La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mercredi 29 mars 2017

Il ne faut pas s’arrêter, c’est tout le secret, ne jamais s’arrêter.

Thomas Pynchon, Vente à la criée du lot 49, traduit de l’américain par Michel Doury, parution originale en 1966.

Quelques mots sur un livre étrange – un roman de Pynchon.
On est en Californie dans les années 60 et Œdipia apprend qu’un de ces anciens amants l’a nommée exécutrice testamentaire. À partir de là, commence une errance californienne, le long des autoroutes et des villes et à la rencontre de tout un tas de personnages exotiques. À la suite d’un certain nombre de coïncidences, Œdipia se met sur la piste d’un réseau de poste secret, en lutte contre les réseaux officiels depuis le XVIe siècle. Coïncidences ? Complot ? Paranoïa aiguë ? Comme toujours chez Pynchon, le héros et le lecteur hésitent entre ces trois interprétations et vont de l’une à l’autre, comme dans un jeu de piste. C’est simplement l’histoire de l’Amérique qui hésite entre une grande farce, une tragédie cachée ou un jeu de hasard.
Un récit halluciné et plein d'énergie - c'est qu'il ne faut jamais s'arrêter.

Mention spéciale pour la reconstitution d’une pièce de théâtre élisabéthaine : toute la fascination des années 60 pour la violence, la barbarie, le sexe et le supposé romantisme noir attribués à cette époque. Autre mention pour la longue réflexion d’Œdipia, la nuit, sur l’autoroute – là encore, c’est toute l’Amérique !
Et comme dans Ce qu’a vu le vent d’ouest, on regarde Perry Mason à la télé.
P. Blake, Portrait de D. Hockney à Hollywood, 1965, Tate collection, RMN.
Œdipia s’était mise à pleurer en regardant ce tableau. Personne ne l’avait remarquée ; elle portait des lunettes vert sombre. Si les larmes restaient prisonnières derrière les lunettes, elle conserverait ainsi ce moment de tristesse, voyant le monde s’iriser à travers ses larmes, celles de cet instant, comme si des indices de réfraction encore inconnus pouvaient varier d’une crise de larmes à l’autre.

Pynchon sur le blog, c'est aussi :
V.
Vineland
Contre-jour





4 commentaires:

  1. Aaaaah Pynchon! Ce lot 49 m'a énormément plu! (le relire?) J'ai Rainbow dans ma PAL, aussi.

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    1. La 1e fois que je l'ai lu, je n'ai pas vraiment apprécié mais sans oser ne pas l'aimer quand même. Là, je me suis plus prise au jeu. La 3e fois s'annonce donc prometteuse.

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    2. Je ne l'ai lu qu'une fois, et je ne renouvellerai pas... Pynchon n'est sans doute pas fait pour moi, j'avais détesté. Autant j'apprécie l'absurde, l'humour décalé, la bizarrerie, autant à cette lecture j'ai eu l'impression que l'auteur ne faisait que se moquer de nous, en laissant soupçonner un sens caché à ce qui n'est finalement qu'une suite de non sens dont le but était de faire passer son texte pour un chef-d'oeuvre accessible uniquement à une minorité...

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    3. Moi j'aime assez Pynchon mais celui-ci ne me paraît pas le plus facile. Vice caché est plus facile, car plus joyeux, ou Contre-jour, qui est beauuuucoup plus énorme, car il ressemble plus à un roman d'aventure. V et celui-ci sont loin d'être mes préférés.

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