La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 7 juillet 2011

Était-ce simplement ce païen de Jupiter qui plumait des oies sur l’Olympe, ou les saints anges qui muaient ?


Entre les deux séries Nouvelles mille et une nuits, Stevenson a écrit en 1877 d’autres nouvelles dont deux se passant à la fin du Moyen Âge. La première, Un logis pour la nuit, met en scène François Villon, en pauvre hère sans foi ni loi cherchant à passer la nuit au chaud alors que Paris est recouvert par la neige. La seconde, La Porte du sire de Malétroit, raconte un bien curieux mariage et fait allusion à une époque où la France est en proie à la guerre, où les barbons font régner la terreur au moyen de pièges compliqués, mais où, heureusement, il reste de purs jeunes gens.
Retrouvons le poète Villon et sa légende noire, dont Stevenson feint d’évoquer une nuit parmi tant d’autres :

-       Il se peut que d’aucuns préfèrent les dîners d’apparat, écrivait Villon, de pain et de fromage sur une écuelle en argent. Ou bien… ou bien… aide-moi à terminer, Guido !
Tabary gloussa.
-       Ou du persil sur un plat en or, griffonna le poète.
Dehors, le vent rafraîchissait ; il poussait la neige devant lui et parfois haussait le ton en un cri de victoire, faisant résonner une complainte sépulcrale dans la cheminée. Le froid devenait plus vif au fur et à mesure que la nuit s’avançait. Villon, les lèvres en avant, imitait la bourrasque en sifflant et en gémissant. C’était un des talents du poète, désagréable et inquiétant, que le moine picard détestait par-dessus tout.

  


Robert Louis Stevenson, Intégrale des Nouvelles, Paris, Phébus, 2001, 2 vol. Nouvelles traduites par Isabelle Py Balibar.

Les défis sont chez LouCryssilda et Hérisson.

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