La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



lundi 24 septembre 2012

Ce n’est pas une manif, monsieur Candide, c’est une révolution.


Catherine Meurisse, Mes hommes de lettres, Paris, Sarbacane, 2008.

Souvenez-vous, ma sœur m’avait offert Le Pont des arts et elle m’avait parlé de ce volume, une histoire littéraire amoureuse, dessinée et humoristique. C’était pour moi !
Meurisse fait l’histoire de la littérature française, un Lagarde et Michard en plus distrayant mais aussi érudit. Le début est très intéressant : consacré au Moyen Âge, on suit Renart, Roland et sa chanson, les diverses versions des romans de Chrétien de Troyes… c’est très document et amusant, on comprend beaucoup de choses. 
La fin du Moyen Âge, sous les yeux d'un des moutons de Panurge

Nous enchaînons avec Rabelais et la Pléiade dont les membres traversent les rues du Quartier latin comme un groupe anglais bien connu traverse Abbey Road. Montaigne se raconte sur le divan d’un psy compréhensif. Nous passons au XVIIe siècle : Gérard Philippe incarne le Cid et Louis XIV conclut, voltairien « Finalement, le XVIIe siècle, c’est un peu moi », installé en un portrait de Rigaud après s’être plié à toutes les allégories de Charles Brun. Le XIXe siècle et ses grandes figures est un morceau de bravoure particulièrement réussi. Victor Hugo bascule comme un culbuto sous le poids de sa grosse tête. 



Gautier nous raconte sa bataille d’Hernani. Sand n’est pas oubliée, savante, humaine, entourée d’hommes de lettres à la susceptibilité fragile. 

Crises de Musset, les soins du médecin et la sollicitude de Sand.

Rastignac nous raconte Balzac et décrit la fameuse pension Vautrin. Sont évoquées les funérailles de Balzac (les images sont là). La première moitié du XXe siècle est évoquée par un fil directeur amusant : tous les chefs d’œuvre dont Gallimard a refusé le manuscrit, très drôle.

Proust vient de recevoir le Goncourt,
il est devant les journalistes...

Lui et le coup de la madeleine, un truc de star

Cocteau ressaiera avec un petit beurre...

Les hommes de lettres sont des stars dont on se moque gentiment, avec familiarité et affection. On retrouve leurs portraits supposés, leurs petits tics, leurs citations, les anecdotes, les tableaux et sculptures schématisés. Réjouissant ! À savourer tranquillement.




Compte pour : le challenge Balzac et le challenge George Sand.(il y a aussi Maupassant mais il apparaît trop peu pour compter vraiment)


Je voulais me lâcher sur les libellés mais le nombre de caractères est limité... Il y aurait eu : Chrétien de Troyes, Pléiade, Joachim du Bellay, Rabelais, Montaigne, Corneille, Molière, Racine, Voltaire, Rousseau, Diderot, Victor Hugo, Chateaubriand, Gautier, Sand, Balzac, Flaubert, Maupassant, Zola, Proust, Céline, Colette, Sartre, Beauvoir et de nombreux figurants (de Boileau à Gide).

6 commentaires:

  1. Si cet article est capable de me faire sourire avant la fin de la première tasse de thé de la journée, pas de doute, je note, je note!
    Bonne journée!

    RépondreSupprimer
  2. Note, note, il y a de quoi beaucoup sourire !

    RépondreSupprimer
  3. Il faudrait que je le trouve !!! j'adore l'air désespéré de Sand ;) !

    RépondreSupprimer
  4. Ça te plairait ! Sand est très bien traitée, au milieu de tous ces fous !

    RépondreSupprimer
  5. Décidément les albums de cette dame ont l'air bien tentants.

    RépondreSupprimer
  6. Oui, deux que je lis et modestement, je plébiscite.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").