Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

jeudi 22 septembre 2016

J’entends l’herbe des nuits croître dans l’ombre sainte.

Paul Valéry, Les Pas, dans le recueil Poésies, 1922.

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu’ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !... tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l’apaiser,
À l’habitant de mes pensées
La nourriture d’un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d’être et de n’être pas,
Car j’ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n’était que vos pas.


2 commentaires:

  1. Le grand bonheur du bonheur différé ! si j'ose dire!
    Ce poème me paraît proche du romantisme par l'idée et la forme. Ce n'est pas le Valery un peu hermétique.

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    1. Il n'est pas réellement hermétique, mais il donne à la pensée toute sa force.

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