La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mercredi 16 novembre 2016

Pis ma vie, j’m’en vas la vivre comme ça m’tente, pis pas comme ça tente au monde !

Loisel et Tripp, Magasin général, tome 5 : Montréal, 2009.

Un album en demi-teinte pour moi.

Retour à Notre-Dame-des-lacs. L’album s’ouvre par une dispute : on apprend que Marie a « fauté » avec un homme du village. Une crise s’ouvre, suite à laquelle Marie et son amie Jacinthe partent à Montréal. Pour le magasin et le village s’ouvre une période difficile, car les stocks de marchandises baissent inexorablement.
Le ton est plus triste et dramatique que dans les albums précédents, ce qui contribue à mon impression un peu partagée. Je crois que j’espérais aussi davantage voir le Montréal de l’Entre-deux-guerres, à travers les yeux des deux jeunes femmes et je suis un peu déçue sur ce point. L’album fait la part belle à quelques personnages, comme Serge, Gaëtan et toujours le jeune curé dépassé par les événements. Le dessin est toujours splendide, plein de douceur, de poésie et de non dit.


Magasin général, tome 6 : Ernest Latulippe, 2010.

Ouf, la joie est de retour ! Alors que Marie et Jacinthe reviennent à Notre-Dame des lacs avec des souvenirs plein la tête, un coupeur de bois s’est fait attaquer par un ours et il convient d’aller le soigner.
Marie a vécu à Montréal, la grande ville. Elle a dansé dans les cabarets, a été au cinéma, a rencontré des hommes aussi, mais surtout, bien plus important, a découvert ce qu’était de vivre sans s’occuper des regards des autres et des racontars. Voilà qui va faire drôle, même si les confidences vont de pair avec les retrouvailles. Grâce aux aventures des frères Latulippe, nous découvrons aussi la vie difficile au fond des bois. Des tisanes contre la fièvre, de l’eau bouillie pour nettoyer les instruments de médecine, le transport par canoë dans la rivière…


Cet album m’a beaucoup plu, car on retrouve la richesse de cet univers. Beaucoup trop de BD à mon goût se contentent de juxtaposer du texte et des images, alors que pour moi, le texte et les images doivent se parler, jouer ensemble et raconter quelque chose qui n’est ni du texte, ni de l’image, mais de la BD. C’est le cas ici, où nous pouvons suivre plusieurs péripéties en même temps, parce que les dessins nous montrent une partie de l’action et que les dialogues nous en suggèrent une ou deux autres. Le thème de la surprise ramenée de Montréal pour Gaëtan est ainsi traité de façon très brillante, de même que celui des difficultés morales du curé. Cette technique narrative permet de rendre l’ébullition qui agite le village et la multitude d’interactions entre personnages d’une même communauté.


Lire au Québec. Bon pour Québec en Novembre chez Karine.


4 commentaires:

  1. Cette série BD m'intrigue, mais je n'arrive pas à me décider à la lire. J'ai peur que ça me déplaise.

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    1. Cette BD vaut surtout par son univers, par sa capacité à camper une atmosphère, et par un climat alliant douceur et mélancolie. Il ne faut pas y chercher des péripéties originales, ou une histoire prenante, ou quelque chose d'élevé.

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  2. Faut vraiment que je découvre cette série.

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