Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

dimanche 1 novembre 2015

Son regard est pareil au regard des statues.

Verlaine, Après trois ans dans Poèmes saturniens, 1866.

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
- Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.



4 commentaires:

  1. Réponses
    1. C'est beau Verlaine ! J'aime vraiment beaucoup.

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  2. Cette musique de Verlaine, quelle beauté! Je crois que c'est mon poème verlainien préféré.

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    1. "l'odeur fade du réséda" reste dans l'oreille pour quand on ne sait pas ce que c'est que le réséda, comme moi.

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