Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

vendredi 17 juillet 2015

Nous aimons voir le monde derrière une couche de miel et papa dit qu’on finira par se faire un diabète du cerveau.

Milena Agus, Quand le requin dort, traduit de l’italien par Françoise Brun, paru en Italie en 2005.

Un petit roman très délicat.

La narratrice est adolescente. Elle nous parle de sa famille, de sa mère qui ne sent pas à sa place, de son père toujours absent, de sa tante qui ne trouve pas de fiancé, de son frère malheureux à l’école et d’elle-même, qui entretient une relation sado-maso avec un homme marié. C’est une famille un peu particulière, qui s’aime, où tout est dit et où tout est tu à la fois.

Une bizarrerie en entraîne une autre. Forcément. Et ce que ma grand-mère ne supporte pas non plus de mon frère, c’est que sur lui les vêtements pendouillent, comme sur maman. Tous les deux sont  beaux, mais ça ne se voit pas, parce qu’ils sont gauches et empêtrés et ils marchent tellement courbés qu’on ne s’aperçoit même pas qu’ils sont grands.

Il s’agit du premier roman de Milena Agus. Il est composé de chapitres très courts, où la narratrice aborde tantôt un point, tantôt un autre. Il semble très simple, mais en réalité la narration est assez subtile, ne disant pas directement les choses, mais les laissant deviner au lecteur, obligé de relire les passages et de lire entre les lignes pour comprendre les drames intimes. Cela n’empêche pas une très grande sensualité de s’exprimer. Tous ces personnages peinent à trouver l’amour et trouver leur voie, prennent la résolution de savourer leur vie, mais retombent dans leurs ornières habituelles, avant d’essayer de faire face à nouveau à l’existence. Le ton oscille ainsi entre tristesse, accablement et espoir, comme dans la vraie vie où les bonnes résolutions de « cette fois, j’essaie de voir la vie du bon côté » ne tiennent pas trop longtemps.
Ce roman est bien plus simple que Le Mal de pierre, mais est d’une lecture vraiment agréable.

Alors Mauro s’était assis et avait fixé la petite boîte en silence, et je lui avais dit : « C’est moche la vie, Mauro. » Et il avait répondu que la vie ce n’est ni beau ni moche, c’est simplement quelque chose qu’une fois nés nous devons faire. « Alors faisons-le ! »


Des femmes écrivains. Il viaggioChallenge Destination PAL - la liste de lecture - ça avance, ça avance !

6 commentaires:

  1. oh il me tente bien... beau commentaire

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    1. Merci. Il se lit en une journée, petit livre très agréable.

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  2. Pas beaucoup aimé lu à la suit de Mal de pierre retrouve les thèmes de l auteur et me suis ennuyee

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    1. Il est plus vide que Mal de pierre, donc je comprends le sentiment de déception.

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  3. Tu confirmés mon envie de découvrir cette auteure!

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    1. Si tu ne dois en lire, préfère Mal de pierre quand même, qui me paraît plus riche.

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