La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



vendredi 21 février 2014

C’est pas pour dire mais, la Corée du Nord, c’est pas très reggae comme pays.


Guy Delisle, Pyongyang, 2003, publié à l’Association.

Lu cet hiver ce gros album où Delisle rend compte de son séjour à Pyongyang. Oui, parce que la première chose que l’on apprend c’est que les studios d’animation français délocalisent une partie du travail en Corée du Nord, où la main d’œuvre est très bon marchée. Franchement…
Delisle effectue donc un séjour de plusieurs mois et a l’occasion de rencontrer plusieurs Coréens, ainsi qu’expatriés. Alors que Coatalem était resté strictement encadrée par ses guides et chauffeurs, il a l’occasion de parler avec quelques habitants. Cela n’empêche pas le contrôle et il traque les miettes de spontanéité. Ce n’est pas non plus un voyage de visite professionnelle et de journaliste, avec un point de vue très surplombant, mais plus une rencontre au quotidien. Ces différences expliquent les points faibles et forts du livre.


Point faible : un évident manque d’analyse, ce monde absurde semble venir d’on ne sait où. On peut aussi trouver que les beuveries d’expatriés ne sont pas très intéressantes (mais j’y reviens).
Point fort : beaucoup de petites notes du quotidien des Nord Coréens, absentes dans le livre de Coatalem.
La tonalité est également très différente. Chez Coatalem, l’écriture est proche de zéro et surtout, l’auteur était gagné par une terrible sensation de néant qui contaminait le lecteur. Delisle a des petits événements de vie sociale (nécessaires pour ne pas devenir fou dans ce monde de l’absurde) et se met en scène. On peut trouver que cela manque d’intérêt, mais le livre est plus léger et agréable à lire.


Au pays de l’absurdistan :
-les hôtels réservés aux étrangers sont situés sur une île. N’y travaillent que des Chinois, pour éviter tout contact avec la population.
- des « volontaires » peignent les cailloux, arrosent la pelouse, coupent l’herbe à la faucille le long de l’autoroute.
- les années nord-coréennes sont comptées à partir du moment de la conception du père de la nation.


 Le dessin est schématique, en noir et blanc. Cela accentue la sinistrose régnant dans le pays. Je trouve qu’il est meilleur dans les formules verbales, les mises en scène, le rythme, que dans le dessin strico sensu.
  

Merci frangine pour cette lecture !

1 commentaire:

  1. J'ai bien aimé "Les chroniques de Jerusalem", ainsi que le "Guide du mauvais père". Je tenterai surement ces BD sur l'Asie.

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