La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



vendredi 29 juin 2012

Qu’importe que ce soit un sabre, un goupillon ou un parapluie qui vous gouverne ! – C’est toujours un bâton.


Stéphane Guégan, Théophile Gautier, Paris, Gallimard, 2011.

J’ai été amenée à lire l’énorme biographie que Stéphane Guégan consacre à ce cher Théophile Gautier.
C’est une biographie pleine d’informations qui retrace toute la vie de Théophile (ainsi que l’appelle l’auteur). Pour assurer son rythme de vie, l'écrivain doit fournir copie à tous les journaux du temps et tout est matière à des articles. Guégan le qualifie de « forçat de la colonne ». Il lui arrive d’ailleurs de mentionner dans sa correspondance « l’honorable recueil cuisse de nymphe émue qu’est La Revue des Deux Mondes ». Il préfère La Presse de Girardin, plus romantique. Il publie des feuilletons, des nouvelles, des romans, des livrets pour des ballets, de la critique théâtrale, littéraire et artistique, récits de voyage… Grand voyageur, à la fois en quête d’impressions et envoyé spécial de plusieurs journaux, il utilise les moyens modernes de transport pour parcourir l’Europe et l’Orient. Il ne manque pas d’ailleurs de réfléchir à notre perception du paysage modifiée par la vitesse (comme fera plus tard un certain Marcel). Aller en Grande-Bretagne ou en Allemagne pour visiter une exposition, assister à une corrida en Espagne, couvrir l’inauguration du canal de Suez et découvrir Cordoue, la Turquie, la Grèce, l’Italie, l’Algérie… 
Autour de lui gravite une foule : Hugo le plus grand, Flaubert, Balzac, Baudelaire, les propriétaires de journaux, les actrices, chanteuses et danseuses, les feuilletonistes… on s’y perd un peu quelquefois, dans ce monde qui tient le monde des lettres. Les femmes y sont nombreuses et importantes : Delphine Gay, George Sand, Sarah Bernardt, Marie Dorval, les sœurs Grisi, Rachel…
L’auteur retrace le contexte politique instable du XIXe siècle, mesurant les aléas de la libéralité en matière de presse et les contingences matérielles.

Théophile Gautier par
Chasseriau, Paris, Institut,
image RMN.

C’est un ouvrage plein de profusion, qui n’est pas aisé à lire et dans lequel on se perd un peu. Mais j’ai appris énormément de choses et j’ai particulièrement apprécié la description de la première d’Hernani comme un match où l’on vient à l’avance garder les places, en attendant on boit, on mange (et autre) et puis quand est lancé le coup d’envoi, on siffle.
D’innombrables citations de correspondance nous donnent accès au maître. Ici, à propos de Pompéi et des traces des corps conservés :
« La rondeur d’une gorge a traversé les siècles lorsque tant d’empires disparus n’ont pas laissé de trace ! Ce cachet de beauté, posé par hasard sur la scorie d’un volcan, ne s’est pas effacé. »

On se lance dans la lecture/ relecture de Gautier ?

8 commentaires:

  1. On se lance dans la lecture/ relecture de Gautier ?

    pas avant septembre... le temps de me faire offrir le coffret dans la pléiade,
    bises

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  2. Je suis bien tentée par cette biographie surtout parce que j'aie beaucoup cet univers artistique du 19ème siècle.

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  3. Marie : C'est un livre très intéressant mais pas facile à lire, rien n'est fait pour séduire le lecteur.
    Quant à ma propre relecture, ça ne va pas être pour tout de suite.

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  4. Facile à lire et directement à la source : L'histoire du romantisme de Théophile Gautier où il raconte, entre autres, la première fois où il a vu Hugo (et où il a failli s'évanouir d'émotion!) et la célèbre bataille d'Hernani où il portait son fameux gilet rouge! il parle de Nerval, de ses amis. Il y a des passages hilarants!

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  5. Claudia Lucia : cette lecture est prévue. Un jour... ou un autre...

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  6. Gautier a écrit plusieurs nouvelles qui se lisent très bien et s'intègreront pour certaines dans le challenge Il Viaggio ; Arria Marcella plaira beaucoup aux latinistes ! Ce que j'aime surtout chez Gautier, c'est son sens de l'humour.

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  7. catherine bibliothècaire30 juin 2012 à 14:22

    Spirite et mademoiselle de mAUPIN ont été pour moi de bons moments de lecture. je suis contente que l'on continue à lire Théophile!

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  8. Estelle : Miss G a justement lu A. Marcella dans le cadre du viaggio. C'est un super écrivain. La biographie de Guégan n'est pas lisible mais elle est passionnante. J'ai appris plein de choses sur le monde culturel du XIXe.
    Cath : on le lit toujours un peu même s'il est méconnu. Mais ses nouvelles, contes fanstastiques et le Capitaine Fracasse seront toujours lus !

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