La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



dimanche 24 avril 2011

Une histoire pour les enfants qui parlait de la crise du logement chez les écureuils

Arto Paasilinna, La Cavale du géomètre, traduit du finnois par Antoine Chalvin (1e éd. 1994), Paris, Denoël, 1998.

Ceux qui ont déjà lu Paasilinna connaissent aussi ses récits excentriques et déjantés, ils savent aussi combien leurs résumés peuvent prendre l’allure d’énumérations à la Prévert. Disons que Seppo Sorjonen, chauffeur de taxi à Helsinki, envoie tout balader pour chaperonner/accompagner un vieux géomètre en cavale, en voie de sénilité. Le vieil homme se rappelle très bien ses années de guerre, quand il se battait contre les blindés russes dans les forêts finlandaises, mais oublie son nom, son adresse, les événements les plus proches de lui, ce qui le rend totalement imprévisible. C’est ainsi qu’il apparaît à un carrefour, tentant de nouer sa cravate. Le géomètre entraîne Seppo dans le nord du pays, dans la forêt et les marais, auprès d’un camarade de guerre, qui avait justement besoin d’aide pour détruire avec méthode sa ferme à l’aide de quelques explosifs. Tout se passe comme s’il y avait deux sortes de Finlandais : des bureaucrates stupides qui n'aiment pas ceux qui ne suivent pas les normes et de bons vivants friands de sauna, de viandes et d’alcool et des plaisirs de la vie.

[Pour des raisons qu’il serait trop long à expliquer, nos héros équipent le taureau Eemeli d’un collier émetteur et d’une petite radio.]

Mäkitalo donnait ensuite des instructions pour la chasse au taureau. Il indiquait la longueur d’onde sur laquelle on pouvait écouter l’émetteur accroché au cou d’Eemeli. C’était la même que celle que laquelle la radio locale de Nivala retransmettait la messe le dimanche, c’était facile à se rappeler. À Nivala, les gens s’étaient demandé pourquoi d’étranges signaux sonores se faisaient entendre depuis quelque temps pendant les émissions religieuses. Les paroissiens les plus dévots y voyaient un avertissement, un message divin annonçant que la fin du monde était proche. À Lestijärvi, cette même longueur d’onde était utilisée la nuit par une station qui diffusait du rock sataniste, au travers duquel on entendait à peine le signal des taureaux.


C’est un roman très drôle, oui, on y rit, et attachant, on le dévore très vite. Pour la parfaite compréhension de ce billet, quelques précisions : je vais en Finlande cet été, en compagnie d’une amie fan de musique métal… 

Et là je vous engage extrêmement vivement à vous balader dans une forêt de Finlande et à écouter le chant des oiseaux, c'est un délice vraiment dépaysant.
Merci à Ysa pour le prêt du livre et le lien forestier.

8 commentaires:

  1. dès que je lis "roman drôle", je note, car ça ne court pas les rues!
    Joyeuses Pâques!

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  2. Tous les romans de Paasilinna sont drôles (ou franchement délirants) et il y en a plusieurs traduits en français, n'hésite pas à piocher dedans. Et à cliquer sur le lien avec la forêt, c'est un délice.

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  3. Voilà un auteur que je ne connais pas. Pourquoi ne pas le découvrir avec ce titre.

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  4. du rock sataniste...rien que ça ;)

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  5. Oui, c'est assez fun, comme toujours avec cet auteur, mais pour ma part, j'ai largement préféré "Prisonniers du Paradis" ou "Petits suicides entre amis", qui m'ont plus marquée.

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  6. Moi j'ai commencé par Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen (avec l'ours) que j'avais beaucoup aimé. La Cavale du géomètre est peut-être moins délirant mais me semble très réussi pourtant.

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  7. Je viens de le lire, j'ai beaucoup aimé ce roman.

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