La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



vendredi 9 août 2013

À l’entendre, les gens d’une honnête corpulence étaient incapables de sentiments, mauvais maris et indignes d’entrer dans une société civilisée.


Honoré de Balzac, Le Bal de Sceaux, 1830.

Un petit roman de Balzac, un petit drame dans une grande famille. C’est très bien fait mais je reste pourtant sur ma fin.
Émilie de Fontaine vient d’une famille aristocratique des plus anciennes, qui, grâce à l’ingéniosité du chef de famille, parvient à rétablir sa fortune sous la monarchie constitutionnelle (tout le contraire de la famille des Antiquaires). La préoccupation de ce père est commune à celle de tous les parents héros des romans du XIXe siècle : marier convenablement ses enfants. Mission accomplie pour les 3 fils et les 2 filles aînées. Mais la cadette… est imbue des idées de noblesse. Ce sera difficile de trouver la bête rare, pourvue de toutes les qualités. Heureusement (ou non), il y a un bal à Sceaux…
J’ai beaucoup aimé le personnage du père qui parvient à se débrouiller avec finesse des nouvelles réalités économiques et politiques pour se rendre indispensable. Il y a là beaucoup d’intelligence. Mais l’héroïne est une pimbêche, vous me direz c’est le sujet du livre, mais elle est pénible.


T. Lawrence, Margaret, comtesse de Blessington,
aquarelle sur ivoire
Londres, Wallace Collection, image RMN.
J’ai du coup un sentiment mitigé sur le livre qui donne une bonne vision d’une société en plein bouleversement où est décernée une prime à ceux qui savent s’adapter. Il rejoint la liste des romans du XIXe où l’orgueil mène les personnages avec Armance et Le Rouge et le noir de Stendhal.
Enfin, le roman contient une bonne moquerie des gras bourgeois.

La réserve dans laquelle vivent les jeunes filles du grand monde donne une force incroyable aux explosions de leurs sentiments, et c’est un des plus grands dangers qui puissent les atteindre quand elles rencontrent un amant passionné.

4 commentaires:

  1. Je vais le lire en suivant ton exemple !
    Amusant, hier je lisais aussi une nouvelle de Balzac, La fille aux yeux d'or, et là, c'est en suivant la trace de Marcel : Gilberte et le narrateur l'ont lue tous les deux.

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  2. C'est vrai ! Je me souviens de cette fille aux yeux d'or...
    Moi j'avance dans Balzac, à petits pas.

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  3. Dommage que tu restes sur un sentiment mitigé, même si je comprends ce qui t'a bloquée. Du coup, paradoxalement, tu me rends curieuse de voir ce que j'en penserais.

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  4. Et bien c'est déjà ça ! Bon je trouve que c'est mieux que les Antiquaires mais voilà, c'est tout.

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