La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 14 janvier 2016

Mais il se taisait, écrasé par le souvenir du joïk, incapable de poésie.

Olivier Truc, Le dernier Lapon, 2012.

Je lis enfin ce roman policier qui a obtenu un vif succès.

Le propos : en Laponie, sur un immense territoire entre Norvège, Suède et Finlande, un tambour de chaman disparaît tandis qu’un éleveur de rennes est assassiné. Nous suivons l’enquête de la patrouille de la police des rennes, Klemet et Nina, dans la neige, la glace, la nuit polaire.

Je commence par ce qui pour moi est un défaut : Truc a apparemment voulu mettre tout ce qu’il savait des Sami dans ce roman. Les chamans, les chants traditionnels, les éleveurs de rennes, l’asservissement des Sami par les divers gouvernements, la destruction de leur culture, les explorations minières, le racisme, les aurores boréales, les expéditions scientifiques et j’en oublie. C’est un peu trop et cela complique l’intrigue à loisir.
Ceci dit, je dois reconnaître que c’est extrêmement bien fait. Le roman est long, plus de 500 pages, et prend le temps de déployer chacun de ces aspects de façon complexe et détaillée, sans les traiter comme de simples prétextes pittoresques. Le lecteur a plus l’impression d’être immergé dans un monde situé sur une autre planète que de croiser des touches de couleur locale. Tout cela fait que le roman est très riche et développe de multiples aspects de l’histoire de la Laponie, remontant sur une longue période. C’est réellement passionnant.
Carte postale française du XIXe siècle, Mucem, M&M.
Pour ce qui est de l’enquête policière, le duo Kermet (policier sami expérimenté) et Nina (jeune policière moderne venue du sud du pays) fonctionne extrêmement bien. Chacun a ses secrets et ses zones d’ombre, qui resteront jusqu’au bout, comme chaque personnage a des ressorts inattendus.

Demain, entre 11 h 14 et 11 h 41, Klemet allait redevenir un homme, avec une ombre. Et, le jour d’après, il conserverait son ombre quarante-deux minutes de plus. Quand le soleil s’y mettait, ça allait vite.
  
L’avis de Sharon et de Jostein.



6 commentaires:

  1. Une lecture qui m'avait déçue. J'ai eut comme toi une impression d’empilement.

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  2. Ah, c'est la première fois que je lis un bémol à son sujet... je suis tentée tout de même..

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    1. Je suis très classique pour le polar et je me méfie du côté documentaire.

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  3. Personnellement tout savoir sur les samis, c'est ce qui m'intéresserait le plus dans ce roman. Mais évidemment si c'est indigeste!!

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    1. Disons que d'un point de vue narratif, cela ne sert pas forcément l'intrigue.

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