La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



vendredi 25 avril 2014

C’était tout ce qu’on voyait.


Jules Mary, Le Boucher de Meudon, 1893, édité chez Publienet.

Un très bon roman policier de la fin du XIXe siècle.
Charlotte, caissière à la boucherie de Meudon, est retrouvée assassinée dans un champ. On suit d’abord l’enquêteur, qui fait connaissance avec Jacques XX le boucher, sa mère et sa sœur infirme. Il ne tarde pas à arrêter… quelqu’un ! Puis, rupture brutale du récit et l’auteur nous fait l’histoire de la famille, cœur du drame. Enfin, reprise de l’histoire policière.
(vous avez vu cette structure de la narration ?)

C’est un très bon roman, feuilletonnesque à souhait, avec rebondissement et suspense tenu jusqu’aux dernières pages. Le coupable sera-t-il identifié ? L’innocent sera-t-il sauvé ? Est-ce que le fiacre va arriver à temps ? Ahhhh… Le choix de l’alternance des points de vue enrichit le récit et permet de révéler progressivement le caractère des personnages, en les complexifiant au fil du récit. Plus qu’un strict récit policier, c’est un drame familial. J’aime à penser que Simenon a eu connaissance de ce roman, remarquable pour ses analyses psychologiques resserrées.
J. Adler, La Soupe des pauvres, 1906, Paris, Petit Palais, M&M

Par ailleurs, sans connaître Mary, on peut noter deux choses : une critique des grands notables rendant la justice sûrs d’eux et paternalistes et une peinture terrifiante de la peine de mort et de la guillotine. Une petite veine sociale donc.

Autour des deux hommes essayant de démêler l’intrigue de ce lugubre drame, le paysage était gracieux, plein de la poésie un peu triste des bois. Une sorte d’intimité harmonieuse les entourait, faite du bruissement des feuilles sèches et des branchettes qu’ils écartaient en passant ; du susurrement des sauterelles, à la lisière ; des cris des oiseaux en haut des arbres.



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