Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

samedi 11 mars 2017

Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux.

Alfred de Musset, Ballade à la lune, 1829.

C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jaune,
La lune,
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?

Es-tu l’œil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

N’es-tu rien qu’une boule ?
Qu’un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?

Es-tu, je t’en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L’heure aux damnés d’enfer ?

Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?

Est-ce un ver qui te ronge,
Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?

Qui t’avait éborgnée
L’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
À quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.


(ce n'est que le début du poème)


2 commentaires:

  1. C'est toujours agréable de retrouver ce poème. Mais d'où sort le tableau?

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    1. Un tableau d'Otto Dix. Je n'en sais pas plus, c'est un ami qui m'a envoyé la photo.

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