La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mercredi 16 mai 2012

Mon cerveau, roulé en boule comme une taupe dans un sol détrempé, se délassait.


Nikos Kazantzaki, Alexis Zorba, traduit du grec par Yvonne Gauthier, paru en 1946, Paris, Plon, 1977.

Enfin lu ce chef d’œuvre de la littérature (grâce à Sylvie, merci). Un immense plaisir de lecture mais un grand embarras au moment d’en parler… comment vous transmettre ce moment si agréable ?
Le narrateur qui s’exprime à la 1e personne est un jeune intellectuel, "souris papivore" en proie aux doutes quant au sens de l’existence, qui vient de se décider à s’installer en Crête, prenant prétexte d’une mine de charbon. Sur le port, avant d’embarquer, il rencontre un homme, Alexis Zorba. On ne sait pourquoi, il le prend avec lui, comme ami, compagnon de voyage, mineur, appreneur de vie, un peu tout ça.
Le roman raconte leur année en Crête, au début du XXe siècle, existence simple et intense à la fois. Zorba prend en main la mine et les travaux, conquiert aussi le cœur de dame Hortense, une veuve qui a connu une époque festive. "Ne t’en fais pas, ma Bouboulina, ma vieille barcasse pourrie et malmenée ! Je te consolerai." Le narrateur, double de l’auteur, met au point son manuscrit sur Bouddha, essaye de trouver sa voie, entre l’âme et la chair, l’homme et la nature. Zorba joue du santouri, danse, se régale, fait la joie des derniers jours d’Hortense, vit au jour le jour intensément. Le narrateur découvre peu à peu le plaisir de déguster quelques olives, du pain et du vin sur la plage, à la nuit tombée, il reçoit une leçon qu’aucun livre ne lui donnera.

La vie m’apparut tout à coup comme un conte, une comédie de Shakespeare, disons la Tempête. Nous venions de débarquer, tout trempés après le naufrage imaginaire. Nous étions en train d’explorer les rivages surprenants et de saluer cérémonieusement les habitants du lieu. Cette dame Hortense me faisait l’effet de la reine de l’île, une sorte d’otarie blonde et luisante qui aurait échoué, à moitié pourrie, parfumée et moustachue sur cette plage de sable. (…) Assurément, elle attendait Zorba le capitaine aux mille balafres.

 Langue formidable, à la fois simple dans ses tournures mais intense dans son vocabulaire. Les goûts, les odeurs, les sons, la chaleur de l’air, le souffle du vent, les fleurs d’oranger, le silence de la nuit, toute la richesse de la vie est bien là, dans ce coin perdu de Crète.

Zorba était une étape obligée du Pari hellène, la prochaine étant le DVD du film. Vous pouvez aussi lires les avis de Missy, de Claudia Lucia ; Miriam livre également quelques mots sur l'auteur.


18 commentaires:

  1. Je garde un souvenir mitigé de ce roman. Sans doute l'ai-je lu trop jeune. Ton avis enthousiaste me donne envie de le relire.

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  2. un roman que j'ai envie de lire le plus vite possible.

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  3. un roman que j'ai envie de lire le plus vite possible.

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  4. Lili : c'est vrai qu'il y a des livres qu'il faut relire ou ne pas lire trop tôt, il n'y a pas de règle en la matière.
    Cath : je t'encourage vivement mais je ne pourrai pas te prêter le livre, il n'est pas à moi.

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  5. j'avais évidemment déjà entendu parler de ce livre mais ton billet me donne de nouveau très envie de le lire

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  6. Pas encore commencé de le lire ! mais il est sur la table de nuit...
    bises

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  7. http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/2012/05/06/relire-kazantzakis-lettre-au-greco-et-alexis-zorba/
    je ne sais plus si je t'ai envoyé ce lien????
    je suis en plein milieu de La Liberté ou la Mort du même auteur; j'écirrai un billet quand j'aurai fini mais il fait plus de 700 pages...

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  8. Aymeline : oui, vas-y, c'est vraiment bien ! Mazel, on t'attend !
    Miriam : oui tu m'avais envoyé le lien et c'est d'ailleurs ce lui qui est indiqué dans le billet (grand merci !). J'ai encore un autre roman de cet auteur moi aussi en stock !

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  9. C'est beau Nathalie ! Mais comment traduire ce que nous ressentons à la lecture ? Je retourne à mon rat !
    Bise

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  10. Je n'ai pas de réponse Syl. j'avoue humblement.

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  11. Revu Zorba le Grec en DVD surtout ne faites pas l'impasse sur le Bonus même si déjà le film est long. les commentaires de Cacoyannis sont passionnant il parle sur les images du film, histoire de le voir une seconde fois!(billet à paraître le 28/05 dans mon blog)

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  12. Ah, cool. J'ai réservé le DVD à la bibliothèque, j'espère l'avoir pour mes vacances (où j'aurai le temps de le voir 2 fois).

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  13. Ah, "on" m'a convaincue d'une lecture commune... J'ai hâte!Date, pour le 2 septembre.

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  14. Je me demande bien qui a pu oser... bonne lecture !

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  15. Ah ça y est tu l'as lu! C'est un bon roman, j'aime encore parfois ouvrir mlon exemplaire et lire un passage pour le plaisir, rien que pour savourer encore un peu le style de l'auteur.

    Content que tu aie aimé. A bientôt

    P.S j'ai changé de blog donc le lien du challenge les soeurs Brontë a été modifié. Et j'ai fait un petit bilan sur le nouveau site.

    A bientôt!!!

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  16. Ah ça y est tu l'as lu! C'est un bon roman, j'aime encore parfois ouvrir mlon exemplaire et lire un passage pour le plaisir, rien que pour savourer encore un peu le style de l'auteur.

    Content que tu aie aimé. A bientôt

    P.S j'ai changé de blog donc le lien du challenge les soeurs Brontë a été modifié. Et j'ai fait un petit bilan sur le nouveau site.

    A bientôt!!!

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  17. Ah pourquoi ça s'affiche deux fois?! Ahrgh!!! Et pourquoi je n'ai pas relu mon billet avant de le poster. C'est plein de fautes!!! Dsl.Zut!

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  18. Ce n'est pas grave Missy ! Et je me lance dans l'actualisation de tous les liens des blogs overblog qui ont tous déménagé...

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