La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



dimanche 8 février 2015

Humeur peinte

Retour dans les musées de Berlin (idéal pour rester à l’abri de la pluie et du froid). Je vous ai présenté quelques peintures anciennes conservées à la Gemäldegalerie. Passons aujourd’hui à l’Ancienne galerie nationale qui possède les peintures allemandes du XIXe siècle.

W. Ahlborn, L'Âge d'or de la Grèce, 1836, détail.
Ce grand tableau se situe dans une cité grecque rêvée et idyllique, reconstituée à partir de monuments romains bien connus. Au premier plan, des ouvriers presque nus (à l'âge d'or les corps sont idéaux) achèvent un temple ionique. Notons que le marbre est d'un blanc immaculé, sans aucune trace d'outrageante peinture. Ce tableau est un digne héritier de la pensée de Winckelmann.

Courbet, La Vague, 1870.
 Comme au Musée d'Orsay, une magnifique vague de Courbet, sombre et verte, en train de s'écraser sur le rivage...

H. Daumier, Don Quichotte et Sancho Pancha, 1866.
Notez que partout où il y a un Daumier, je le prends en photo. Je suis une grande fan de cette série consacrée à Don Quichotte. Je trouve que le trait un peu schématique du caricaturiste rend parfaitement le paysage espagnol dans son aridité, les silhouettes des hommes et des animaux avec toute leur expressivité.

Une salle entière est consacrée aux œuvres de Carl Friedrich, mais malheureusement des vitres empêchent de les photographier.


Le détail d'un tableau très connu, Femme à la fenêtre (1822), presque un tableau néerlandais pour l'intérieur et la fenêtre, alors que la femme semble échappée d'un tableau de Watteau. Et un Chêne sous la neige (1829) d'une tonalité très différente, aux couleurs vives, d'un bleu presque électrique.

Friedrich, Ruines du monastère Eldena près de Greifswald, 1824-1825.
Toujours de Friedrich, ce superbe paysage romantique, pure veine gothique, aux pierres moussues.
J.P. Hasenclever, La Salle de lecture, 1843.
Tableau réaliste qui illustre parfaitement une séance de lecture au club où les hommes se réunissent pour lire, discuter et fumer entre eux. Les têtes sont un peu caricaturales, entre les lunettes, les oreilles qui dépassent et les touffes de cheveux. Le XIXe siècle est un siècle politique où on lit les discours des hommes politiques, les comptes rendus de réunions de partis, des séances des assemblées diverses. Ces lecteurs n'iront pas sur les barricades, ils lisent peut-être les informations plus commerciales sur le change des monnaies ou les horaires des bateaux...


Deux portraits étonnants... À gauche, la Tête d'une jeune fille par W. Leibl (1879) qui m'a plu pour son caractère androgyne et le traitement délicat et raffiné de la peau. À droite, un tableau de W. Trübner dont le titre est... Ave Caesar morituri te salutant (1877) ! Le chien est superbe, les saucisses aussi.

J. K. Schultz, Tour de la cathédrale de Milan, 1829.
Le musée conserve plusieurs tableaux représentant des cathédrales gothiques réelles ou imaginaires (ah ! le goût pour le Moyen Âge). Je vous montre celui-ci qui exalte la beauté des flèches de pierre sous le soleil italien. 
M. Liebermann, La Grange à lin à Laren, 1887.
J'ai noté ce tableau car les oeuvres montrant des travailleurs sont en général peu nombreuses. Ce grand tableau a une lumière grise très douce et les ouvrières sont pleines de dignité.

F. v. Uhde, Le Bénédicité ou Venez Seigneur Jésus, soyez notre hôte, 1885.
Ce tableau s'inscrit dans la lignée des bénédicités de peinture, à la fois peinture religieuse à apparition miraculeuse et scène d'intérieur modeste, comme  un repas à Emmaüs. J'ai aimé la représentation réaliste de cette famille toute simple.




Samson aveugle brisant sur lui les colonnes du palais des Philistins est un sujet qui semble avoir attiré les peintres du début du XXe siècle. À gauche par M. Slevogt (1906) et à droite par L. Corinth (1912). Corps difforme et ravagé, torturé par son époque.

Tous les billets sur Berlin : billet introductif, visite de la Gemäldegalerie, visite du Musée de Pergame.

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