La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 18 août 2015

Vous, vous n’avez jamais tué personne par ennui, parce que vous ne saviez que faire ? C’est amusant.

Max Aub, Crimes exemplaires, traduit de l’espagnol par Danièle Guibbert, parution originale 1957.

Vous n’avez jamais rêvé de tuer quelqu’un ? Simplement, froidement, sans remords, pour une peccadille, un trois-fois-rien et de raconter l’anecdote entre le fromage et le dessert ? Le recueil d’Aub se présente comme une succession de récits très courts (d’une ligne à deux pages), glaçants, noirs, très noirs – donc drôles bien sûr. C’est le criminel qui raconte, il s’est fait prendre ou non, il regrette ou non, le geste lui a échappé ou était bien réfléchi. C’est un délice amer.
La réussite provient du décalage entre le ton élégant de la conversation, la simplicité de certaines tournures et le contenu. Ce sont des crimes si ordinaires qu’on ne les voit presque pas passer.

Il niait m’avoir emprunté le quatrième tome… 
Et un trou dans les tripes aussi grand qu’une niche.

Piero della Francesca, détail de Saint-Michel, 1469, Londres National Gallery, M&M 

 J’ai ri. À lire à voix haute avec l’intonation qu’il faut.

- Je ne l’ai pas fait exprès.
(Moi non plus !) C’est tout ce que parvenait à répéter cette imbécile devant le pichet en miettes. C’était celui de ma sainte mère qui est au paradis !
Alors je l’ai mise en pièces. Je vous donne ma parole, jamais je n’avais pensé jusque-là à la loi du talion. Ce fut plus fort que moi.

Challenge Destination PAL - la liste de lecture.

2 commentaires:

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