La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mercredi 22 mars 2017

Me faire ça, à moi ! À ton curé ! À celui qui t’a baptisé !

Mario Rigoni Stern, Hommes, bois, abeilles, traduit de l’italien par Monique Baccelli, parution originale 1980, édité en France par La fosse aux ours.

De cours récits dans la montagne.
J’ai repéré Rigoni Stern chez Dominique et je le découvre au travers de ces petits textes, d’inspiration autobiographique, racontant un art de vivre disparu. Les premiers textes parlent de la guerre et d’une journée de chasse pendant la guerre. Il est ensuite beaucoup question de chasse, de chamois, de lièvres et de chiens de chasse et de longues marches dans la montagne. Puis c’est le rythme de vie des abeilles. Les derniers récits racontent des métiers disparus mais qui ont laissé des traces, quelquefois ténues, dans le paysage : la carrière de marbre rouge, le charbon de bois, le four à chaux, le bûcheron… Et tout ce monde mange de la polenta. C’est l’Italie du Nord et de la montagne, celle qui est toute proche de l’Autriche.

L’humidité du bois, l’odeur de la terre humifère, les couleurs des feuilles de hêtre, du sorbier, du saule des chèvres, de l’aulne blanc tranchant sur le vert sombre des sapins et la splendeur flamboyante d’un merisier ; lui avec son chien.

C’est très calme, plein de lenteur et de dignité, de petites bêtes, de silences, de neiges et d’habitudes en voie de disparition. Il est question de la coexistence avec les bêtes, sauvages ou non, de la vie avec le bétail, avec les abeilles, et du soin et de l’attention qu’on leur apporte.
Un curé qui a toujours pratiqué la chasse, avec une très drôle histoire de lièvre et de confession, un vieil homme qui se souvient de tous ses chiens de chasse, un ouvrier qui chasse la bécasse, les traces laissées dans la neige par un renard et un écureuil.
La vie simple qui palpite jour après jour.
J.M. Sicilia, Sanlúcar de Barrameda, 2001, Centre Pompidou, RMN. 
Même s’il était devenu prêtre, il n’avait pas fait vœu de renoncer à la chasse ; il est vrai que quelques chanoines de la curie ne voyaient pas cette activité d’un bon œil, et c’est sans doute la raison pour laquelle, dans les environs, on l’appelait « Don Lièvre ». Mais ne parlait-on pas, jusque dans la Bible, de grands chasseurs devant l’Éternel ? Et manger de la polenta et du gibier avec un bon verre de vin, une fois de temps en temps, c’était sans doute moins qu’un péché véniel. Beaucoup beaucoup moins qu’un péché véniel ; et mieux encore, après cela on devient meilleur, meilleur au point de pardonner du fond du cœur les médisances des commères, et de mieux comprendre les misères du monde.


L’avis d’Hélène.

6 commentaires:

  1. J'ai lu un autre titre (oui, dominique, sûrement à l'origine!)et ai l'envie de continuer.

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    1. C'est un sujet sur lequel Dominique apparaît comme la coupable idéale. J'ai moi aussi d'autres titres de ce monsieur qui m'intéressent !

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  2. un auteur que j'ai lu et relu au fil des années sans jamais me lasser
    la vraie littérature

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    1. Et moi je découvre, c'est un plaisir. Merci à toi !

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  3. Comme Dominique j'ai pas mal lu MRS, six ou sept recueils. Toujours avec un grand plaisir.

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