La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



dimanche 19 juillet 2015

Humeur avec des dieux

La semaine dernière, je vous présentais l’exposition Futurs qui passe l’été à la Vieille Charité. Ce week-end, nous allons à quelques mètres de là, au Mucem. Vous connaissez déjà la très belle architecture et l’exposition semi-permanente, passons donc directement au premier étage voir les expositions temporaires qui se complètent extrêmement bien cette année.

Dans l’ordre chronologique, nous commençons par les Migrations divines. C’est une exposition curieuse : les objets présentés y sont de très belle qualité, mais il s’agit en réalité de la présentation d’une collection privée suisse ( ?), ordonnée selon un thème plutôt intéressant : les cultes polythéistes antiques (grecs, romains, égyptiens) sont accueillants et n’hésitent pas à amalgamer les dieux étrangers (au cas où) pour créer des divinités à plusieurs facettes et plusieurs identités : Isis-Cérès, Jupiter-Amon ou autre. Cette bonne idée est limitée par le faible recours à d'autres fonds et par une pédagogie un peu légère (il vaut mieux être bon en mythologie et iconographie antiques !). Reste le plaisir des yeux.

L'exposition présente de très nombreux bronzes romains coulés à la cire perdue (quelle technique magnifique !). Ici, une allégorie de l'Air.


Et là un porte-lampe à l'huile avec trois monstres marins, à tête de cheval, de griffon et de fauve.



Ceci est un "bâton magique" (= on ne sait pas ce que c'est) égyptien en ivoire, où sont gravés des génies et des démons et des créatures bizarres.


Cette stèle funéraire au visage si XXe siècle provient du Yémen ancien.

De l’autre côté du couloir, se tient la très belle exposition Lieux saints partagés. Nous sommes chez les monothéismes. En dépit du caractère exclusif de ces religions, l’exposition choisit d’étudier des lieux saints communs, où le culte est rendu par les uns et les autres. L’intérêt est d’attirer l’attention sur des endroits pas forcément très connus : au-delà du tombeau des patriarches (Abraham et Sarah) à Hébron, il y a les lieux liés à Marie (par exemple l’arbre où a eu lieu la halte au cours de la fuite en Égypte), le mont Carmel, une procession chrétienne à Oran que les pieds noirs ont amené à Nîmes, une île turque consacrée à saint Georges ou la synagogue de la Ghriba à Djerba où hommage est rendu à une sainte reconnue également par les juifs et les musulmans.
L’exposition montre de nombreuses vidéos, des grigris, amulettes, ex-voto, photographies, c’est réellement passionnant.

Photo provenant du site du Mucem
Une longue et belle vidéo est consacrée à ce culte rendu à une sainte à la fois juive et musulmane, dans une synagogue de Tunisie. On y écrit ses prières sur des oeufs déposés avec les bougies, on en ramène aussi de l'eau que je qualifierais de bénite.


Photographie de Manoël Pénicaud, Musulmane avec une hostie dans son Coran, prise à Éphèse en Turquie en 2010, où se trouve la maison de Marie.


Cette magnifique image populaire représente la Vierge et l'enfant. La gravure a été réalisée au XIXe siècle à Damas. Vous y voyez une image du paradis pour des Syriens vivants dans la chaleur et le sable, c'est-à-dire en gros la Suisse, avec des bonnes vaches, de l'herbe grasse et un joli cours d'eau claire. Les petits anges dans le ciel, la Vierge comme une princesse sur son lit de repos et le petit Jésus.


On vous attend à Marseille !

2 commentaires:

  1. Les photos ont l'air très belles....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On peut photographier dans les expositions, donc là, elles sont toutes de moi, sauf une, qui vient du site internet du Mucem et qui est un extrait de vidéos. Il y a beaucoup de photos et de vidéos à voir.

      Supprimer

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").