La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 15 août 2013

La réalité peut être altérée – il ne s’en prive pas ! – mais on doit respecter et préserver le sens de ce qu’elle indique : dans cette opération Malaparte n’a pas son pareil.


Maurizio Serra, Malaparte, chez Grasset en 2011, en poche avec pas mal de coquilles chez Perrin en 2012.

Une biographie passionnante de l’écrivain italien. J’avais essayé de lire La Peau il y a quelque temps mais je n’avais pas du tout accroché. Je me suis donc tournée vers cette grosse biographie.
Je ne vais pas vous re-raconter la vie de Malaparte mais Serra ne laisse rien de côté : son nom allemands, le combattant courageux de la Première Guerre mondiale, le correspondant de guerre aux analyses lucides, le polémiste enragé, le fasciste, l’admirateur de Mussolini (tant que ce dernier est fort) mais qui se présente ensuite en victime du fascisme, l’admirateur de l’URSS, l’anticommuniste, un amour pour les chiens, la fameuse villa qu’il aurait voulu léguer au parti communiste chinois… L’homme n’est pas sympathique et son histoire est loin d’être simple.

La biographie est très complète, nourrie de documents d’archives et d’entretiens avec plusieurs témoins, essayant de se frayer un chemin parmi les multiples mensonges de l’écrivain, toujours prêt à tout revendiquer. Serra ne s’empêche pas de juger le personnage mais le fait avec mesure, en bon connaisseur de l’époque et du caractère de Malaparte. Ses analyses de son œuvre m’ont paru très bonnes et je pense essayer à nouveau de le lire, un peu mieux équipée maintenant.

Malaparte en confinement à Lipari en 1934. Non pas pour
activités antifascistes comme il le dira mais pour avoir
insulté un puissant du régime.
Image Wikipedia.
Pour tous ceux qui s’intéressent à Malaparte bien sûr mais le livre permet aussi d’en apprendre beaucoup sur l’histoire de l’Italie contemporaine (notamment à propos des combats de 1914-18 ou de la montée du fascisme) et sur les intellectuels italiens et européens avant, pendant et après le fascisme. À noter que La Peau aurait dû s'intituler La Peste mais le succès du roman de Camus engage Malaparte (qui avait donc eu la même intuition) à modifier son titre.
À lire donc : Kaputt et La Peau.
  
« Le monde, et surtout l’Europe, sera jonché de cadavres : idées, sentiments, préjugés, philosophies, conceptions morales, traditions. Nous rentrerons chez nous juste à temps pour participer à d’incroyables et somptueuses funérailles. Et s’il nous arrivera de mourir, rejoints par quelque balle du lieutenant Eluard ou du capitaine Breton, nous ne laisserons aucun testament. »




4 commentaires:

  1. Bonjour Nathalie. Cet auteur m'a toujours intrigué, je le connais bien mal et cette bio semble intéressante.

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  2. Elle est passionnante, très dense (ne se lit pas vite du tout) mais je crois qu'il s'agit de la bio de référence au sujet d'un bonhomme un peu compliqué à approcher !

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  3. JE L'AVAIS ACHETé POUR LA BIB et tu me donnes envie de la lire

    bises de Lyon

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  4. Il faut se plonger dedans, c'est costaud mais très intéressant !

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