La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 15 avril 2014

Entre ici, avec tous les peintres du dimanche, avec les approximatifs des bords de rivières...


Étienne Davodeau, Le Chien qui louche, Futuropolis, Louvre éditions, 2013.

Cette bande dessinée a eu beaucoup de succès et vu son sujet, elle ne pouvait que m’intéresser. Fabien est gardien au musée du Louvre. Il sort avec Mathilde, qui le présente à sa famille, que nous pourrions qualifier de beaufs finis. Ils lui soumettent une toile hideuse, réalisée par l’arrière-grand-père, en lui demandant si une telle œuvre a sa place au Louvre. De la réponse dépendent ses bonnes relations avec Mathilde…


Ce livre repose en grande partie sur la confrontation entre différentes strates sociales et leur rapport à l’art (tout le monde a lu Bourdieu, c’est bon ?). L’humble gardien de musée bobo dans l’âme, les frères de Mathilde qui ne doutent rien, l’arrogance absente des conservateurs et un groupe de gentils fous ravis de cette rencontre improbable. Cela est fait sans moquerie ni méchanceté, avec joie et respect, et cela fait du bien, ce décrassage de l’institution culturelle.
Comme dans La Traversée du Louvre, de nombreuses images illustrent le rapport visuel entre les œuvres d’art et leurs regardeurs dans d’étranges relations de regards. Difficile de ne pas prêter des intentions à ces pierres figées dans le temps. Cela est très poétique. En tant que grande touriste armée de son appareil photo, j’ai apprécié cette évocation des visiteurs de musées.


Le dessin est en noir et blanc, léger, avec des aplats grisés, laissant place au silence et à la stupéfaction. On découvre les distractions des gardiens ou les drôles de pratiques des visiteurs, ainsi que les rêves que chacun peut mettre dans une œuvre d’art.
De la poésie et de l’outrance loufoque, tout pour me plaire.

Le musée du Louvre, c’est le grand machin avec une espèce de pyramide au milieu.
Le gars qui saute Mathilde et qui va emmener le tableau au Louvre.



Album reçu dans le cadre d’un partenariat avec PriceMinister, je dois mettre une note : 17/20.

3 commentaires:

  1. Je le lirais bien volontiers et le comparerai avec le regard (acéré) et les opinions ( à l'emporte pièce) de Renoir sur la peinture de son temps et sur la statuaire de l'Antiquité grecque, rapportés par Ambroise Vollard, un de ses marchands.

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  2. Je te le mets de côté bien volontiers.
    En revanche, le livre ne contient aucune opinion sur la peinture des grands maîtres !

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  3. J'avais beaucoup aimé son précédent "Les ignorants".

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