vague fuit dans les champs de seigle
et débouche sur la grand-route


Parce qu'un peu de poésie, de temps en temps, pour faire une pause...

samedi 24 septembre 2011

Une lumière blanche légèrement cendrée, couleur craie, déteint sur la campagne.

Jean-Paul Kauffmann, Courlande, Paris, Fayard, 2009.

Un livre dont quelqu’un avait parlé à mon club de lecture et qui m’avait fait envie. Et puis récemment Asphodèle en a parlé et mon envie s’est réveillée. Surprise… quelques semaines plus tard, dans ma boîte aux lettres, le livre, envoyé par Asphodèle… elle est merveilleuse !
Donc, je l’ai lu. Et mon avis est plus que mitigé, très tigé. En réalité, à mon sens, le problème est simple : Kauffmann n’est pas un écrivain. Du coup, même si ce qu’il est raconte est très intéressant, j’ai eu tendance à m’ennuyer et à soupirer. C’est bien dommage, parce qu’il y a plein de choses palpitantes. Il raconte la Courlande et lui, comment il en entend parler la première fois (une histoire d’amour), et son séjour là-bas, sur un prétexte journalistique. Nous le suivons dans ses pérégrinations dans cet autre bout de l’Europe.

La Courlande est une région de Lettonie, où ont vécu jusqu’à la Révolution d’octobre de riches châtelains descendants des chevaliers Teutoniques. Leurs châteaux immenses et déserts sont restés, passés au travers de la Seconde Guerre mondiale et l’occupation soviétique. Ils donnent lieu à des évocations de cet univers suranné. Dans ce coin perdu, sont aussi passés Louis XVIII en exil (et là j’ai très envie de me documenter sur cette période) et le beau guerrier Maurice de Saxe, qui faisait chavirer tous les cœurs du Paris du XVIIIe siècle. Il y a eu la terrible Seconde Guerre avec l’armée allemande coincée dans cette poche de Courlande et Kauffmann fait parler un vétéran :
Un silence absolu pendant deux jours. Les combats ont repris de plus belle le 26 décembre. Le plus effrayant était le bruit. Cette artillerie soviétique, avec les orgues de Staline, était un cauchemar. Je suis violoniste amateur. Dans mon trou glacé, je trompais l’angoisse en notant l’échelle tonale des départs avec gamme montante et gamme descendante. J’avais fini par trouver une certaine harmonie dans ces tirs. L’artillerie était si proche… Le sifflement des canons multitubes, la colonne d’air, le souffle et la vibration ressemblaient à [il use d’un mot en allemand et décrit l’instrument, je crois que c’est un sistre…] Franchement, on ne peut comparer à rien un barrage roulant soviétique. Une musique infernale, mais une musique, malgré tout, avec son rythme insensé.

Le gros point positif, c’est l’envie de littérature. Kaufmann donne envie de lire, de lire, et de lire encore. D’abord Stendhal et ses récits de voyage en Italie qui accompagne le narrateur. Marguerite Yourcenar et Le Coup de grâce. Puis les romans de Keyserling (un local) qui campe un monde en déliquescence, à la fin du XIXe siècle. Un livre qui donne envie de lire ne peut pas être mauvais à mon sens, il me donne aussi envie de m’y rendre, en Courlande, donc ce n'est pas totalement loupé.


Vous pouvez lire l'avis d'Asphodèle que je remercie vivement pour cette attention !