La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



samedi 24 janvier 2026

À Beaucaire et Tarascon, au bord du Rhône

 

Le blog se trouve dans les Bouches-du-Rhône.

Si vous avez déjà pris le train entre Arles et Nîmes, vous aurez peut-être levé le nez au moment de passer le Rhône. À cet endroit, deux forteresses médiévales se font face, chacune sur une rive du grand fleuve. Vous sentez instinctivement que vous êtes sur une (ancienne) frontière. Un jour, vous vous organisez différemment et vous voici sur le quai de la gare, prête à explorer cet endroit si particulier, j'ai nommé Beaucaire et Tarascon.

Tarascon tout d'abord. Tarascon est célèbre pour Tartarin, héros de Daudet (jamais lu) et pour la Tarasque, monstre dompté par Sainte Marthe.

Les rues donnent l'impression d'une splendeur passée un peu ruinée. Je suppose que dans quelques années le mouvement de rénovation urbaine l'aura atteint, mais pour le moment c'est plutôt mort.

Je découvre sur Wikipedia l'existence du quartier Kilmaine et son impressionnant grand manège construit au 19e siècle.

Le puissant château de René d'Anjou abrite un musée que je n'ai pas visité. Il garde le comté de Provence et le royaume de France depuis le XVe siècle. Cette forteresse est dans un très bel état de conservation.

Sainte Marthe est patronne de la cité et les pèlerins sont venus en masse pendant des siècles pour prier sur sa tombe. De ce fait, la collégiale Sainte-Marthe abrite une très belle (et très bien mise en valeur) collection de peintures françaises des 17e et 18e siècles. Le corps de la sainte repose dans un sarcophage du IVe siècle, situé dans la crypte.

Les rues abritent le magasin d'usine Souléiado pour acheter de merveilleux tissus provençaux, mais j'ai bien pris soin d'éviter cet antre du démon.

Et puis vous passez le pont et vous rejoignez Beaucaire, le Languedoc, l'Occitanie.

Elle a totalement disparu, mais la foire de Beaucaire fut un lieu essentiel du commerce du 13e au 18e siècle : indiennes, marchandises venues de Flandres, d'Italie, d'Espagne, des côtes barbaresques, du Levant, tout affluait ici et s'échangeait. Le Rhône reliait la Méditerranée aux riches villes du Nord, aux draps de laine d'Angleterre et des Flandres et depuis l'Italie - Venise - les soieries arrivaient d'Orient. Et depuis la région de Toulouse c'était l'indigo aussi !

Les façades des anciens hôtels particuliers témoignent de cette époque, tout comme l'immensité de l'ancien champ de foire maintenant désert.


Depuis le 19e siècle, le Canal du Rhône relie Beaucaire au Canal du Midi via Sète. Aujourd'hui, c'est un petit port de plaisance.

Ceci est la belle collégiale Notre-Dame-des-Pommiers, datant du 18e siècle.

L'église est ornée par les beaux tissus de Souléiado, souvenir d'une époque fastueuse...

Comme chez sa voisine d'en face, la forteresse (avec son donjon triangulaire) domine le Rhône et rappelle que nous sommes sur le domaine des comtes de Toulouse. Le château abrite le musée d'histoire et d'archéologie que je n'ai pas visité (peut-être pour une prochaine fois ?). 

Beaucaire, le château à l'arrière-plan et le port de plaisance sur le canal du Rhône.

Il y a à 5 km du centre, à une heure de marche, l'abbaye romane troglodytique de Saint-Roman. Ce sera aussi pour une prochaine visite, mais je suis bien curieuse de voir de quoi il s'agit !




Deux photos prises du train.

Cette exploration de la région PACA a commencé à Menton, tout à l'est, et se termine fort logiquement à son extrémité occidentale. Il est temps de reprendre le train pour Marseille (la gare est à Tarascon, il faut retraverser le pont).

Si vous souhaitez prolonger ce séjour dans cette belle région, je vous propose de lire au choix un titre de Jean Giono pour le jeudi 2 avril.

Néanmoins, la semaine prochaine, nous resterons dans les Bouches-du-Rhône. Ensuite nous entamerons une tournée européenne (rien que ça), c'est-à-dire un billet espagnol, un ou deux billets belges, un ou deux billets parisiens, deux billets britanniques ( = on vide l'ordinateur).



1 commentaire:

N’hésitez pas à me raconter vos galères de commentaire (enfin, si vous réussissez à les poster !).