La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



samedi 28 janvier 2012

Et les histoires tombaient en pièces sous les coups sombres et silencieux des frelons à l’affût.


Marguerite Duras, Les petits chevaux de Tarquinia, 1953.

Un nouveau Duras dont la lecture m’a été suggérée par le prochain Club des lectrices. J’y suis allée sans savoir où je mettais les pieds et j’en sors sceptique.

Des amis sont en vacances sur la côte italienne et la chaleur est omniprésente, seule réalité incontestable. Il y a Jacques et Sara, avec leur enfant et leur bonne désagréable, Ludi si lumineux et Gina, Diana, et un homme avec son bateau. Il fait très chaud, on se lève tard, on va à la plage, on déjeune toujours la même chose au même hôtel, la bonne veut voir son amoureux et il faut parlementer avec elle, on boit un peu de café froid et beaucoup de campari, on joue aux boules, il fait trop chaud. Il n’y a rien à faire, les conversations n’ont pas de sens, les couples sont à la fois fragiles et solides. Il y a eu un drame dans la montagne mais il est lui aussi aplati et devenu absurde.
Se borner à traverser le fleuve dans un sens puis dans l’autre… Sara est le personnage que l’on suit du début à la fin mais sans jamais avoir accès à son intériorité, sa seule certitude est son amour pour son fils, elle a peur de la mer, elle ne se sent pas à sa place. Elle hésite, hésite.
C’est la langue de Duras, froide et impersonnelle, sans lien logique, sans note affective. Mais une observation sur les rochers, la mer, une cigarette donne l’atmosphère du récit. Ce roman n’est pas à proprement parler d’une lecture agréable mais pourtant je m’y suis tenue, l’ennui absorbant des personnages m’enveloppant peu à peu. Ce ne sont pas des vacances pour eux et le malaise des personnages agit insidieusement sur le lecteur.
Chaque soir, ils espèrent la pluie pour le lendemain.

Et la mer. Image M&M.

 Elle nagea quelques brasses, se releva, et renagea encore. Ludi, de loin, lui souriait. La mer faisait rire. Elle était si chaude qu’on aurait pu y rester facilement deux heures. Elle n’avait rien à voir, cette mer-là, avec aucune autre mer au monde. C’était la revanche de ceux qui aimaient cet endroit, de Jacques et de Ludi. Cette mer était irréprochable.

L'avis de Lili Galipette, pas conquise mais qui l'analyse très bien. Celui de Delphine.


6 commentaires:

  1. J'ai du mal avec Duras. Je n'accroche pas à son style.

    RépondreSupprimer
  2. j'ai lu moderato cantabile dont j'ai aimé l'écriture hypnotique.
    sinon ses livres me tombent des mains assez vite
    je vais essayer "détruire dit-elle"
    quand même.

    RépondreSupprimer
  3. Moi j'aime plutôt bien mais je n'ai pas lu grand chose. En plus selon les périodes, ses livres sont très différents et son style aussi. Je vais encore explorer un peu.

    RépondreSupprimer
  4. on te fait confiance!

    RépondreSupprimer
  5. J'ai un peu de mal aussi, je me promets d'essayer encore pour au moins une raison : son théâtre m'a donné de grandes émotions (l'Amante anglaise surtout).
    Mais ce que tu dis me fait penser un peu au nouveau roman. J'avais aimé les Gommes et la Jalousie sans trop savoir pourquoi.

    RépondreSupprimer
  6. David : oui, c'est un auteur qui peut être décevant mais qui donne envie d'en lire plus. Assez curieux.
    Je me demande si je n'ai pas lu les Gommes mais je ne suis pas certaine.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").