Pierre Magnan, La Folie Forcalquier, 1995, Denoël/Folio policier.
Le roman nous trimballe dans Forcalquier et sa région et c’est bien agréable. La place de la cathédrale, la fontaine, le château du comte qui ressemble beaucoup à celui de Sauvan, l’ermitage de la montagne de Lure, les Moures, etc. Il faut dire qu’à chaque fois que le narrateur met le pied hors de chez lui, il croise une fusillade, ou un cadavre, ou un coupable, ou tout ça à la fois.
Les nouvelles du monde dans ces parages ne sont jamais des annonces d’ange Gabriel.
Quant à l’intrigue… je pense qu’on peut dire que c’est un peu n’importe quoi. Ce n’est pas très crédible, même si une partie du truc est liée au fait que nous sommes en régime de transition : les fans de l’empereur déchu ne se font pas forcément discrets, les fonctionnaires tentent une conversion à la république, on suppute beaucoup. Il y a de nombreux personnages de femmes et le récit de leurs interactions avec le narrateur constitue une bonne part du roman. Notons d’ailleurs que l’herboriste est tout à fait friand d’appas féminins, mais qu’il a plus de mal quand celles-ci ont l’initiative. J’avoue m’être demandé si Magnan ne mettait pas la bonne dose de sang, de sexe, de femmes indépendantes pour soutenir l’intérêt des lecteurs et lectrices.
Forcalquier exhalait cette sournoise odeur de litière et de pot de chambre qui est le propre des villes sans malice où il y a beaucoup de chevaux et des fumiers précieux dans les encoignures, que l’on nourrit depuis les fenestrons avec le contenu des vases de nuit.
| Ziem, Étude de vieillard et de femmes, 1846 crayon, Musée Ziem Martigues |
Mon cheval, un auvergnat raplot, râblé et plein d’esprit, ne se tenait pas de joie non plus. Il hennissait de temps à autre, la tête levée comme une trompette, vers tous les corridors de la vallée.
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