La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 26 mai 2015

Il faut faire vite, nommer les anonymes, les tirer de l’oubli avant qu’ils ne s’effacent.

Marie-Anne Legault, Le Museum, 2013.

En voilà un curieux livre ! Il se lit plutôt avec plaisir, mais laisse un sentiment d’inachevé.

La narratrice se présente comme une spécialiste de l’ancien, de l’antique, des vieilles archives désuètes. Un brouillard mystérieux et de plus en plus opaque a recouvert et envahi les rues de sa ville, au point d’obliger à marcher avec une canne. Flotte un parfum du monde, mais voilà que des personnages mystérieux lui disent de se mettre en route pour le Museum, endroit où serait conservée toute la mémoire du monde avant la destruction, l’engloutissement, à moins que ce ne soit l’incendie ou l’arrivée des barbares.
Elle se met en route et passe d’un désert à une forêt tropicale en passant par des égouts ou une île. Elle rencontre des personnages guides, qui se ressemblent un peu tous, qui lui remettent des objets étranges destinés à être conservés au Museum. Et l’errance se poursuit ainsi sans aucune réalité. La narratrice dort, mais ne mange pas, le compte des jours et des nuits est arrêté et tout finit par se ressembler, les phrases à prononcer et les réponses reçues. La structure est un peu celle d’un roman médiéval avec ses personnages adjuvants, son but qui se dérobe et ses objets codés, mais j’avoue avoir pensé à Philémon pour l’abondance de sable, l’absurdité des rails sans train, l’importance de la musique et une certaine vacuité.

- Et vous ?
- M... Moi, les étoiles me guideront, je les connais bien, elles sont tout mon p… pécule.
Tout bien pesé et tout compte fait, il était milliardaire. Et ce genre de fortune n’abandonne jamais personne, du moins, dans la nuit du désert.
Le (British) Museum
Le roman joue à décevoir le lecteur et à le balader dans sa mémoire. L’écriture à la première personne est hachée, il manque des pronoms, comme si l’urgence de la quête prévalait sur les lois du langage. Le sens se dérobe, non sans une belle poésie lors de plusieurs passages. Le « je » manque devant les verbes, tout comme l’individualité de la narratrice, qui semble n’être qu’un réceptacle à une longue fable dont le sens est encore et toujours incertain.

Le scénario mal ficelé de ma destiné était jonché d’itérations. Fouillai les tiroirs de mes archives pour trouver le visage se rattachant au Souffleur. Mais l’esprit était saturé, oui, saturé de personnages, d’événements impossibles. Même les photographies prises sur la route, toutes floues, ne furent d’aucun secours.

L’avis de Karine qui en parle très bien.






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